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ambo filii vestri aequaliter rei simus, plus tamen unusquisque nostrum pro altero quam pro se timet. Parentes carissimi, parentes reverendissimi, interrogari vos, quaesumus, liceat. Ita possunt pignora sic amantia non amari? Quid tantum mali commeruimus, vel affectus dilectissimi, vel domini reverendissimi, ut nobis nec tanquam filiis reddatur gratia, nec tanquam famulis remittatur offensa ? Septimus jam ferme annus est ex quo nulla ad nos tam longe a vobis sitos scripta misistis. Nullis pene in Deum delinquentibus tam longum lugendi tempus imponitur;

scilicet ut patris motus non detrimenta amoris sint, sed profectus, cum quantum coercitio attulerit unius correctioni, tantum correctio reddat mutuae caritati. Quanquam lioc illos magis parentes facere conveniat qui de nonnullis negotiis veras irascendi filiis causas habent. Tu autem quid succenses, qui ex quo Christianus factus es, etiam falsas habere desiisti? Esto euim, conversiunculam nostram paganus quondam non aequanimiter acceperis. Ferendatunc fuit, ex dissimilitudine studiorum, etiam discrepantia voluntatum ; quando nobis, etsi amor non succensebat, superstitio tamen adversabatur. Nam licet pater non odisset filium, error tamen oderat veritatem. Nunc longe aliud est. Ex quo Dei cultum professus es, pro me pronuntiasti. Si prael'un de nous étant regardé comme coupable, l'autre aussi ne peut s'empêcher d'éprouver de la tristesse en pensant à sa faute. Ce qui nous fait rivaliser de crainte, c'est qu'étant tous deux également regardés comme coupables, chacun de nous appréhende néanmoins beaucoup plus pour l'autre que pour lui-même. Parens chéris, parens vénérables, souffrez, de grâce, que nous vous interrogions. Des enfans si aimans, peuvent-ils donc n'être pas aimés ? Quelle si forte disgrâce avonsnous encourue, parens bien-aimés, maîtres vénérables, que vous ne nous rendiez pas vos amitiés comme à des enfans, que vous ne nous pardonniez pas une offense comme à des serviteurs? Voilà presque la septième année que, jetés si loin de vous, nous n'avons reçu de vous aucune lettre. Jamais peut-être pour aucun délit envers Dieu on n'impose la nécessité de pleurer

si long-temps —

La sévérité paternelle , loin d'être de nature à diminuer l'affection filiale, ne doit au contraire que l'augmenter encore; les réprimandes doivent entretenir l'amour et de celui qui reprend et de celui qui est repris. C'est aur pères qui ont de justes raisons de s'irriter contre leurs enfans, de conquérir cet accroissement d'affection. Mais vous, Ypatius , pourquoi votre colère, vous qui, en devenant chrétien, avez cessé d'avoir même de faux motifs de courroux? Que notre conversion vous ait irrité, lorsque vous étiez encore païen, nous n'en avons pas été surpris; la dissimilitude de goût dut faire supporter alors la différence de volontés. S'il n'y avait pas refroidissement du côté de l'amour, toujours y avait-il éloignement du côté de teritas irarum causas exsequeris, imputa tibi , qui Christiano filiam tuam dedisti. Si id non est, quid mihi irasceris quia eam nunc in me religionem augere cupio, quam tu in te probare cœpisti? Cur, rogo, in me non diligas quod es, qui in te quod eras ipse damnasti ? Sed paicendum paululum verbis est, quia etiam in bona causa humilis esse, in quantum res sinit, filii, apud parentes debet oratio. Indulgete, affectus carissimi; liberiorem me esse paululo in negotio suo Dei affectus facit. Si qua e sunt vobis aliae succensendi causae, peccare me potuisse non abnego. In hoc vero quia ideo succensetis quia Christum amare videor, ignoscite quod dicturus sum. Peto quidem veniam, quia irascimini; sed non possum dicere malum esse quod feci.

Haec igitur apud vos meo nomine, et quasi peculiari prece. Nunc tu, o dilectissima ac venerabilissima soror, (qua e mihi tanto carior es quam prius, quanto plus a suis affectus convenit dHigi in quibus seipsum Christus fecerit amari) fungere partibus tuis simul meisque. Ora tu, ut ego impetrem. Tu postula, ut uterque vincamus.

la superstition. Car, si le père ne haïssait pas le fils, l'erreur néanmoins haïssait la vérité. Aujourd'hui, il en est hien autrement. Depuis que vous avez embrassé le culte de Dieu, vous avez prononcé en ma faveur. Si vous persistez dans vos anciens motifs de colère, la faute en soit à vous, qui avez donné votre fille à un Chrétien. Dans le cas contraire, pourquoi vous fâcher contre moi, si je cherche à perfectionner en mon cœur une religion que vous avez déjà commencé d'approuver en vous-même? Pourquoi, je vous le demande, n'aimezvous point en moi ce que vous êtes, vous qui avez condamné en votre personne ce que vous étiez. Mais il faut quelque peu modérer mes paroles, car, même dans une bonne cause, le langage des fils à leurs pères doit être, autant que possible, soumis et respectueux. Pardonnez, tendres objets de mon affection; le zèle pour la gloire du Seigneur me donne plus de hardiesse dans une cause qui est la sienne. Avez-vous d'autres motifs de plainte, je suis loin de dire que je n'ai pu vous offenser; mais à présent que votre colère vient de ce que je parais aimer le Christ, pardonnez ce que je vais dire. Je réclame , à la vérité, votre indulgence, parce que vous êtes irrités, mais je ne puis avouer que c'est mal, ce que j'ai fait.

Voilà donc ce que je vous dis en mon nom, voilà les prières que je vous adresse pour moi. Toi maintenant , ô tendre et vénérable sœur, ( toi qui m'es d'autant plus chère aujourd'hui, que nous devons une tendresse plus affectueuse à ceux en qui le Christ a su se faire aimer ) remplis ton rôle et le mien. Prie, toi, afin que j'obtienne; demande, toi, afin que tous Osculare, quia absens labiis non vales, saltem obsecratione pedes parentum tuorum quasi ancilla, manus quasi alumna, ora quasi filia. Ne trepidaveris, ne timueris, bonos judices babemus, affectas ipse pro te orat, natura ipsa tibi postulat, suffragia causae tuae in tuorum mentibus babes: cito adnuunt qui suo ipsi amore superantur. Obsecra ergo, et supplex dicito: Quid feci, quid commerui ? ignoscite quidquid illud est; veniam peto, etsi delictum nescio; nunquam vos, ut ipsi scitis, inofïiciositate aut contumacia offendi, nunquam verbo asperiore laesi, nunquam vultu proterviore violavi; a vobis sum viro tradita, a vobis conjugi mancipata. Teneo, ni fallor, mandata vestra, baeret sensibus meis sanctum piae praeceptionis arcanum; morigeram me, ut puto, ante omnia viro esse jussistis; vestrae voluntati obsecuta sum, vestrae jussioni obtemperavi; illi in omnibus parui cui me parere voluistis. Invitavit me ad religionem, invitavit ad castitatem. Date veniam, turpe credidi reluctari, res mihi verecunda, res pudens, res sancta visa est. Fateor, cum de tali negotio mecum ageret, erubui quod non ante cœpissem. Hue accessit etiam reverentia Christi et affectus; honeste me facere credidi quidquid Dei amore fecissem.

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