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derait avec la volonté du Christ, et ceux qui auraient été préférés par le choix du Seigneur le seraient aussi par les égards'de leurs parens. Mais, loin d'en agir d'après ces principes, on se conduit d'une manière toute différente ; car, on préfère ceux qui sont purs à ceux qui sont souillés, ceux qui sont impies à ceux qui sont fidèles; on préfère les ténèbres à la lumière, on préfère la terre au ciel, on préfère le monde à Dieu, et de tels parens s'imaginent, après un si injuste partage, pouvoir échapper au jugement de Dieu, quand ils foulent aux pieds son culte et ses grandeurs, par l'indigne partialité de leur jugement.

Les parens vont répondre peut-être qu'ils ne font point cela par mépris pour Dieu, mais fondés sur de sages motifs et sur la raison. A qui, dira-t-on, des religieux qui n'ont point d'enfans, peuvent-ils laisser leur patrimoine? A qui ! je vais vous le dire. Et je ne vous indiquerai, comme je l'ai fait plus haut, ni les pauvres de Dieu, ni des étrangers, ni des inconnus, pour ne point sembler dur et inhumain. Je vous désignerai des hommes qui vous sont chers, et que vous avez raison , vous, chef d'une nombreuse famille, de préférer à vos enfans. C'est de vous, parens infidèles, de vous que nous parlons. Peut-il se trouver quelque chose qui vous touche de plus près, qui vous soit plus cher que vous-mêmes? C'est votre ame, votre salut, votre espérance que nous recommandons à chacun de vous. Et vous vantez votre tendresse paternelle, parce que vous aimez vos enfans? Rien de plus dur, rien de plus inhumain , rien d'aussi féroce, rien d'aussi insensible que vous, puisqu'on ne peut obtenir que vous cris,pellem propelle et cuncta quœ habet horno dabit pro anima sua (1). Dilectissimam esse animam suam homini etiam diabolus non negavit; et qui avertere omnino cunctos ab affectu animarum suarum nititur, idem tamen carissimas esse debere eu neti s suas animas confitetur. Quis ergo furor est viles a vobis animas vestras haberi, quas etiam diabolus putat esse pretiosas? Quis furor est viles a vobis haberi quas etiam ille caras vobis debere esse dicit, qui viles facere conatur? Ac per hoc quicumque animas suas negligunt, etiam infra judicium diaboli se amant. Quae cum ita sint; videte vos, qui putatis religiosos homines non habere quibus relinquant substantiam suam, videte vel juxta diaboli opinionem, vide si non habent. qui seipsos habent.

Sufficere quidem ad hauc negotii portionem, de qua nunc agitur, haec quae jam diximus satis arbitror, id est, quod praeponere vitam, spem, salutemque vestram cunctis omnino rebus atque affectibus debeatis. Sed ostendi id vobis fprsitan non solis virtutibus rerum, sed etiam auetoritatibus exemplorum desideratis. Possim quidem dicere majora exemplis omnibus Dei esse mandata clamantia quotidie in omni mundo: Nolite thesaurizare vobis thesauros in terra; the

(1) Toi. II. 4.

vous aimiez vous-mêmes. L'homme donnera- pour son ame , dit le démon dans les saintes Ecritures, peau pour peau, et tout ce qu'il possède. Or, le démon ne nie pas, lui, que rien ne doit être plus cher aux hommes que leurs ames, et, même en s'efforçant de détruire en eux l'affection pour ces ames, il ne laisse pas d'avouer qu'elles doivent leur être précieuses. Quelle fureur de faire si peu de cas de ces ames , auxquelles le démon attache le plus grand prix? Quelle fureur de faire si peu de cas de ces ames, quand le démon vous dit qu'elles doivent vous être chères , lui qui s'efforce de les avilir à vos yeux ? Et par-là , quiconque néglige son ame se place dans sa pensée moins haut qu'il ne l'est dans l'estime du diable. Puisqu'il en est ainsi, voyez donc, vous qui prétendez que des religieux n'ont personne à qui laisser leur patrimoine, voyez donc si, au jugement même du démon, ils peuvent manquer d'héritiers, ceux qui en trouvent en eux-mêmes.

C'est bien assez, je pense, pour le sujet dont il s'agit maintenant, de ce que nous avons avancé déja, c'est-à-dire, que vous devez préférer à tous vos biens, à toutes vos affections, votre vie, votre espérance et votre salut. Vous désirez peut-être que cela vous soit démontré, non-seulement par la force des preuves, mais encore par l'autorité des exemples? Je pourrais dire sans doute, que les préceptes de Dieu sont bien au dessus de tous les exemples, eux qui ne cessent de crier chaque jour dans l'univers : N'amassez pas des trésors sur la terre, — mais amassez des trésors dans le ciel. Et ailleurs : L'homme recueillera ce qu'il aura semé. Certes, ces paroles s'appliquent également aux gens du monde saurizale autem vobis thesauros in cœlo (1). Et alibi: Quœcumque homo seminaverit, hœc et metet (2). Quae utique tam ad mundi hommes quam ad Dei, tam ad eos qui filios habent quam ad eos qui non habent, aeque pertinent; quia, cum vitam aeternam cuncti desiderent possidere , non est dubium, ubi par universorum votum est ad habendum, parem esse curam omnibus ad promerendum, nec interesse ad augendam divinorum verborum auctoritatem, impleant ea hommines, an non impleant; quia virtutem eorum ex domini certum est constarc persona, non ex servorum obedientia, nec addi eis, nec decedere aliquid per nos potest, quorum honor per auctorem Deum semper aequalis est. Sed tamen si adjuvari se bominum etiam exemplis humana optat infirmitas, scilicet quo facilius etiam ipsa nunc faciat quae alios fecisse ante cognoscat, oslendimus primo libro haec quae etiam nunc ab aliquantis Christi imitatoribus fiunt, non mediocriter, sed abundanter, nec a paucissimis, sed a populis, nec ab antiquissimis, sed pene a recentissimis nuper esse completa. Quid enim novi et adhuc prope in oculis constituti Aposlolorum actus loquuntur? Omnes autem qui credebant, habebant in unum omnia communia (3). Et ite

(1) M«tth. XL 19-20.

(2) Gai . VI. 8.

(3) Ad. II. 44.

et aux hommes de Dieu , à ceux qui ont des enfans et à ceux qui n'en ont pas; car, si tous désirent posséder la vie éternelle, assurément tous doivent mettre le même soin à la mériter, puisqu'elle est l'objet de leurs vœux, à eux tous. Il n'importe guère pour l'autorité des divines paroles, que les hommes les accomplissent ou ne les accomplissent pas; car il est constant que leur vertu dérive de la personne du maître et non de l'obéissance des serviteurs; nous ne pouvons ni ajouter ni retrancher à des choses qui gardent toujours une gloire égale, parce qu'elles ont Dieu pour auteur. Si néanmoins la faiblesse humaine veut s'appuyer d'exemples, pour accomplir plus facilement ce qu'elle sait bien que d'autres accomplirent avant elle, nous l'avons démontré dans Je premier livre, les choses que pratiquent encore aujourd'hui quelques imitateurs du Christ ont été pratiquées aussi, non point superficiellement, mais largement ; non point par un petit nombre de fidèles, mais par des peuples entiers, non point par les hommes d'un âge reculé, mais par ceux de nos jours en quelque sorte. Que disent, en effet, les actes des Apôtres dont les faits sont nouveaux encore, et placés pour ainsi dire sous nos yeux? Tous ceux qui croyaient avaient toutes choses en commun. Et encore: Une grande grâce était en tous. Et nul n'était pauvre parmi eux ,, car, tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient et apportaient le prix de ce qui était vendu. Et ils le déposaient aux pieds des Apôtres. Et ailleurs : Nul ne considérait comme à lui rien de ce qu'il possedait. Et ce n'est pas d'un petit nombre de croyans que parle l'Ecriture, de peur que l'autorité des paroles

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