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rats , après s'être élevés dans la vie sur les rui. nes de l'homme de bien, dorment confondus pour toujours avec lui dans la même poussière , que Robespierre et tant d'innocentes victimes tombées sous ses coups, partagent éternellement le même repos! Dieu! préservez-nous d'une telle morale!

Au reste , l'auteur de l'histoire générale et particulière des religions avoit coinmencé ses recherches de l'antiquité par un ouvrage intitulé : Dela Saltation Théâtrale , ou Recherches sur la Pantomine , qui a reinporté le prix à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en 1789 , et dont on trouve l'annonce à la suite de son discours préliminaire.

Aux Rédacteurs des Annales Religieuses.

Nous nous empressons de publier la lettre suivante. · Elle est d'un homme profondément instruit dans la connoissance de l'antiquité; d'un satant, que l'amour des sciences conduisit dès sa jeunesse dans les Indes-Orientales, pour y étudier la langue, la religion et les mæurs de. ses habitans. Citer le nom de d’Anquetil-Duperron, c'est en dire assez sur le nouvel ouvrage qu'il nous annonce. Ce ne sont point ici des recherches faites à la hâte daus les livres, ou des notes adaptées légèrement à un systême ; c'est le fruit d'une étude prolongée, faite sur les lieux, dans les livres originaux, ct avec toute la franchise d'un homme qui, dès ses jeunes ans, de connut qu'une seule ambia

tion, à laquelle il se dévoua tout entier , et y consacra tout le reste de ses jours; l'ambition de connoître la vérité, et de lui rendre homimage par-tout où elle se découvriroit à son esprit et à son cæur. .

La Providence n'a pas permis que des veux aussi purs fussent infructueux pour le C. d'An. quetil. Ce savant n'a rapporté de son voyage et de son long séjour dans les Indes', qu’un respect plus profond pour la tradition catholique, source, centre de toutes les traditions de la terre. L'ouvrage qu'il est prêt aujourd'hui à livrer à l'impression, est un nouvel hommage rendu aux pérités premières, étrangement més connues par l'auteur de l'histuire générale des religions.

Paris , ce 6 janvier 1796, 16 nivôse, . an 4.

C'est servir la religion , que de faire connoitre les opinions de tous les peuples de la terre, anciennes et modernes; parce qu'elles concourent toutes à établir l'unité d'un premier étre, parfait dans ses attributs, qui a créé l'univers , qui le conserve, étend sa providence sur tout ce qui existe, récompense la vertu, punit le vice; et, quand il ne le fait pas ici bas , réserve un avenir heureux ou nialheureux à ceux qui l'auront servi fidèlemicut, ou qui auront désobéi, sans retour , à ses loix. 'On sait l'usage que les Apologistes de la religion, suivant l'exemple.de St. Paul , dans Paréopage ( Act. Ap., 1723), St. Justin, TerTullien, Athenagore; qu’Origine, contre Celse;

1.

aos sa Premanorum Re: Julius E

St. Clément d'Alexandrie, dans ses Stromates; Arnobe, Adversus Gentes ; Minutius Felix, dans son Octavius ; Julius Fernicus , de Errore Profanorum Religionum ; Eusebe, dans sa Préparation et sa Démonstration évangéliques; Théodoret , dans sa Therapeutique ( græcorum affectionum curatio ); St. Augustin, dans la Cité de Dieu : on connoît l'usage que ces écrivains ecclésiastiques ont fait, à l'avantage de la Religion Chrétienne , des ouvrages des payens, grecs, latins, orientaux ; des cérémonies, des rites, des religions étrangères. .

Ces raisons me portent à croire, que c'est dans les Annales Religieuses, Politiques et Littéraires , que doit paroître l'annonce , comme étant achevé et prêt à imprimer, quand les circonstances le permettront, d'un ouvrage latin , in-4o., de 816 pages, dont voici le titre :

OUPNEKHAT
(id est , Secretum tegenduin)

Opus
ipsâ in Indiả rarissimum,

E Continens
antiquam et arcanam Doctrinam

è quatuor sacris INDORUM Libris PAKREID, DJEDJR BEID,Sans BEID, ATHRBAN Berd

excerptam;

ad verbum,

è Persico idiomate,
Samskreticis vocabulis intermixto,

in Latinum conversum ;
et Notis , difficiliora explanantibus,

illustratum.

T

CT

Studio et Opera
ANQUETIL DUPERRON,

Indicoplenstæ.
Quisquis Deum intelligis, Deus fit.

'OupNEK’HAT 4me. MANDEK

ex ATHRBAN BEID excerptam. Septembre 1794 — décembre 1795.

J'ai d'abord traduit l'Oupnekhat, consistant en cinquante sections, en frarcois : mais, comme le Persan et les idiômes Indiens sont transpositifs , je me suis apperçu qu'il falloit , ou se rendre inintelligible en français, ou faire , par le tour, l'arrangement des phrases , remédiant aux inversions, des changemens qui dénatureroient absolument l'original.

Cette considération m'a déterminé à mettre l'ouvrage en latin , le plus littéralement qu'il m'a été possible, pour que le lecteur crut avoir en quelque sorte le persan sous les yeux , et fût le maître , sur la construction conservée fidèlement, de fixer lui-même le sens des mots, de saisir l'ensemble et les détails des idées indiennes.

D'ailleurs, un ouvrage latin , exemptant des traductions en langues modernes, assurera à l'imprimeur le débit d'un plus grand nombre d'exemplaires , et ne mettra pas l'auteur dans le cas de voir son travail désiguré, comme l'a été le Zend-Avesta, dans la traduction allemande , faite en 17761783, à Riga, en Livonie, par M. Kleuker, en sept parties, formant coinme sept volumes.

L’Europe savante verra sans doute avec plaisir , que les troubles qui agitent la France n'y ont pas absolument aboli le goût de la vraie littérature.

Enséveli sous les décombres, l'homme qui aime sincérement , solidement la vérité , a toujours la force de la chercher, le courage de la mettre en état de paroître dans un temps favorable : le feu caché, resserré, sort avec plus de violence, quand il trouve à se faire jour..

On pourra désormais juger, apprécier cette sagesse , qui a rendu les philosophes de l'Inde si célèbres, chez les anciens et chez les modernes.

Au moins l'équité et la douceur de leur caractère est un baume salutaire dont nos plaies peuvent avoir besoin , et dont ma malo heureuse patrie vous aura obligation , si l'annonce que vous voudrez bien insérer dans votre Journal , amène l'impression de l'Oupnekhata Je suis, etc.

ANQUETIL DUPERRON, de la ci

devant Académie des Belleslettres, nommé professeur de langues'orientales à la bibliothèque nationale, par le Jury cen

tral d'instruction publique, 26 'août 1795.

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