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PRÉFACE

Le volume que je viens offrir au public renferme les Leçons d'éloquence sacrée faites à la Sorbonne pendant l'année 1857-58. Si je les détache" d’un enseignement qui m'est confié depuis quelques années déjà , c'est qu'ayant pour objet la première période de l'éloquence chrétienne, elles forment un ensemble à peu près complet et ne font suite à aucune autre partie.

Un des résultats les plus satisfaisants de la science moderne, c'est d'avoir dirigé l'attention des esprits vers l'étude des Pères. En dépit des préjugés que l'ignorance ou la mauvaise foi avait su répandre au siècle dernier, tout le monde a fini par reconnaître qu'il serait honteux pour une société chrétienne d'ignorer ceux qui l'ont initiée à la justice et à la vérité.' De louables efforts ont été faits depuis cinquante ans pour ramener parmi nous le goût de ces saines et fortes études; et l'on a vu des plumes laïques payer à nos gloires religieuses le tribut d'admiration qu'elles méritent. On ne saurait se dissimuler néanmoins que cette voie est à peine frayée ; et il s'en faut bien que la littérature chrétienne soit connue du grand nombre au même degré que celle de la Grèce ou de Rome. Si les Pères du ivo et du ve siècle ont dû à l'éclat de leur éloquence le privilege d'être moins ignorés, ceux des trois premiers sont encore loin de jouir de la même faveur; et, dans cette période si féconde et si animée, les Pères apostoliques et leur époque ont eu le plus à souffrir, en France du moins, de cette sorte d'indifférence qu'explique d'ailleurs la sévérité naturelle du sujet.

Je ne me flatte nullement d'avoir épuisé les matières que je m'étais proposé de traiter. J'ai voulu moins explorer ce vaste champ dans toutes ses parties, que signaler à ceux qui voudraient le parcourir après moi un point d'étude où le résultat rachète la peine. Personne n'ignore ce qu'un cours public impose de réserve à l'érudition. Peut-être même trouvera-t-on que j'ai donné trop de place à des questions de critique ou d'authenticité que des attaques anciennes ou récentes ne m'ont pas permis de passer sous silence. Mais l'attention soutenue dont m'a constamment honoré un public nombreux m'a fait penser que ces discussions, tout arides qu'elles paraissent, ne perdraient rien, à la lecture, de l'intérêt qu'elles ont pu offrir exposées de vive voix. Toujours est-il que je serais heureux d'avoir appelé l'attention des esprits sérieux, dans le clergé surtout, vers des documents où l'incrédu

lité cherche ses armes et où la foi trouve les siennes. Car j'ai toujours pensé que les écrits des premiers Pères forment la meilleure apologie de la Religion catholique.

Quant à la forme de ces Leçons, j'ai cru devoir les laisser telles qu'elles furent prononcées et recueillies, me bornant à corriger ce que la parole publique peut avoir de trop défectueux dans la pensée ou dans son expression; car nul n'écrit comme il parle, et l'on ne parle pas comme on écril. J'ai dû également indiquer d'une manière plus précise les auteurs cités dans chaque Leçon et ajouter quelques notes assez rares, là où le texte même ne permettait pas un plus ample développement.

Dieu veuille qu'on éprouve à lire ces Leçons le même plaisir que j'ai goûté à les faire. Il n'est pas pour un prêtre de plus douce jouissance que de consacrer son temps et son travail à la défense de notre sainte Mère, l'Église catholique, apostolique et romaine.

Paris, le 1er décembre 1858.

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