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les dogmes : ecclésiastiques ou appartenant à l'Église (1). Ce nouveau trait distingue les dogmes chrétiens des opinions particulières que les fidèles peuvent se former par eux-mêmes des vérités de la foi, en se fondant directement sur la révélation divine, et qui, fussent-elles tout à fait justes, ne seront pourtant à tout jamais que de simples opinions ou façons de perser, tant qu'elles ne seront pas fixées pour tous et enseignées par l'Eglise (2). Il distingue aussi ces mêmes dogmes chrétiens, en tant que dogmes orthodoxes, sains et pieux (3), des dogmes non orthodoxes, ou, suivant l'expression des saints Pères, des dogmes impies, dépruvés et hérétiques, professés par des Eglises ou sociétés particulières qui se sont séparées de la vraie Eglise de Christ (4).

3. Le dogme est une vérité enseignée par l'Eglise comme principe certain et invariable de la foi qui sauve. Tel est le dernier trait essentiel du dogme chrétien, qui le distingue des autres vérités de la révélation chrétienne conservées et

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enseignées par l'Eglise. Les vérités de la révélation chrétienne, renfermées surtout dans les livres de l'Ecriture sainte, sont de deux espèces : les vérités spéculatives ou de foi, qu'on doit s'approprier par l'assentiment de l'esprit, et les vérités pratiques ou d'action, qu'on doit s'approprier par la volonté et réaliser dans la vie. Les premières se subdivisent en deux classes : les unes se rapportent à l'essence même de la religion chrétienne, en tant que rétablissement de l'alliance entre Dieu et l'homme; elles contiennent la doctrine qui a pour objet Dieu et son rapport avec le monde, et en particulier avec l'homme; elles déterminent à quoi nommément et de quelle manière l'homine doit croire pour faire son salut : ce sont ces vérités-là que l'Église enseigne comme étant les principes certains et invariables de la foi qui sauve. Les autres ne se rapportent pas directement à l'épreuve de la religion chrétienne. Elles contiennent ou des récits historiques sur la sainte Eglise de l'Ancien et en partie aussi du Nouveau Testament, sur les juges, les rois, les gouverneurs, les souverains pontifes du peuple de Dieu , sur les prophètes, les Apôtres et bien d'autres encore; ou des assertions particulières de divers personnages, des prophètes, des Apôtres, de notre Sauveur lui-même, sans nul rapport avec l'essence, du christianisme (ainsi saint Jean, 1, 42, 47; iv, 50; v, 8); ou des prédictions sur la destinée du peuple de Dieu, des autres peuples, des villes, etc. : tous ces points sont assurément dignes de notre foi, puisque la révélation les renferme; mais l'Église ne les enseigne point comme indispensables pour notre salut. Les vérités pratiques ou d'action se subdivisent également en deux classes , savoir , celles qui fixent ce que doit faire l'homme, comme être moral appelé à une nouvelle alliance de grâce avec Dieu : ce sont proprement les préceptes de la morale chrétienne; et :

celles qui indiquent la manière dont le chrétien doit exprimer son rapport avec Dieu dans le culte extérieur et se conduire dans la maison de Dieu (I Tim., III, 15) : vérités rituelles ou canoniques, en bien petit nombre du reste dans les livres du Nouveau Testament. De toutes ces vérités révélées, ainsi divisées en quatre catégories, on n'appelle dogme, dans le sens rigoureux du mot, que celles de la première, c'est-à-dire les vérités qui se rapportent à l'essence même de la religion chrétienne, renferment la doctrine ayant pour objet Dieu et son rapport avec le monde et avec l'homme, et déterminent à quoi et comment le chrétien doit croire pour mériter son salut. Comme vérités de la foi, elles se distinguent de toutes les vérités (ou règles ou principes) d'action; et, comme principes de la foi qui sauve, elles se distinguent de toutes celles des vérités de la foi qui sont sans rapport direct avec l'essence de la religion chrétienne et le salut de l'homme.

L'Église n'applique le nom de dogmes, dans le sens rigoureux de cette expression, qu'aux vérités de la foi, pour les distinguer de toutes les vérités de la vie chrétienne : des vérités morales, rituelles et canoniques. On le voit par l'exemple des conciles ecuméniques, qui l'affectèrent exclusivement à leurs décisions en matière de foi, appliquant à leurs décisions en d'autres matières ceux de canons ou gles (1). On le voit aussi par les écrits des saints Pères : de Cyrille dans Alexandrie, par exemple, où nous lisons ; « L'essence de la religion (ou du culte) consiste dans une connaissance exacte des dogmes de la piété et les bonnes ouvres : les dogmes sans les bonnes cuvres ne plaisent point à Dieu; il n'agrée même les cuvres que lorsqu'elles sont fondées

(1) Voy. le Nomocanon ou Livre des règles, etc.

sur les dogmes de la piélé (1). » Ainsi, saint Grégoire de Nysse , d'après ces paroles du Sauveur aux Apôtres : Allez donc enseigner (PLCONTEÚGOTE) toules les nations... i garder tout (inpeîv Távta) ce que je vous ai confié (Matt., XXVIII, 19-20), divise toute la doctrine en deux parties, l'une morale, l'autre dogmatique (eię ndixòy dépos xai zis doyuctov áxpu6elov). Ainsi encore, selon saint Chrysostome, pour être chrétien, il faut aux dogmes de l'orthodoxie joindre une pieuse activité (2). On le voit enfin par nos livres d'office divin, où la qualification de dogmatiques (du mot doyquaTixóv) est donnée aux cantiques en l'honneur de la sainte mère de Dieu, qui contiennent la doctrine de la foi à sa

virginité, à l'incarnation de Notre-Seigneur et à la réunion . de deux natures en sa personne.

On ne donne le nom de dogmes qu'à celles des vérités révélées de la foi, qui, en se rapportant à l'essence même de la religion chrétienne, comme alliance renouvelée entre Dieu et l'homme, renferment proprement la doctrine ayant pour objet Dieu et son rapport avec le monde, avec l'homme surtout, et sont enseignées par l'Église comme étant les principes certains et invariables de la foi qui sauve. Pour preuve de cette idée, il suffira de citer : premièrement , les précis des dogmes orthodoxes, ou les symboles, qui ne contiennent en effet que les vérités ayant pour objet Dieu et son rapport avec le monde, avec l'homme en particulier, ainsi que l'explication que l'Eglise donne de ces symboles dans les catéchismes où nous trouvons précisément la même

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chose; secondement, ce fait incontestable, que, dès son principe, l'Eglise orthodoxe a constamment exclu de son sein, et par conséquent de la participation au salut éternel, tous les individus qui avaient l'audace de rejeter ou d'altérer ses dogmes (1); enfin la doctrine même de l'Eglise touchant la certitude et l'inviolabilité de ses dogmes : « Si quelqu'un, » disent les saints Pères du sixième concile oecuménique, « n’admet pas et ne garde pas les dogmes de la piété, qu'il n'y conforme pas sa façon de voir et sa prédication, mais qu'il s'avise de les combattre, qu'il soit anathème, selon la décision antérieure des saints et bienheureux Pères; qu'il soit exclu et repoussé, comme intrus, de la société des chrétiens. Car, conformément à ce qui a été statué précédemment, nous avons décidé de ne rien ajouter au dogme et de n'en rien retrancher, comme nous ne le pouvions en aucune manière.» (Déc. 1.) Cette inviolabilité et immutabilité des dogmes chrétiens repose sur ce qu'ils ont tous été révélés de Dieu même, et qu'ils nous sont enseignés par l'Eglise, institutrice divine et infaillible.

En conséquence, les dogmes chrétiens, à ne considérer que leur caractère distinctif, dans l'ordre des autres vérités révélées, peuvent se définir encore ainsi : ce sont des vérités qui entrent essentiellement dans le corps de la doctrine religieuse conservée et enseignée par l'Église chrétienne. « Et, par cette raison, la Théologie dogmatique orthodoxe ne sera point autre chose qu'une exposition systématique de la docIrine de la foi orthodo.re. Que si l'on considère en même temps le contenu des dogmes chrétiens, on peut les définir comme suit : « Ce sont des vérités (conservées et enseignées

(1) Voy. le mot Alérésie,- table alphabétique des matières, dressée à la fin de la dernière édition du Livre des règles, etc. (Saint-Pétersb., 1843.)

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