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Alixans la fame feu Perrin Beaufoul, Guillaume Odin, Jehan Simoneau, Symon Bémust, Jehau Cornu, Guillaume le Melle, Jehaneite fame feu Jehan Girost, Colin Margnasus, Odaut Beaufoul, Jehan Chevalier, Osanne la Moigniote, Marie fame feu Regnaut de Sainte Vertuz , Adeline fame feu Thevenin Geule. Johannefame feu Jehan, Grumaust Chancy, Robert Godart, Jehan fil Guiot li Petit, Guillaume fil Raoul de Saint Antoigne, Jaquautle Tixerant, Ysabeau fame feu Estiennes Rechignié , Perraute fille à la Godarde et Ysabeaux la Talemée , luit demorent et habitent de la dite ville de Venousse, etfaisens entérinement la plus granl et segure (saine) partie de la communauté d'icelle.

Jusque-là les habitans avaient été taillables haut et bas à volante; l'eschoeste ou succession passait au seigneur toutes foiz et quantes foiz que li ung d'aux aloitdevieà trèspassement sanz hoir (enfans) de son corps conjoint àli, à cause et pour cause de mainmorte, en quelque lieu etjuridicion que li bien fussent assis.

L'abbé et les religieux déclarent qu'ils ont frainchi de ci en avant perpetuelment, à touz jours mais, les dessuz diz borgois et borgoises de Venousse. Les habitans, de leur côté, consentent volontairement que li plus riche et li plus puissant d'entre eux soit imposé à vingt-cinq sous tournois par an, qu'il paiera le jour que les religieux feront leur recette à Venousse. Ils consentent aussi qu'eux-mêmes soient imposés, selon leurs facultés, par les religieux et six ou huit prudhommes de Venousse, qui seront élus, chaque année, par les habitans eux-mêmes, le jour de saint Jean-Baptiste, et qui jureront corpoTellement sur les saints Evangiles ( 1 ) qu'ils répartiront les impôts avec justice, tant sur eux-mêmes que sur les autres habiians, et qu'ils leur rendront compte de leur gestion, si ceux-ci le réclament.

L'abbé et les religieux ajoutent que les successions passeront désormais aux plus proches parens, et que s'il arrivait que quelqu'un mourût sans qu'on lui connût d'héritiers, les religieux tiendraient son bien en dépôt pendant une année, au bout de laquelle , s'il ne se présentait pas de réclamations, ils en demeureraient paisibles possesseurs. Enfin, ils donnent, ottroient et transportent au dessus dits borgois et borgoises, clercs et autres habitans en la dite ville de Venousse, tout leur droit, toute faction réelle et personnelle, lasegnorie, la saisine, la propriété et la possession que li dit religieux puent et devront avoir es héritaiges.

L'impôt total pour l'année 1346 fut fixé à quinze livres tournois, qui devaient être payées en la borserie ( trésorerie) de l'église de Pontigny le jour de la feste de sainct Andrier Vapostre. L'acte fut scellé du scelet contre-scel de la prévôté de Saint-Florentin , en présence de témoins, le mercredi après la fête de saint Martin d'hiver.

A cette époque, la commune de Venousse était florissante; les franchises qu'elle venait d'obtenir répandaient la joie dans toutes les familles. Une ère nouvelle de prospérité et de bonheur semblait s'ou

(1) C'est-à-dire en mettant la main sur le livre même de p. ui, l'Evangile. On lit dans une charte de 1342 : Tactis corporaliter sacrosanctis evangeliis. Dans ces siècles de loi, c'était un serinent inviolable.

vrir devant elle, lorsque la guerre civile, le passage des troupes ennemies, la peste, vinrent presque ï n . 2ic. anéantir cette commune. En 1448, il n'y restait plus que cinq habitans : Jean Pêne, Robin Regnard, Jean Mouton, Jean Durant et Jean Terroir. Ils présentèrent une pétition à Etienne, abbé de Pontigny, pour obtenir la diminution des impôts, qui étaient toujours de quinze livres tournois. L'abbé et les religieux accueillirent leur plainte avec empressement; l'impôt fut réduit depuis dix sous tournois pour le plus riche, jusqu'à trois sous quatre deniers, et à deux sous six deniers pour la femme veuve. Les religieux désirant contribuer par tous les moyens possibles à relever cette commune, accordèrent aux habitans la permission de prendre dans leurs forêts du bois pour bâtir, et leur renouvelèrent la permission de conduire leur bétail dans les pâturages communaux de l'abbaye.

T m p. 22. Les seigneurs de Venousse, dont les noms se rencontrent dans les chartes, sont : Manassès (1152), Jean de Venousse et Roscelin , son parent, qui approuvèrent les donations de Milès, dit Cou-Gelé; Geoffroy de Saint-Verain et de Venousse, Anne, son épouse, et Hugues, son frère f 1186). Renaud, 1.1, P. 361. dit Ronge-Fer, seigneur de Saint-Verain et de

ont. de Pont., Venousse, qui avait épousé Marthe, fut presque

•-U.p.452. '"» V , i V 1

toujours en guerre avec les eveques d Auxerre, auxquels il suscita bien des peines. On trouve encore Jean, chevalier, et Aois, son épouse, dont les enfans Guy, Itier , Jean et Jeanne (1221), vendirent une partie de la dîme de Venousse. Ces seigneurs payaient déjà, chaque année, aux chanoines deSaint-Pierre d'Auxerre, un demi-setier de froment, autant de seigle et deux setiers d'avoine. Guy, dit le Roux, et Itier son frère, chevaliers, vendirent leur dîme de Venousse en 1238, pour la somme de quatre cent quatorze livres tournois. Itier vendit ses tierces à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre en 1256. Pierre, chevalier, était son fils,

Jobert de Venousse, aussi chevalier, fils de Car' dePonls. Philippe d'Ancy-le-Franc et d'Hermengarde, son épouse, était seigneur d'une partie des terres situées entre Venousse, Pontigny et Fouchères. Comme ces biens étaient en pâturages communs entre lui et l'abbaye de Pontigny, il permit aux moines d'y construire une bergerie pour y placer du bétail; il leur permit aussi de mettre en culture le terrain nécessaire pour occuper deux ou trois charrues de bœufs ou d'ânes, et de renfermer ce terrain par une clôture. On voit par là dans quel abandon étaient alors ces riches campagnes , et le soin que les religieux apportaient à tirer parti du sol que des seigneurs indifférens laissaient en friche. On ne se sert guère aujourd'hui de bœufs pour le labour ; les chevaux ont remplacé, les ânes»

Milès ou Milo IV de Noyers (de Noerits}, fut aussi seigneur de Venousse (1256). Milo de Noyers, le même que celui qui précède ou son fils, donna le fief de Venousse à Marguerite, sa tante, qui épousa Jean de Vergy, sénéchal de Bourgogne. Celui-ci TI,p.' avait placé à Venousse Guillaume d'Arcy, seigneur de Pisy, comme son procureur spécial. Après avoir joui de cette terre pendant quelque temps , il la ven-. dit à l'abbaye de Pontigny.

T. m, p. 26. On rencontre quelques chevaliers portant le tilre de Venousse, comme Etienne, écuyer, fils d'Itier de Venousse; il possédait le four de Villeneuvet.n, Pr. P. 102!! sous-Buchin. Odon et Ulduin ont aussi le titre de Venousse. Jobert, chevalier, Etienne, célérier et procureur de l'abbaye de Pontigny , portaient aussi ce titre en 1344.

Claude de Bellangers, écuyer, seigneur de Lamotte et de Rouvray, mort en 1676, et Louis Lamotte, son fils, aussi seigneur de Rouvray en 1708, sont inhumés dans l'église de Venousse, dans laquelle on voit plus de vingt tombes avec des inscriptions formant le pavé de l'église. Plusieurs appartiennent aux prieurs de Venousse, de Rouvray et de Pontigny i car le même prieur réunissait tons

1 Grfi. christ., titres. Dès 1288, Venousse était un prieuré de

t. XII, p. 448. '• *

cart.dePont., Saint-Père d'Auxerrc; le prieur avait le titre de t. ii, P. no. cnanoine régulier. Au quinzième siècle, le prieurcuré jouissait du droit de dîme, pouvait conduire son bétail dans les usages, y prendre du bois pour l'usage de sa maison , ainsi que pour bâtir et clore ses héritages. Les nobles et les riches particuliers décédés à Pontigny étaient aussi transportés à Venousse , comme étant la mère-paroisse, à moins qu'ils n'eussent obtenu la faveur d'être inhumés dans l'abbaye. L'église a environ 60 pieds de longueur sur 26 de largeur; la voûte a été reconstruite en 1558. On trouve sur la commune de Venousse le village de Souilly, appelé anciennement Suilliacum, Sooilliacum, Soliacum, Sooilly, Soolly; il était du comté d'Auxerre; on y comptait cinq feux en 1750, prècart de Pont., sentement il en réunit dix. En 1238, Gaufride de Sor

VH,p.440.

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