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tition imbécile, un culte légitime et un culte imposteur ; mais que si le bien et le mal se trouvent trop souvent, ici bas, mêlés et confondus, il suffit pour les distinguer d'une conscience droite et pure.

Hâtons-nous donc de faire honte au sophiste de tous ces argumens d'erreur , où la sensibilité sert de masque à l'indifférence, le desir de la réforme à celui de la destruction, le væu de l'homme de bien à celui de l'impie; hâtons - nous de mettre le culte public sous la sauve-garde de toutes les vertus, et de prouver à tous nos concitoyens, par les plus simples rapports des principes religieux avec les principes sociaux , que ce culte trouve son origine dans la nature même de l'homme, qu'il est nécessaire à la morale des nations, à celle des particuliers , à la religion du sentiment; qu'il peut, seul, assurer aux siècles futurs le dépôt d'une tradition primitive, et seul encore, cautionner l'unité des Etats, leur prospérité , leur durée; réunir les peuples dans le même enseignement divin , et les instruire dans les voies de la vraie philosophie et du vrai bonheur.

Essayons de décrire cette suite féconde de bienfaits, et croyons que c'est rendre un service signalé à la patrie, et remplir envers elle une obligation sacrée , que de lui préparer les matériaux d'une future régénération, fondés sur les bases éternelles de la justice et de la paix. A. I.

"Sem

OUVRAGES NOUVEAU X.

HISTOIRE générale et particulière des reli

gions et du culte de tous les peuples dit monde , tant anciens que modernes, par Delaunaye ; ouvrage philosophique, proposé par souscription libre, et orné de plus de 300 figures, gravées sur les dessins de Moreau le jeune , et sous sa direction , par les meilleurs artistes de Paris ; 12 vol. in-4o. , grand papier. Paris , 2792.

Si nous sommes loin d'adopter les principes philosophiques du C. Delaunaye , si nous l'estimons malheureux de n'avoir étudié si perséveremment l'histoire de la religion que pour en dénaturer l'existence, si nous ne concevons point par quel prestige funeste, des hommes instruits peuvent multiplier un travail, dont l'objet est, en dernier résultat, d'ôter tout frein aux passions , et d'enlever aux infortunés de toutes les classes , les consolations religieuses, les seules souvent qui leur restent...,' Nous rendrons néanmoins au C. Delaunaye , cette justice, qu'il ne cherche pas, comme beaucoup de sophistes qui l'ont précédé, à surprendre la bonne-foi de ses lecteurs. C'est, dès la première page de son discours préliminaire qu'il développe son systêine destructeur de tout culte. .

Mais remarquez d'abord qu'il commence par confondre toutes les religions, en les supposant également fondées sur l'erreur et le tanatisme. L'Egyptien qui fléchit le genou de

vant un reptile, et le fidèle Israélite , qui ne connoît point d'autre Dieu que celui qui est; il ne les distingue pas, il fait de tous les deux, l'objet de ses mépris. Il n'y a point, à son gré, d'autre Créateur des mondes, d'autre Etre suprême, que cette force expansive qui nous environne, cette source intarissable de vie, ame de Punivers, principe de toute existence. (Disc. prélim., pag. 1), d'où l'on peut juger que cet auteur, loin d'être l'écrivain impartial de la religion des peuples, ne peut en être que l'impitoyable détracteur.

Nous n'entreprendrons pas cependant de lui prouver qu'il a tort de ne point croire en un Dieu rémunérateur et vengeur. Si sa conscience ne l'a pas fait avant nous , nous ne serions pas mieux écoutés. Mais ce que nous prouverons à cet auteur, c'est qu'il calomnie trop grossièrement la Religion de Jésus-Christ, quand il dit de tous les cultes , sans exception, qu'ils sont les fruits d'une aveugle crédulité, d'un fanatisme odieux, des préjugés les plus iniques, prêchés aux hommes par des ministres, le fer en main et le fiel dans le cæur. . Il sembloit que le temps de toutes ces vieilles calomnies contre la Religion devoit être passé. Certes! elles sont trop démenties par les poincipes même de l'évangile, pour pouvoir être crues de tout homme qui ne cherche point à s'aveugler lui-même, sur la nature des faits, aussi publics et aussi évidens que le jour.

Est-ce donc en vérité, le fer en main, que le culte de Jésus - Christ a été préché par ses Apôtres ? Est - ce, le fil dans le cæur, que ceux - ci, les premiers d'entre les mortels, ont instruits leurs semblables dans le grand commandement de l'amour de Dieu et des hommés? Est-ce, le fer en main et le fiel dans le coeur, qu'ils ont appris aux Chrétiens à ne former plus entr'eux qu'un seul esprit et une seule ame, à pardonner à leurs ennemis, à être doux, pacifiques, miséricordieux et bons ? Est-ce, le fer en main et le fiel dans le cæur, que Jésus-Christ lui-mêmé nous conduit à la pratique de sa loi, en se montrant à nous , tantôt comme le meilleur des pastenirs, tantôt comme le plus sensible des amis ou le plus tendre des pères; en nous donnant enfin son évangile (1), et en s'immolaut lui-même pour nous sur l'arbre de la croix. Et si du maître vous passez aux disciples, voyez ce qu'ils ont été pendant les trois premiers siècles du christianisme; voyez S. Etienne tombant sous les coups d'un peuple en délire, élever ses mains innocentes vers le Ciel, et l'invoquer à son dernier soupir pour le salut de ses bourreaux. Tel est le voeu de tous les enfans de la foi. Nous pourrions en citer des exemples nombreux dans tous les siècles de l'Eglise. Mais quoi! depuis le commencement de la révolution, n'avons-nous pas vu se renouveler , au

(1) Ce divin livre, le seul nécessaire à un Chrétien et le plus utile de tous à quiconque ne le seroit pas, n'a besoin que d'être médité pour porier dans l'ame l'amour de son auteur et la volonté d'accomplir ses préceptes. Jamais la vertu n'a parlé un si doux langage, jamais la plus profonde sagesse ne s'est exprimée avec tant de sagesse et de simplicité. On n'en quitle point la lecture sans se sentir meilleur qu'auparavant. Jean-Jacques Rousseau, Observations sur la réponse faite à son discours sur les sciences et les aris.

milieu de nous, les mêmes prodiges de générosité chrétienne? Nous n'en citerons ici qu'un seul trait, dont nous nous réservons de développer ailleurs les diverses circonstances. C'étoit le premier jour depuis la renaissance du culte, que la messe se célébroit publiquement dans la commune de Fuveau, département des Bouches du Rhône : quelques habitans des deux sexes paroissoient plus zélés que les autres au service des autels. Ils avoient tous soufferts pour la cause de la foi. Plusieurs avoient été promenés dérisoirement sur des ânes, les autres avoient été jetés dans les prisons comme fanatiques. Le prêtre qui venoit d'offrir pour eux le St. Sacrifiee , voulut lire dans le fond de leur ame, et reconnoître s'ils étoient dignes d'avoir souffert pour une si belle cause. Il leur parla donc en faveur de leurs concitoyens , alors fugitifs, et qu'il n'ignoroit pas être les auteurs de leur persécution. « Ah! s'é» crièrent-ils, qu'ils viennent, ce n'est pas nous » qui les mettons en fuite. Nous avons tout » oublié; qu'ils viennent, nous sommes prêts » à les serrer dans nos bras. Trop heureux, » s'ils vouloient de nouveau s'unir à nos priè.. » res, n'avoir plus avec nous qu'un seul et » même culte, un seul et même cæur en Jésus» Christ. Ils ont cru peut-être que nous médi» tions des projets de vengeance. C'est mal » connoître des Chrétiens , qui tous , au prix » de leur vie , voudroient sauver leurs ames ». Chacun de ces vertueux cathuliques ajoutoit quelques sentimens généreux à ces sublimes paroles. C'étoit des cultivateurs, des artisans et des paysans qui s'exprimoient ainsi. Le ministre de Jésus-Christ en fut attendri jusqu'aux

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