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Suivre d'un long regard la troupe fugitive :

Puis, dans les plis de l'horizon,
Quand tout eut disparu, jusqu'à la dernière aile,
Rentrer calme et sloïque au fond de sa prison.
Or, ému de pitié pour la pauvre hiron:delle,

Et sachant que le ciel bénit
L'homme compalissant qui donne avec tendresse

A l'indigent dans sa vieillesse,
Au nouveau-né dans sa faiblesse,
A l'oiseau mourant dans son nid;

J'ouvrais la rustique croisée
Et je glissais, sans bruit, quelques miettes de pain

Que l'hirondelle délaissée Recevait chaque jour de l'invisible main. Un bon père aurait-il plus d'égards pour sa fille ? Et je n'étais pas seul à lui porter secours : Ma compagne avec moi sauve-garda ses jours :

Bref, elle était de la famille ! Mes fils de leurs gâteaux lui donnaient la moitié. – Hélas ! si l'homme est bon, l'hiver est sans pitié !

Aux êtres sans abri que la nuit est fatale !
Un matin de Janvier, devançant mon réveil,
Comme je préparais l'agape matinale,
Tremblant que l'ouragan n'eût troublé son sommeil,
Je vis quelques duvels et quelques brins de paille,
Débris infortunés, follant sur la maraille
Vu le couple naguère adossait sa cloison,
Et plus bas, dans ma cour, sur le seuil de la porte,
Mon amie étendue, inanimée et morte,

Sur les restes de sa maison.

.

J'ai cru que ce martyr du foyer domestique,
Assez grand pour passer à la postérité,
Offrirait au présent un exemple pratique.

Dans ce siècle inconstant el toujours agité,
Si la voix du plaisir ou des grandeurs l’invile,
Apostat du loyer, l'homme cosmopolite
Déserte sans regrets les champs ou la cité.
Dans des lieux inconnus la fortune l'engage,
Et vers le toit désert, son ingrat souvenir,
A moins que le malheur ne l'arrête en voyage,

Ne songe plus à revenir.

Heureux qui peut se dire, imitant l'hirondelle :
« Lorsque de mon destin le terme aura sonné,
» Je veux, je veux revoir la maison paternelle,
» El, cachant pour toujours ma lèle sous mon aile,

« Mourir aux lieux où je suis né! »

LAURÉATS DES CONCOURS DE 1867.

MÉMOIRES HORS CONCOURS.

MÉDAILLE D'OR DE 300 F. M. Boutiot, membre résidant de la Société Académique de l'Aube,

à Troyes, pour son étude sur la Coopération de la Champagne au repeuplement de la ville de Franchise (Arras).

CONCOURS DE POÉSIE. MENTION HONORABLE CONSTATÉE PAR UNE MÉDAILLE. M BOULANGER, de Cambrai, demeurant à Roubaix, pour la pièce

de vers intitulée : La dernière Hirondelle.

NOTICE NÉCROLOGIQUE

Stis

M. C'DUTILLEUX

Membre honoraire de l'Académie d'Arras

per

M. CONSTANT LE GENTIL

membre résidant.

MESSIEURS,

En choisissant, pour parler ici de Dutilleux, l'un de ceux, qui, parmi vous, l'ont le plus connu et partant le plus aimé — car le connaitre et l'aimer était tout un — vous avez voulu, sans doute, demander au sentiment l'eloge de l'homme qui, indépendamment de ses autres mérites, se distinguait avant tout par le sentiment si délicat et si supérieur que respirait sa personne et que traduisaient ses œuvres.

Si, pour répondre à cette attente, il suffisait de sentir, peut être ne serait-elle pas trop déçue : mais il faut exprimer encore, et là nous nous trouvons très au-dessous de la tâche. L'heureux privilége, en effet, de faire passer, chez les autres, les mouvements de notre âme, est trop rare pour que nous songions à y prétendre. Vous daignerez donc, nous l'espérons, vous rappelant par la penséc la figure que nous allons tâcher de reproduire, suppléer indulgemment à tout ce qui manquerait à notre pâle esquisse, pour s'élever à la hauteur d'un portrait et rendre le mo lėle.

PREMIÈRE PARTIE.

Dernier venu d'une famille de sept enfants, HenriJOSEPu-CONSTANT DUTILLEUX, naquit à Douai le 5 octobre 1807.

Ce ne fut pas certes par la porte d'ivoire, et salué de bien rian ts auspices, qu'il franchit le seuil de cette vie dont il devait, hélas ! sortir d'une manière si fatale et si prematurée. Son père, que la peste vint enlever à Breda, où il exerçait les fonctions de directeur des hôpitaux militaires, et sa mère, qui peu après rejoignit dans la forbe celui dont elle portait le deuil, en firent, à l'âge de trois ans et demi, un pauvre petit orphelin, qu'heureusement recueillit son cousin et parrain, M. Dutilleux, nolaire à Douai, qui, à partir de cette époque, le traita comme un enfant adoptif.

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