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et l'écuycr Salet de Boisjardin s'emparèrent d'une partie du bois de Revisy, y firent des coupes, en Tendirent pour cent livres et en firent enlever une quantité considérable. L'abbé de Pontigny les cita à comparaître pardevant l'official de Sens; ils répondirent que le bois leur appartenait, qu'ils usaient de leur droit. L'official obligea les deux parties à prouver par témoins leur droit de possession. Les témoins de Gaufride et de son complice, la plupart attachés à la maison de chacun d'eux, dirent que Gaufride et de Boisjardin avaient joui d'un droit d'usage dans ce bois. Les témoins de l'abbaye produisirent des preuves irrécusables du droit de propriété qu'avait cette maison. Comme Gaufride et de Boisjardin persistaient à dire que le bois leur appartenait, l'official cita les deux parties à comparaître le jeudi d'après la Saint-Vincent, pour entendre prononcer son jugement. Le procureur de l'abbaye s'y rendit, mais les deux autres parties refusèrent de comparaître. L'official les attendit jusqu'au lendemain. Enfin, dit le jugement, la présence de Dieu suppléant à l'absence des contumaces, ils furent déclarés convaincus de mauvaise foi, condamnés à se désister de toute espèce de prétentions sur le bois de ttevisy, à restituer tous les dommages qu'ils avaient causés, et à dix livres d'amende pour les frais et les dépens. L'histoire ne dit pas s'ils se sont conformés au jugement, surtout s'ils ont réparé les dommages qu'ils avaient causés et payé l'amende. Tandis que l'abbé Guérin s'occupait à défendre les biens de son abbaye au-dehors, et à faire régner la régularité au-dedans, il fut enlevé à sa communauté et porté sur le siège archiépiscopal et priraaiial de Bourges. L'hérésie des Albigeois avait déjà pénétré dans ce diocèse et dans la province d'Aquitaine. Le nouvel archevêque la parcourut comme primat, afin de poursuivre l'hérésie jusque dans ses derniers retranchemens. Il encouragea les sciences en donnant les prébendes à des hommes instruits. Pour qu'on y attachât plus d'importance, il en diminua le nombre. Il assista au concile de Latran, et depuis, au couronnement de Philippe-Auguste, roi de France. Sa mort arriva le 16 avril 1181. H demanda à être inhumé à Pontigny, vers les abbés ses prédécesseurs. Son tombeau est près du grand autel, du côté de l'évangile. On lisait autrefois sur sa tombe cette inscription en latin : Ci-gît dom Guérin-, archevêque de Bourges et troisième abbé de ce monas' tire. Il avait été abbé pendant neuf ans (1 ).

PIERRE I".

Son élection eut lieu lorsqu'il était prieur : c'est T. I, à lui qu'Etienne de Tournay adressa son épître à l'occasion de la prise d'habit de saint Guillaume et de quelques novices de Grandmont. A peine fut-il abbé, qu'on l'élut évêque d'Arras, en 1180. Il vécut jusqu'en 1203. Son corps fut rapporté à Pon

(1) Les auteurs de la Gaule chrétienne ajoutentaprcs.ini deux abbés, Guillaume et Pierre. Ces deux abbés ne sont point cités dans Viole; les Cartulaires de Pontigny, que nous suivons de préférence , parlent seulement du second.

ligny , où il repose dans le sanctuaire, entre celui de l'abbé Hugues et celui de l'abbé Garmont, son successeur. Son épitaphe^le faisait cinquième abbé de Pontigny et évêque d'Arras.'C'est de son temps que Gaultier, archevêque de Rouen, s'obligea de donner, chaque année, à l'abbaye de Pontigny, dix milliers de harengs. T. ii,p. 256. Nos rois, non-contens d'apprendre ce que la renommée publiait de l'abbaye de Pontigny, voulurent en être témoins eux-mêmes. Louis VII, dit le Jeune, y vint en 1177. Philippe-Auguste vint aussi, peu après, s'agenouiller dans la basilique de Pontigny, et réclamer le secours des prières des moines. L'histoire ne nous a pas conservé l'effet que durent produire ces visites royales, non-seulement dans l'abbaye, mais surtout parmi les seigneurs du pays : car les princes ont dû accueillir les plaintes des religieux contre des voisins ambitieux, faire droit aux réclamations des petits vassaux , plaider la cause des malheureux. Leur présence dut influer puissamment pour tempérer le régime féodal. Tous les seigneurs du voisinage, attirés aux pieds de la majesté royale, étaient obligés de lui faire hommage de leurs fiefs, comme au premier seigneur suzerain. On voit, en effet, que le roi Louis VII fit droit aux plaintes des religieux. « Voulant, dit-il, pourvoir à la paix de ceux qui se sont donnés totalement au service de Dieu, notre sollicitude royale, en les couvrant de sa protection, a voulu mériter d'avoir part aux ferventes prières qu'ils répandent sans cesse en la présence du Seigneur. C'est pourquoi nous voulons que l'abbé Pierre et les religieux qui,

servent Dieu sous sa direction, jouissent en paix des biens qu'ils possèdent présentement, et qu'aucun de leurs voisins ne se permette de les inquiéter. » Déjà, en 1151, ce même prince avait été témoin Ti mipitBi d'une donation d'Anceau de Trainel, ainsi que Bocbard de Montmorency, Eudes, doyen de Sens, Simon, trésorier de la même église, et Manassès, archidiacre de Troyes.

Mahault, comtesse d'Auxerre, de Nevers et de T. U, p. m Tonnerre, dans une donation de 1176, rappelle les droits que les maîtres avaient sur leurs serfs. Elle donna à l'abbaye de Pontigny , pour fonder à perpétuité l'anniversaire de Gui, son mari, trois personnes ou trois serfs : Bossel de Tonnerre, son mari, Etienne leur fils et leurs biens. S'ils commettent quelques crimes, la comtesse ne veut pas qu'ils puissent se justifier par le prévôt ou par quelqu'autre personne : elle veut parler des combats en champ clos, pour lesquels on pouvait choisir un champion; mais ils doivent être directement justiciables des religieux, et leur obéir en toutes leurs volontés. Pierre de Courtenay II donna également, en 1210, P. m. une famille, ne réservant sur elle ni droit de justice, ni aucune espèce de coutume. Il ajouta à cette donation cent arpens de bois dans la forêt de Bar ( 1204), pour le salut de son âme, de celle d'Yolande, son épouse, de celles de ses enfans, et pour l'âme de sa très-chère épouse Agnès, autrefois très-illustre comtesse de Nevers (c'était sa première femme). Il ajoute que son épouse Yolande et lui ont choisi l'abbaye de Pontigny pour le lieu de leur sépulture. Dans un autre endroit, il appelle l'abbé de Pontigny

et ses religieux ses très-chers amis en Jésus-Christ.. T. m, io9. Les seigneurs d'Ervy ne voulurent point être redevables à une maison que tous les grands du pays comblaient de bienfaits. En 1142, Milès ou Mile I, étant à Sens, dans le palais de Hugues, archevêque de cette ville, renouvela toutes les donations qu'il avait déjà faites. Les témoins furent Hugues, évêque d'Auxerre, Etienne, abbé de Regny, Herbert, abbé de Saint-Pierre-le-Vif, Manassès, archidiacre de Sens, Simon, trésorier, Simon, célérier, Symond , archidiacre du Gâtinois, Rainaud, archidiacre de Provins, Guillaume, archidiacre de Meaux, Rainaud, archidiacre d'Auxerre , Boson , doyen de Saint-Florentin, Hildueric d'Ervy et autres. Milès III, Elisabeth son épouse, Milès leur fils, et Marguerite, épouse de ce dernier, donnèrent un moulin et des pâturages. En 1213, Milès III était remarié avec Alienor. Blanche, comtesse de Champagne , et Thibault, son fils, avaient donné à Alienor trois cents livres en mariage; elle en donna cent à l'abbaye de Pontigny pour le remède de son âme et de celles de ses ancêtres. Elle voulut aussi que l'on distribuât une pitance générale dans le couvent le jour de son anniversaire. Cette pitance était un repas que l'on donnait ordinairement à ceux qui venaient de célébrer un service. Milès III fit encore don de soixante sous de rente pour fonder l'anniversaire de sa première épouse, et quarante sous pour fonder le sien. Ces sommes devaient être perçues sur le péage d'Ervy, aux foires de saint Jean-Baptiste et de saint Remi. Il veut aussi que l'on donne une pitance au couvent, le jour de chaque

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