Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

« Gète; épuisé qu'il était, détins ne pouvait plus rien, ni par « les prières, ni par l'or, ni par les armes; Liiorius une fois « captif, nos contrées étaient ouvertes aux invasions; étendre « ses frontières jusque s au Rhône , c'était le dessein arrêté de « Théodoric, et pour cela, il n'était pas besoin aux Gètes de « ■ combattre, ils n'avaient qu'à marcher en avant. Le vainqueur « farouche redouble de courroux, il s'irrite d'avoir senti sous « ses murs les phalanges de Scythie, et rien ne lui pèse, rien « ne sera vengé comme son épouvante, si par hasard la victoire << lui échoit. Quand il ne reste plus aucune ressource, que Rome « n'attend plus rien de ses capitaines, vous faites revivre les « traités, 6 Avitus, et la lecture d'une page de votre main, « sarme un prince irrité (1). Véritablement la paix fut faite « la même année, c'est-à-dire , dès 439.

« Mais j'aime mieux en croire Prosper que Sidonius, sur « l'état où se trouvèrent les Gaules après le désastre de « Litorius. Sidonius écrit ce qu'on vient de lire dans un « panégyrique, et encore dans un Panégyrique en vers qu'il « composait pour louer son compatriote, son beau-père et « son empereur. Nous ne savons point que Prosper ait eu « aucun motif d'altérer la vérité. Voici sa narration : La paix

(1) Et capnt hoc libimet solitis defessa ruiois
Galba suspiciens, Getica pallebat ab ira.
Nil prece, nil pretio, nil milite fractus agebat
Aetius; capto terrarum damna potebant
Litorio; in Rhodanum proprios producere fines
Theudoridœ iixum, nec erat pugnare necesse,
Sed migrare Getis; rabidam trux asperat iram
Victor, quod sensit Scytbicum pro mœnibus hostem
Imputat, et nihil est gravius, si forsitan unquam
Vincere contingat, trepida. Postquam undique nullum
Praesidium, ducibusque tais nil, Roma, relictum est,
Fasdus, Avite, novas; sœvum tua pagina regem
l.ecta domat

Sillon., Paneg. Ariti.

« fut faite avec les Goths, lorsque , après Vexpérience d'un « combat douteux, ils la demandaient d'une manière encore « plus soumise qu'auparavant (1). Joraandès dit, en parlant « de ce même évènement : On revint aux anciens traités; «■ après qu'une alliance eût été stipulée de part et d'autre, « qu'une paix sincère eût été conclue, les deux armées se reti« rèrent (2). En effet, nous avons vu qu'une partie des troupes « de Litorius avait battu les ennemis qu'elle avait en tête, « et que si ce général fut pris, ce fut apparemment parce « que le corps où il combattait en personne eut le malheur « d'être rompu. Il lui était arrivé une disgrâce à-peu-près « semblable à celle qui arriva au connétable Anne de Mont"morency, à la bataille de Dreux. Ce général fut pris, mais « cela n'empêcha point l'armée qu'il commandait de battre « l'ennemi. Il fallait bien que l'armée romaine n'eût point « été entièrement défaite, puisque Jornandès dit qu'elle ne « rentra dans ses quartiers qu'après la conclusion de la paix. » Dubos, Hist. crit. de la Monarchie franc., tom. I, pag. 303-310.

Page 40. — ligne 3.

Lomga Tempore. — Idace, dans sa Chronique, dit précisément le contraire : « Bello Gothico sub Thadonico rege apud « Tolosam, Litorius Romanus dux, inconsultius cum auxiliari « Hunorum manu irruens, caesis his, ipse vulneratus capitur, « et postdies paucos occiditur.» Vide Opera Sirmondi, tom. II, pag. 301.

(1) Pax cum Gothii facta, cum eam, post ancipitis pugna experimentum, humilius quam antea proposassent. Prosp. Eut, ad ann. 439.

(1) In pristinam concordiam redierunt, faedereque firmato ab alterutro, fîda pace peracta, recessit uterque exercitus. Jornandès, De. rebus Getieii.

Page 40. — Ligne 20.

Non Dissimiliter Apud Vvandalos. — « Castinus Magister militum cum magna manu, et auxiliis Gothorum, bellum in Batica Vvandalis infert; quos cum ad inopiam vi obsidionis artaret, adeo ut se tradere jam pararent, inconsulte publico certamine confligens, auxiliorum fraude deceptus, ad Tarraconam victus effugit. » Idatii Chronic., pag. 299

Page 48. — Ligne 14.

Aoi Enim Se Divino Jussu. — « Mais il faut tousiours eu venir-là: Il est tres-vray qu'il y a quelque chose de diuin; Disons dauantage, il n'y a rien que de diuin dans les maladies qui trauaillent les Estais. Ces dispositions et ces humeurs , dont nous venons de parler; cette lièvre chaude de rebellion, cette létargie de seruitude viennent de plus haut qu'on ne s'imagine. Dieu est le poète et les hommes ne sont que les acteurs : Ces grandes pieces qui se ioùent sur la terre ont esté composées dans le Ciel, et c'est souvent un Faquin qui en doit estre l'Atrée ou l'Agamemnon; quand la Prouidence a quelque dessein, il ne luy importe gueres de quels instrumens et de quels moyens elle se serve. Entre ses mains tout est Foudre, tout est Tempeste, tout est Deluge, tout est Alexandre, tout est Cesar : elle peut faire par vn Enfant, par vn Nain , par vn Eunuque, ce qu'elle a fait par les Gcans, et par les Heros, par les Hommes extraordinaires.

« Dieu dit luy-mesme de ces gens-là, Qu'il Les Envoyé.

EN SA COLEBE, ET QU'lLS SONT LES VERGES DE SA FVREOR

Mais ne prenez pas icy l'vn pour l'autre. Les verges ne « piquent ni ne mordent d'elles-mesmes, ne frappent ni ne « blessent toutes seules. C'est l'eriuoy, c'est la colere, c'est « la fureur, qui rendent les verges terribles et redoutables. « Cette main inuisible, ce bras qui ne paroist pas, donnent « les coups que le monde sent. Il y a bien ie ne sçay quelle « hardiesse, qui menace de la part de l'homme, mais la force « qui accable, est toute de Dieu. » Balzac, Socrate chrestien, pag. 140-142. edit. d'Augustin Covrbe, Paris, 1652.

— « Enfin, les temps étant venus, dans un coin de la Judée, « naîtra vers l'Orient, où naît le jour, et montera sur l'ho« rizon romain, Christ, ce soleil de la civilisation, dont les « rayons religieux séparent l'âge antique de l'âge moderne, « et dont la lumière brille trois siècles, avant d'éclairer « Constantin.

« Mais , comme un pareil empire est trop vaste pour « équilibrer long-temps sous le sceptre d'un seul homme, « il échappera aux mains mourantes de Théodose-le-Grand, « se brisera en deux morceaux, et ira, roulant de chaque « côté de son cerceuil, former, sous les trônes d'Arcadius « et d'Honorius, le double empire chrétien d'Orient et « d'Occident.

« Cependant ces torrens de nations qui s'étaient jetés dans « le grand fleuve romain y avaient charrié plus de limon « que d'eau pure : l'empire, en héritant de la science des « peuples, avait aussi hérité de leurs vices. La corruption « était entrée dans les cours, la débauche dans les villes, 'la mollesse dans les camps : les hommes suaient sous le

i poids de manteaux si légers que le vent les soulevaiti Les femmes passaient leurs journées aux bains et en sori taient voilées pour entrer dans des maisons'perduts. Les

i soldats, sans cuirasses, couchés sons des tentes peintes, < buvaient dans des coupes plus lourdes que leurs épées:

tout était devenu vénal. Conscience des citoyens, faveurs « des épouses, service des guerriers. Or, une nation est bien

« près de sa perte, lorsque ses dieux lares sont des statues

« d'or.

« La morale jeune et pure de l'Evangile n'était donc plus

« en harmonie avec ce monde usé et corrompu. La race

« primitive, arrivée au sacrilège, avait été détruite par les

« eaux; la race secondaire, arrivée à la corruption, devait

« être épurée par le fer et par le feu.

« Alors voici tout-à-coup que du fond de contrées incon

« nues, au Nord, à l'Orient, au Midi se lèvent avec un grand

« bruit d'armes les hordes innombrables de Barbares, qui

« se ruent à travers le monde, les uns à pied, les autres à

« cheval, ceux-ci sur des chameaux, ceux-là sur des chars

« traînés par des cerfs (1). Les fleuves les charrient sur leurs

« boucliers (2), la mer les apporte sur des barques, ils vont

« chassant devant eux les populations avec le fer et l'épée,

« comme le berger les troupeaux avec le bois de la hou

« lette , et renversent nation sur nation , comme si la voix

« de Dieu avait dit : Je mêlerai les peuples du monde

« comme l'ouragan mêle la poussière de la terre, afin que

» de leur choc les étincelles de la foi chrétienne jaillissent

« sur toutes les parties du globe, afin que les temps et les

« souvenirs anciens soient abolis, afin que toutes choses

« soient faites nouvelles.

« Cependant il y aura de l'ordre dans la destruction, car

« de ce chaos sortira un nouveau monde. Chacun aura sa

« part de dévastation, car Dieu a marqué à chacun la tâche

« qu'il aura à remplir, comme le fermier marque aux mois

« sonneurs les champs qu'ils auront à faucher.

(1) Fuit alius quatuor cervis junclus, qui fuisse dicitur regis gothorum. Vopiscus in vila Aureliani.

(2) Enatantes super parma positi ammem, in ulteriorem egressi sunt ripam. Greg. Tur.

« ZurückWeiter »