La théorie de l'art pour l'art: en France chez les derniers romantiques et les premiers réalistes

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Editions Champ Vallon, 1997 - 426 Seiten
Il n'y a pas bien longtemps la littérature bruissait encore sous la semonce des mots d'ordre : " changer la vie ", " transformer le monde ". Pour beaucoup, Gide ou Malraux, Aragon ou Sartre, nul doute : la littérature se devait d'être " engagée ". Littérature " au service " de la Révolution, du Peuple, de l'Humanité, de la Liberté, etc. Une telle conception de la littérature n'était pas neuve. Elle remonte aux " prophètes " du XIXe siècle pour qui l'écrivain devait être un guide, un témoin ou un acteur de l'Histoire (Lamartine, Hugo, Michelet, Zola, etc.). A quoi s'opposèrent, surtout dans la deuxième moitié du XIXe siècle et après l'échec de la révolution de 1848, un certain nombre d'écrivains qui se replièrent sur des valeurs plus esthétiques et formelles, dont Flaubert fut comme le héraut. Ce mouvement de dépolitisation de la littérature et ce repliement sur l'Art comme " finalité sans fin ", ce refus de subordonner la littérature à l'action ou à la morale, cette revendication d'un art " autonome " et " indépendant " sont connus sous le nom d'art pour l'art. C'est Flaubert mais ce sont aussi Gautier, les Goncourt, Leconte de Lisle, parfois Baudelaire, et quelques autres. Il fallait en connaître les origines, en retracer les développements, en rassembler le corpus, en distinguer les héros, en expliciter les thèses et l'idéologie, en étudier les thèmes, et peut-être en souligner les contradictions. C'est à la réalisation de ce projet neuf que s'est attaqué au tout début du XXe siècle un jeune normalien, Albert Cassagne. Quatre-vingt-dix ans plus tard, son magistral ouvrage n'a pas pris une ride et reste un modèle d'histoire des idées littéraires. Cassagne est le premier à avoir analysé le processus d'autonomisation de la littérature et de l'écrivain en s'appuyant sur les textes, les correspondances, les articles de presse, et sans méconnaître les conditions économiques et sociales (statut de l'écrivain, développement de la littérature " industrielle ", etc.) dans lesquelles ce processus a pris naissance et s'est développé. Cet ouvrage, qui a sans doute inspiré Sartre, qui est souvent cité (par Pierre Bourdieu notamment), comble une lacune. Il constitue une archéologie de nos idées modernes sur la littérature et permet de mieux comprendre les débats qui n'ont pas cessé depuis un siècle et demi sur le rôle et la fonction de la littérature et de l'écrivain dans notre société. A cet égard, le livre d'Albert Cassagne est d'une grande actualité.
 

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Inhalt

Avantpropos
37
2 Influence des partis révolutionnaires
67
LE SENTIMENT ARISTOCRATIQUE
155
LA MANIFESTATION DE LARTISTE
271
LA PRODUCTION DE LŒUVRE
359
CONCLUSION
393
Bibliographie
407
Index
417
Urheberrecht

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