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sement violé les formes de la justice, les règles de l'équité, les droits de l'humanité. Vous ne vous êtes point arrêté là : vous nous avez démontré, en soumettant le proconsul et ses victimes à la même épreuve, en face de la mort, que le vrai courage est toujours du côté de la vertu. — Quel contraste, en effet ! L'un cherche, à l'aide de liqueurs alcooliques, à se donner une fermeté factice qui lui fait défaut, au point que l'on est obligé de le transporter demi mort au lieu du supplice.... et voici une faible femme, la veuve Bataille, qui, puisant son énergie et sa sérénité dans son innocence et dans notre sainte religion, rassure, encourage ses amies du fond de son cachot. — «Ne craignez pas un pareil sort, leur » écrit-elle, il est doux de mourir pour celui qui est mort » pour nous. »

C'est ainsi que, par un hommage tardif, mais éclatant, de tables de proscription, vous avez fait un tableau d'honneur; en même temps que vous stigmatisiez, avec une généreuse indignation, les instruments de cette tyrannie sanguinaire, pour que nul ne fût tenté de les imiter dans l'avenir....

Un tel résultat serait déjà à vos yeux, comme aux nôtres, un digne prix pour vos travaux.

Une autre thèse est devenue, depuis, l'objet de vos méditations. Suivant une opinion populaire, adoptée par plusieurs écrivains, les époques fatales dans l'histoire de l'humanité, pourraient et devraient être personnifiées, par les hommes qui ont été les agents ostensibles de ces crises sociales, sans tenir comple, à leur décharge, des entrainements de leur temps. – Devenus les boucs émissaires de la haine publique, ils sont peints à la pos

térité comme des monstres, monstres nes, n'ayant, en quelque sorte, jamais appartenu à la race humaine.

Adopter ces exagérations, n'est-ce point, à la fois, méconnaitre la dignité et la liberté de l'homme, et calomnier la sagesse et la bonté de la Providence ?

Le sage de l'Ecriture déclare qu'il a reconnu que Dieu a créé l'homme droit. — Solummodo hoc inveni, quod fecerit Deus hominem rectum, ch. vii.

Vous inspirant de cette parole divine, vous vous êtes imposé la tâche de prouver que de tels hommes célèbres, dont la carrière tout entière avait été enveloppée sous la réprobation de leur rôle politique, n'avaient point été voués fatalement au mal, dès leur naissance; qu'ils avaient pu se montrer sensibles aux charmes de la poésie, susceptibles d'urbanité dans les relations de la société; capables mème de goûter et d'inspirer les douceurs de l'amitié; que s'ils avaient plus tard abjuré ces sentiments, ce n'était, ni leur nature, ni leur patrie qu'il fallait en accuser, mais la funeste influence du fanatisme et de l'orgueil. La lutte contre nos passions nous est imposée à tous; en triompher, est la condition indispensable du perfectionnement moral; s'y asservir, à mesure que l'on s'élève au-dessus de sa sphère naturelle, c'est s'exposer à cette dégradation peinte, en traits saisissants et prophétiques, par Bossuet : « Plus on sort de la dépendance, plus on rend ses passions indomptables... les grandes prospérités nous aveuglent, nous transportent, nous égarent, nous font oublier Dieu et nous-mêmes... de , naissent des monstres de crimes (C)...

(1) Sermon du 4e dimanche de Carême. - Oraison funèbre de Marie-Thérèse, d'Autriche.

mais c'est assez nous étendre sur ces temps et sur ces hommes.

Pour vous, Monsieur, continuez à exploiter la veine féconde et patriotique de l'histoire locale, et perinetteznous de signaler à votre attention une page qui semble vous avoir été réservée, à raison mème de votre titre de jurisconsulte – il vous appartiendrait de publier les glorieuses annales de ce conseil d'Artois, qui, pendant plus de deux siècles et demi, rendit, avec autant d'impartialité que d'indépendance, la justice à nos pères; les défendant, contre les abus du fisc, les usurpations du pouvoir; n'hésitant jamais, lorsqu'il s'agissait de prendre une courageuse initiative, pour revendiquer nos vieilles libertés, nos antiques priviléges, qu'on ne put détruire, qu'en le détruisant lui-même. Une telle cuvre nous paraitrait digne de votre talent — en justifiant de plus en plus le choix de l'Académie et les espérances qu'elle fonde sur votre actif concours, elle vous ferait acquérir de nouveaux droits à l'estime et à la reconnaissance de vos compatriotes.

DISCOURS DE RÉCEPTION DE M. BOULANGĖ

merbre résidant.

MESSIEURS,

Une place était vacante dans vos rangs, celle du spirituel et charmant causeur des conférences de la salle des Concerts. M. Wicquot , dont la parole élégante et sympathique vous donnait, l'année dernière, dans cette enceinte, une appréciation si fine et si délicate du concours de poésie, venait d'être appelé à des fonctions plus importantes que celles qu'il occupait à Arras. Vous avez bien voulu songer à moi, à peine arrivé dans vos murs, à moi qui, absorbé jusqu'ici par les exigences d'un service important comme le sont tous les services dans ce beau et riche département du Pas-de-Calais, ne vous ai encore présenté aucun travail. Merci, Messieurs, de ce cordial accueil. Je sens mon impuissance à remplacer auprès de vous M. Wicquot, ma reconnaissance n'en est que plus grande.

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