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· Comme écrivain, il tint un rang distingué parmi ses collègues dans l'épiscopat, et même parmi les auteurs profanes de l'époque actuelle. On peut trouver ailleurs plus de profondeur, plus de verve, plus d'entrain, plus de variété, mais nulle part on ne rencontre plus de pureté ni plus d'élégance de style unies à plus de simplicité. Et remarquez que cette simplicité, qui permet de saisir sa pensée sans effort, ne touche jamais au vulgaire. Chez lui tout est convenable, tout est noble, tout plaît, parce que tout est limpide et lumineux. Pas de néologisme, pas d'expressions recherchées, pas de mots sonores, pas de phrases à effet, pas de gène ni de violence dans les allures.

Peut-être certaines formules reviennent-elles de temps en temps dans la suite du discours, de sorte qu'on a pu dire que dans l'évêque on reconnait le professeur de rhétorique. Si c'est un défaut, il se conçoit et se pardonne facilement dans celui qui devait revenir si souvent sur les mêmes sujets, et les mettre à la portée de tous les lecteurs.

Ce style toujours soigné, toujours agréable, Monseigneur ne l'a pas seulement dans ses longs ouvrages, mais dans ses plus petits mandements, et jusque dans ses lettres à ses prêtres, où la plume du vénérable évèque, sans rien perdre de ses qualités brillantes, a quelque chose de plus doux et de plus touchant.

Le style est beaucoup, mais à lui seul il ne constitue pas l'écrivain de mérite. Il faut y joindre la richesse du fonds, la justesse des pensées, la sagesse des aperçus, l'à-propos des sujets, la vérité des considérations et l'intérêt des détails. Or, toutes ces qualités se retrouvent à un haut degré dans la plupart des écrits de Monseigneur Parisis, et spécialement dans plusieurs mandements des dernières années de sa vie.

Un assez grand nombre de ses ouvrages, composés pour les besoins du moment et les exigences d'une lutte dont les aspects et les circonstances ont nécessairement changé, n'offrent plus le même intérêt; mais les instructions pastorales, au moins les plus saillantes, appartiennent à tous les temps. Malgré leur frappante actualité,

au moment où elles parurent, elles seront toujours lues . avec une véritable satisfaction, même par ceux qui n'y

chercheraient que la beauté littéraire ou même un agréable passe-temps.

Monseigneur ne fut pas moins habile polémiste qu'écrivain distingué. Ce qu'on doit le plus admirer dans les luttes qu'il soutint pendant tant d'années, c'est l’habileté qu'il montra dans le choix du terrain où il voulait engager le combat, dans le coup-d'oeil sûr avec lequel il saisissait les circonstances favorables pour attaquer ses adversaires et les forcer jusque dans leurs derniers retranchements. De là la confiance qu'il sut, dès le début, inspirer à la partie militante des catholiques; de là la surprise et le désarroi qu'il jeta dans le camp ennemi; de là l'absence de toute réplique sérieuse à tant d'écrits qui touchaient aux points les plus délicats et qui entraient dans le vif des questions.

Cependant, malgré la hardiesse de ses allures, il restait toujours dans les limites de la modération, parce qu'il conservait son calme au milieu de la chaleur du combat. Sa parole était ardente, sa logique serrée, ses arguments vigoureux, exposés avec une lucidité et un bonheur d'expressions vraiment remarquables, auxquels il était difficile de répondre. Ajoutez à ces traits divers qui le rendaient redoutable sur le champ de bataille, un courage que rien ne pouvait abattre, un dévouement sans bornes à la cause qu'il défendait, une confiance illimitée dans le succès de ses efforts et de ceux de ses amis, et vous aurez une légère idée des qualités rares que la Providence avait mises en lui pour la polémique religieuse.

C'est sous ce dernier aspect peut-être que la postérité le signalera surtout à l'attention publique. L'église compte beaucoup d'évêques pieux, dont les ouvres de zèle marqueront dans ses annales, mais il en est peu qui soient entrés dans l'arène aussi résolument que Monseigneur Parisis, peu dont les écrits aient eu tant de retentissement et d'heureux résultats. Ce sera sa gloire d'avoir combattu toute sa vie, et d'avoir remporté d'éclatants trioinphes sur les adversaires des libertés de l'église, sans rien perdre de sa dignité d'évèque ni de son zèle de pasteur.

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M. Harbaville, Louis-François, naquit à Arras, le 24 août 1791.

Son père, Nicolas, issu d'une honorable famille de Rheims, où il était né le 28 juillet 1737, entra au service militaire, dans l'arme de la cavalerie, à 19 ans, fit les campagnes des cinq années 1757 à 1761, et prit part aux batailles rangées d'Astembech, Lutterberg, Minden, Bergues, Corbach. Depuis, il obtint son admission parmi les gardes du corps de Monsieur, comte de Provence

(1) C'est par déférence pour les désirs de l'Académie, bien qu'il ne se reconnût aucun titre pour apprécier les travaux et les mérites du savant archéologue, que l'auteur s'est chargé de la rédaction de cette notice.

(Louis XVIII), et y fut promu au grade de fourrier ayant rang de capitaine.

Ces longs services lui valurent la croix de chevalier de Saint-Louis, après qu'il eût passé du service actif dans les emplois sédentaires, avec le titre de capitaine sousaide major à la citadelle d'Arras. Nommé adjudantcapitaine de première classe, sur place, à la création même, en 1791, il continua ces fonctions qui le tinrent en dehors des passions et des commotions politiques sous les pouvoirs éphémères et oppresseurs qui se succédèrent si rapidement jusqu'à l'élévation du premier consul Bonaparte.

Celui-ci, s'étant fait rendre compte (termes textuels du brevet) des 44 ans de bons services de M. Harbaville, le maintint, le 21 octobre 1800, non seulement dans les mêmes fonctions, mais aussi dans la même résidence, qu'il devait préférer à toute autre.

Il s'y était, en effet, marié, le 4 septembre 1786, à Marie-Louise Coquelu, orpheline de père et mère, née comme M. Harbaville, en Champagne, et, comme lui aussi, résidant à Arras. Elle avait été, en quelque sorte, adoptée par son oncle maternel, Claude-François Coquelard, dont l'affection pour cette nièce, qu'il avait recueillie, était si paternelle, qu'il s'obligea, par le contrat de mariage, « à loger, nourrir, blanchir, chauffer et éclairer, viage» rement et gratuitement, les futurs... chez lui... »

On peut juger de la considération dont ceux-ci étaient entourés, d'après les témoins au contrat, qui étaient : le comte de Montgon, lieutenant du roy, et Me Desmazières, député ordinaire des Etats d’Artois, du côté de M. Harbaville ; et, du côté de la future, outre son oncle,

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