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prêtant aux prières des ecclésiastiques, soit qu'ils demandent pour soulager les membres souffrons de Jésus-Christ, soit qu'ils veuillent venir au secours de quelque établissement religieux , non-seulement il s'acquitte d'une fonction royale, mais encore qu'il attire sur lui les bénédictions de l'époux de la sainte Eglise notre mère. En conséquence, il défend à tous juges, prévôts et autres officiers de son royaume, d'exiger aucun tribut des moines de Ponr tigny (1). Son fils Louis VII confirma et étendit ce p. 257. privilége. Philippe - Auguste, dans une charte de 1181, dictée par le même esprit de piété, étend l'exemption des tributs sur toutes les maisons de la filiation de Pontigny. C'est en vue de Dieu , dit-il, pour le repos de l'âme de mon père et de celles de mes ancêtres, que je fais avec joie ces pieuses munificences. T. m, P. 8. En 1158, Garnier de Ligny et son épouse Ermengarde, firent plusieurs donations et échanges de biens. L'acte fut passé à la grange du Beugnon , en présence de Hugues, évêque d'Auxerre et premier abbé de Pontigny, de Milon, doyen, et de plusieurs autres témoins. Garnier accorda encore quelques gratifications dans une charte passée à Chablis par devant l'évêque de Langre, Ponce, archidiacre, Pierre, abbé de Saint-Jean, Guillaume, moine et médecin, et Constance de Ligny-la-Ville.

Comme les établissemens trop rapprochés les uns des autres, pouvaient fatiguer la charité des

( 1 ) La charte distingue les trois cas ordinaires : le péage, l'exportation et l'importation des denrées. Pedagium, Rotagium ou Rotaticum, et Teloneum.

fidèles, ou occasionner des différens à l'occasion des propriétés, les abbés voisins se réunissaient pour dresser des réglemens sur la conduite qu'ils devaient tenir à cet égard. C'est pourquoi, en 1142, Guichard, abbé de Pontigny, saint Bernard , abbé de Clairvaux, et quatre abbés de Prémontré, convinrent ensemble que pour le bien de la religion. l'ordre de Cîteaux et celui de Prémontré ne feraient point d'établissemens plus près de quatre lieues les uns des autres; que les granges seraient à une lieue de distance, el que les maisons des religieuses seraient éloignées au moins de deux lieues de celles des religieux.

Un accord passé à Belle-Cire en 1146, entre les T. u,P. 145. moines de Pontigny et les chanoines de Dilo, nous apprend les vastes possessions de ces deux maisons au-delà des rives de l'Armançon. On y voit aussi que les riches prairies de cette contrée étaient en vaine pâture, sans valeur, dédaignées même des serfs et abandonnées gratuitement aux moines, qui y faisaient paître des troupeaux de gros et de menu bétail. Les frères de Dilo ne devaient pas construire de granges, ni conduire de bétail dans la vallée qui s'étend de Cancicuria (c'est le nom latin de la charte) vers la Vanne par la Brétonnerie , et depuis la Vanne en revenant vers Chailley et retournant vers le ruisseau qui coule de Cérilly dans la même rivière. Ils n'avaient également pas de droits dans les pâturages qui s'étendaient de Cancicuria vers l'Auson, de là vers Coursan , et de Coursan à Neuvy et à Souinaintrain , en revenant par Germigny, et de là en suivant l'Armançon jusque à Brienon. De

cette ville, la limite suit le chemin public jusqu'au pont d'Avrolles, en passant devant une croix; elle se dirige ensuite le long du Créanton jusqu'au ruisseau de Lonvas, et de là elle suit le cours de l'eau jusqu'à la fontaine de Becherel. Cependant les frères de Dilo, dit la charte, pourront conduire leurs porcs dans les bois compris dans cette étendue, lorsqu'il y aura du gland; et s'ils veulent construire une grange à Putéolot, ils pourront y entretenir du bétail et le conduire dans les pâturages, pourvu qu'il puisse rentrer le même jour dans les étables et y passer la nuit. Ils pourront aussi faire paître leurs veaux et leurs poulains dans les pâturages de SaintFlorentin, depuis la Saint-Martin jusqu'à Pâques. Les pâturages de Crécy et de Mercy demeurèrent communs pour les bœufs des deux maisons.

La plaine de Jongete, qui s'étend entre le Créanton , les champs de Champlost et le pont d'Avrolles jusqu'au ruisseau de Lonvas, était commune au bétail des deux monastères. Depuis ces limites jusqu'à Joigny, les frères de Pontigny n'avaient aucun droit de vaine pâture, si ce n'est pour les porcs,. lorsqu'il y avait du gland. Ils n'avaient également aucun droit depuis Villemaure jusqu'à l'Auson et la Seine. Norpaud, abbé de Vauluisant, et Landry, abbé des Escharlis, signèrent cet accord comme arbitres. Guichard, abbé de Pontigny, ne put s'y trouver à cause de ses infirmités; mais deux moines, Guy de Seignelay et Gaultier, dit Botte-Sacrée, l'un et l'autre de la famille des barons de Seignelay , et Gaultier, dit le Berger, frère convers, s'y trouvèrent à sa place. Garnier, abbé de Dilo, s'y était rendu avec Etienne, prieur, trois chanoines et trois frères convers. Ces deux maisons, les plus puissantes de la contrée, divisent entre elles ,. sans opposition , des pâturages qui s'étendent à plus de dix lieues du midi au nord, sur une pareille étendue du levant au couchant.

Dans un accord passé en 1155 entre Norpaud, abbé de Vauluisant, et Guichard, abbé de Pontigny, il fut convenu que les maisons bâties entre Sevie et Cérilly seraient démolies; qu'il ne serait permis à personne d'en construire de nouvelles; qu'on pourrait édifier, pour un an seulement, des cabanes pour les bergers. Après avoir indiqué les pâturages respectifs des deux maisons, ils ajoutent que si un frère convers enfreint leur convention, c'est-à-dire s'il conduit son bétail dans les pâturages de l'autre monastère, il jeûnera trois jours au pain et à l'eau. Si le prévaricateur est séculier, il sera frappé ou chassé. Si le maître d'une grange a connaissance d'un pareil délit, et qu'il n'y apporte pas de remède, il subira la même peine.

Les abbés des diQerens monastères avaient coutume alors de construire des bergeries, dans les prairies éloignées de leur maison, et d'y envoyer des frères convers pour avoir soin du bétail. Si les paroisses voisines étaient à une trop grande distance, ils bâtissaient des chapelles où ces frères allaient entendre la messe. Plusieurs paroisses ont dû leur origine à ces circonstances. L'exemple des religieux stimula la cupidité des seigneurs et l'indolence des serfs; ils voulurent aussi avoir quelques troupeaux de bétail, et reprirent la jouissance d'une partie de ces prairies qu'ils avaient dédaignées.

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En 1146, Gilbert, vicomte de Ligny., remit aux habitaus plusieurs droits de main-morte, et laissa entrevoir à ses serfs un avenir plus heureux. L'an

T. m, p. 23. née suivante, Milès, dit cou-gelé , remit à l'abbaye de Pontigny plusieurs droits de cens qu'elle lui payait, à Soumaintrain, àGermigny et dans l'Isle de Duchy. Deimbertde Seignelay etAlpace, son épouse, seigneurs suserains de Duchy, approuvèrent cette dernière donation. Milès accorda la même grâce pour les bois de la forêt d'Othe, qu'il tenait d'Herbert-le-Gros. L'acte fut passé à Brienon par l'archevêque de Sens, en présence de Guillaume, son archidiacre, de Mathieu, préchantre, de Bovo, doyen , de Gérard de Champlost et de Bochard.

S T H 82 Guillaume, comte d'Auxerre, de Nevers et de T m P H Tonnerre, fit donation , en 1153, de tout ce qu'il possédait à Sainte-Porcaire, en bois, en terre et en eau. Gaufride, évêque de Langre, duquel relevait le fief, donna main-levée de tous les droits qu'il* pouvait avoir sur ces biens. Deux ans après, le même comte fit don de tout ce que Guyard-le-Rusé et Barthélemi, alors vicomte de Ligny, tenaient de lui dans cette contrée, en bois, en terre, en prés ou en eau. Guyard retint cinq sous de cens pour la concession de l'eau. Il fut encore convenu que les moines n'auraient pas le droit d'arracher le bois de Revisy, celui de la vallée païenne, celui de SaintEtienne et celui de Contest pour les livrer à l'agriculture. Ce passage révèle une des plaies sociales de cette époque. Les religieux, plus éclairés sur le bien de l'humanité, mettaient en culture les friches et les broussailles qui leur tombaient entre les:.

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