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sourds-muets (liéritier, comme plusieurs autres, de la sublime méthode inventée par l'immortel abbé de l’Epée), assermenté, et agréé de l'Assemblée nationale.

30. Enfin qu'il soit porté des copies du PRÉSENT ARRÊTÉ au pouvoir exécutif, au comité de surverveillance , au CONSEIL DE LA COMMUNE , et AU GREFFE DE LA PRISON, par MM. PELEz et PERNOT, commissaires, nommés à cet effet.

Signé Boula, président.

RIVIERE, secrétaire.

ort. Il m'avoir que je ne pu avoit pri

Je ne pouvois me méprendre sur l'auteur de cette piece, dans laquelle on avoit pris tant de précautions pour que je ne pusse échapper à la mort. Il m'avoit été signifié, un mois auparavant, un dire, dans lequel étoient ces propres expressions : « M. Sicard ne doit pas » être si difficile à accorder ce qu'on lui deý mande. Il ne doit pas oublier , que n'ayant v pas fait le sERMENT CIVIQUE, il pourroit → être REMPLACÉ PAR LE SAVANT ET MO» DESTE SALVAN, HÉRITIER , COMME LUI, » DE LA SUBLIME MÉTHODE INVENTÉE PAR » L'IMMORTEL ABBÉ DE L'EPÉE, ASSER> MENTÉ ».

Je montrai cet arrêté à mon digne coopérateur SaLVAN, dont l'honnêteté m'étoit si connue. Indigné de voir son nom dans cette piece homicide, il alla s'en plaindre à celui que nous soupçonnions de l'avoir rédigée. L'accusé nia fortement de l'avoir même jamais connue; mais depuis cette époque, on en a

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trouvé le minute, écrite toute entiere de sa 'main, parmi les autres papiers du comité révolutionnaire de la section, sans le trouver écrit sur aucun des registres. C'est que dans ce temps-là, une poignée de scélérats , quand la séance générale des sections étoit terminée, faisoient des arrêtés , au nom de toute l'Assemblée, et les faisoient exécuter , sans qu'ils fussent connus que de ceux qui les avoient faits, et de ceux qui en étoient les malheureuses victimes. Celui-ci n'eût jamais été connu, sans l'extrême bonhommie de l'homme qui l'avoit porté à la prison, et la mal-adresse de l'auteur, qui oublia d'en soustraire, la coupable minute.

J'ai oublié dans ma relation des événemens des 2, 3 et 4 septembre, quelques traits qui méritent d'être connus. Quelqu'un à qui je les ai racontés plus d'une fois, désire que je les publie. Les voici :

J'ai dit que les dames du quartier voisin de l'Abbaye se rendoient en foule aux scenes d'horreurs qui se passoient dans cette malheureuse enceinte. On imagine quelles DAMES c'étoient. Eh! bien , ces mêmes dames firent demander au comité où j'étois , qu'on leur procurât le plaisir de voir tout à leur aise les ARISTOCRATES égorgés dans la cour de ce comité. Pour faire droit à la demande, on ordonna de placer un lampion auprès de la tête de chaque cadavre, et aussi-tôt les dames jouirent de cette exécrable illumination. Au milieu de la nuit, B... de V.... apprend que les égorgeurs volent les prisonniers après les avoir tués , il se rend dans la cour de l'Ab.

baye,

baye , et là, sur une estrade , il parle ainsi à ses ouvriers.

Mes amis ! mes bons amis ! la commune » m'envoye, vers vous pour vous représenter » que vous DÉSHONOREZ CETTE BELLE JOUR» NÉE. On lui a dit que vous voliez ces co

quins d'aristocrates, après en avoir fait jus» tice. Laissez , laissez tous les bijoux, fout » l'argent et tous les effets qu'ils ont sur eux,

pour les frais du grand acte de justice que » vous exercez. On aura' soin de vous payer » comme on en est convenu avec vous. Soyez o nobles, grands et généreux compie la proo fession que vous remplissez. Q!!e tout dans

» ce grand jour soit DIGNE du PEUPLE dont 1. x la SOUVERAINETÉ vous est commise ».

MANUEL , quelques heures avant, au milieu de la rue Ste-Marguerite, en face de la grande prison , et au moment où les massacres avoient commencé, avoit parlé ainsi à ce

même peuple : « Peuple Français, au milieu poi des vengeances LÉGITIMES que vous allez - » exercer, que votre hache ne frappe pas

» sans discernement toutes les têtes. Tous les in criminels que renferment ces cachots ne sont . » pas tous également coupables ;. .

Et ce. MANUEL est le même qu'un homme bondête tâchoit de justifier, un de ces jours, au sujet de ces égorgemens! Ce discours , entendu de plusieurs témoins dignes de foi , rapproché de celui què, deux jours avant, j'avois entendu moi-mênie à la prison de la Mairie, laisse-t-il quelque doute sur la complicité de ce grand coupable qui a expié sur un échafaud, et les crimes de cette journée d'horreur,

Tome I. Ann. Rel.

· et tous les blasphêmes qu'il avoit vomis à la Commune, contre la Religion ?

Et qu'on ne doute pas de l'effet de la promesse que fit aux égorgeurs B... de V..... Oui, ces malheureux qui répandirent tant de sang, dans ces journées de deuil, ont reçu leur salaire, comme on le leur avoit promis. Un & trouvé, et les noms de ceux qui ont reçu ce prix du sang innocent , et les noms de ceux qui les ont payés. On lit encore ces noms, écrits avec du sang, sur les registres de la section du Jardin des Plantes, sur ceux de la Commune, sur ceux de la section de l'UNITÉ. Je peux moins en douter qu'un autre. Un des commissaires de cette section, qui a été forcé, sous peine d'être tué sur le champ , par les égorgeurs, de contribuer à leur paiement, me l'a dit à moi-même. Oui, ils ont reçu leur salaire, et quel salaire !.... Les malheureur, poursuivis par les reinords, trouvant par-tout des voix accusatrices, ont la plupart fui de Paris; ils ont été dans les armées, espérant y trouver des CAMARADES. Les scélérats! pouvoient-ils se méprendre ainsi sur les soldats français ?.... On les a reconnus, et ils n'y ont trouvé que des vengeurs, Il n'en reste plus que quelques-uns, que redemande l'échafaud , et que va enfin poursuivre la justice nationale, qui n'a suspendu si long-temps son glaive, que pour n'en épargner aucun.

SI CA R D.

Aux Auteurs des Annales Religieuses.. Les motifs les plus puissans m'obligent, ci. foyens, de vous prévenir d'un bruit qui court ici , et qui , s'il étoit fondé, jeteroit une extrême défaveur sur des ecclésiastiques, qui , fideles à leur devoir, ont regardé la constitution (prétendue) civile du Clergé, comme une entreprise intolérable et subversive de la distinction des deux puissances, qui n'ont aucun droit de se mêler des affaires l'une de l'autre.

On dit que les curés de Paris , qui, d'après la loi, sur la liberté des cultes, ont repris leurs fonctions, rebaptisent les enfans déja baplisés par les prêtres constitutionnels, et marient de nouveau , ceux'auxquels ces derniers avoient donné la bénédiction nuptiale.

J'avoue que j'ai quelque peine à me le persuader. J'ai même cru pouvoir hasarder une dénégation, quoiqu'à dire le vrai, je ne sache rien de bien positif à cet égard.

Me suis-je trop avancé? c'est sur quoi votre réponse m'éclairera, ou me rassurera. Cette même réponse , je n'en doute pas', aura encore l'avantage si précieux pour nous, d'être notre regle, dans des circonstances, ou la lumiere est aussi nécessaire , qu'elle est rare. Salut et fraternité,

Calmet, prêtre catholique. En altendant que nous puissions répondre

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