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férer, Dieu seul excepté. Car, préférer à ses enfans celui qu'il serait criminel de placer après eux, c'est encore là aimer avant tout. Qu'y a-t-il donc, de quelle manière prétendons-nous qu'il faille aimer ses enfans? Et de quelle manière, certes , si ce n'est comme Dieu luimême en a ordonné? car l'amour paternel le plus sage, c'est l'amour que nous enseigne celui même qui nous donna les enfans. Et peut-on mieux aimer ses enfans que de les aimer en celui de qui nous les tenons? Quelle mesure et quelle règle Dieu assigne à la tendresse paternelle , je ne le dirai pas, moi; qu'elles parlent elles-mêmes, les pages sacrées qui s'adressent en général à tous les pères leur ordonnant : De faire connaître les prodiges de Dieu à leurs enfans, pour qu'ils mettent en Dieu leur espérance, qu'ils n'oublient pas ses œuvres, et qu'ils gardent ses commande mens. Ailleurs encore: Et vous , pères, ne provoquez point vos enfans à la colère; mais élevez-les , en les corrigeant et les instruisant selon le Seigneur. Vous voyez quelles sont les richesses que Dieu commande aux pères d'amasser pour leurs enfans. Ce ne sont point de vastes trésors; ce ne sont point des sacs gonflés d'un métal précieux, des sacs pesans de richesses, mais plus encore d'iniquités; ce ne sont point des palais superbes, élevés au dessus des maisons voisines; ce ne sont point des toits orgueilleux dont l'œil ne saurait mesurer la hauteur, ni des faites sublimes qui vont porter dans les nues leurs habita ns aériens; ce ne sont point enfin des domaines d'une immense étendue , dont les bornes échappent à la connaissance du possesseur , et qui ne pouvant souffrir d'égaux, procurationis officia curam patrias pietatis extendit. Pauca suntqua e mandat, sed salutaria; expedita, sed sancta; praecepto parva, sed fructu grandia ; scripto brevia, sed beatitudine sempiterna. Parentes enim, inquit, nolite ad indignationem provocare filios vestros, sededucate Mo s in disciplina et correptione Domini: ut ponant scilicet, sicut Propheta dixit, ut ponant in Deo spem suam, et non obliviscantur operum Dei sui, et mandata ejus exquirant. En quales divitias Deus diligit, en quas pignoribus recondi exigit opes, en quas Parari imperat (acultates , fidem scilicet ac timorem Dei, mode5tiam,sanctimoniam, disciplinam; non terrena,non vilia, non pereuntia, non caduca. Praeclara utique. Cum enim Dens vivorum sit, non mortuorum, recte illa parari filiis jussit per quae in aeternum viverent, non per quae in aeternitate morerentur. Nemo enim dubitat omnibus ferme malis et infidelibus divitias mundiales causant mortis magis esse quam \itae, secundum illud quod Deus dicit: Quam difficile ht qui pecunias habent, introibunt in regna cœlorum. Et iterum : Facilius est, inquit, camelum per foramen acus transire quam divitem in regna cœlo rutn (1). Unde et illud est quod specialiter jubet dicens : Nolite thesaurizare vobis thesauros in terra: thesaurizate autem vobis thesauros in cœlo.

(I) Uatth. XIX. 23-34. — Marc. 23 25.

semblent en quelque sorte s'offenser du voisinage. Ce n'est donc point là ce que Dieu commande, il n'étend point la sollicitude de l'amour paternel, jusque* aux devoirs d'une administration servile et terrestre. Les ordres qu'il prescrit sont peu nombreux, mais salutaires; faciles, mais saints; légers en eux-mêmes, mais riches en résultats fructueux; d'une teneur brève et simple, mais qui doivent conduire à une béatitude étemelle. Pères, dit-il, ne provoquez point vos enfans a la colère; mais élevez-les, en les instruisant et les corrigeant selon le Seigneur, pour quils mettent, suivant le langage du prophète , pour qu'ils mettent en Dieu leur espérance, qu'ils n'oublient pas ses œuvres, et qu'ils gardent ses commandemens. Voilà les richesses que Dieu chérit, voilà les biens qu'il ordonne de réserver pour les enfans, voilà le patrimoine qu'il commande de leur préparer, je veux dire, la foi, la crainte de Dieu, la modestie, la sainteté, la régularité des mœurs; rien de terrestre, rien de vil, rien de périssable, rien de caduc. Et c'est là, certes, un magnifique héritage. Car si le Seigneur est le Dieu des vivans et non des morts, c'est avec beaucoup de sagesse qu'il ordonne de préparer aux enfans ce qui peut les faire vivre à jamais, et non ce qui peut leur procurer la mort dans l'éternité. En effet, personne ne doute que des richesses mondaines ne deviennent pour tous les méchans presque et les impies, bien plutôt une cause de mort qu'un principe de vie, suivant ces paroles du Seigneur: Qu'il est difficile que ceux qui ont des richesses, entrent dans le royaume des deux! Et encore : // est plus facile à un cable de passer par le trou d'une aiguille, qu'à Superioribus ac sequentibus dictis duo thesaurorum genera monstrantur, unum scilicet quo filiis ihesaurizent patres, aliud quo sibi. Filiis quomodo? Ut erudiant illos officio ac timore divino. Sibi quomodo? Ut thesaurizent sibi thesauros in cœlo. Mirificescilicet; ut,quiapecunia caduca est, disciplina immortalis, et omnes fere parentes plus amant filios quam seipsos, sibi conferant bona caduca, filiis sempiterna; ac sic et pietati suae consulant et saluti, cum duplici atque immortali bono, et per ea quae aeterna suut aeternos esse filios suos faciant, et ad conquirendam sibi beatitudinem ea quae naturaliter caduca sunt bonis operibus in aeterna convertant. Quid ergo aestuas, paterna pietas? Quid ad conquirenda terrena et peritura dislenderis? Nihil ma jus praestare filiis potes , quam si hoc bonum per te habeant quod nunquam penitus atnittant. Non necesse est ergo ut filio tuo terrenos thesauros recondas. Nulla re eum facies ditiorem, quam si ipsum filium tuum thesaurum Dei feceris.

Quamquam hase licet se ita habeant, etsint vera ac saluberrima, tamen non ita dicam quasi filios bonis et facultatibus paternis penitus excludam.

un riche d'entrer dans le royaume des deux. De là aussi ce précepte spécial qu'il nous impose, quand il dit: N'amassez pas des trésors sur la terre, mais amassez des trésors dans le ciel. Par ces paroles et par ce que nous ajouterons plus tard, on voit qu'il faut distinguer deux espèces de trésors; les uns que les pères doivent amasser pour leurs enfans, les autres qu'ils doivent amasser pour eux-mêmes. Comment pour leurs enfans? En leur enseignant la crainte de Dieu et les devoirs envers la divinité. Comment pour eux ? En amassant des trésors pour le ciel. Disposition merveilleuse! comme l'argent est une chose périssable, comme la bonne discipline est immortelle , et que presque tous les pères aiment leurs fils plus qu'eux-mêmes, tout en amassant des biens caducs, ils en procurent d'éternels à leurs fils; et ainsi, tout en obéissant à l'impulsion de la tendresse paternelle, ils travaillent encore à leur propre salut, car, par des biens éternels, ils assurent l'immortalité à leurs enfans, et les bonnes œuvres convertissant en biens éternels les biens caducs et fragiles, leur procurent, à eux, les béatitudes célestes. Pourquoi donc tant d'empressement, amour paternel ? Pourquoi te fatigues-tu à rechercher des biens terrestres et périssables? Le plus grand bien que tu puisses procurer à tes enfans, c'est celui qui ne pourra jamais leur être enlevé. Il n'est donc pas nécessaire d'entasser pour ton fils les trésors de la terre; tu ne saurais mieux l'enrichir qu'en le faisant lui-même le trésor de Dieu.

Au reste, quelque vraies, quelque salutaires que soient ces maximes, je ne veux point dire toutefois qu'il faille exclure les enfans des biens et de l'héritage

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