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et transféra, le 22 ventôse (12 mars 1796), son domicile à Saint-Eugène. Douze jours après, le 4 germinal (24 mars), il acceptait les mêmes fonctions de commissaire près l'administration municipale du canton de Dettey, auquel se rattachait sa nouvelle résidence. Il donna sa démission le 25 fructidor an V (11 septembre 1797). « Les événements du 18 fructidor, dans lesquels je vis la mort de la Constitution de l'an III, déterminèrent cet abandon de ma part, » écrivait-il un peu plus tard. Il revint habiter Montcenis, le 21 brumaire an VII (11 novembre 1798), et y fut nommé électeur le 1" germinal (21 mars 1799). Il voulut prendre part aux élections de ce mois; mais quoi qu'il eût résidé quarante-six années consécutives à Montcenis, on lui objecta qu'il n'avait pas un an de nouveau domicile. Sur sa réclamation, le ministre de l'intérieur lui donna tort.

L'oisiveté lui pesait. Il avait d'ailleurs de lourdes charges de famille. De son mariage avec N. Venot, il avait eu dixhuit enfants, dont neuf vivaient. L'avènement du Consulat lui causa une vive satisfaction. Le 24 frimaire an VIII (15 décembre 1800), il formula ainsi son adhésion : « Pierre Garchery, ex-législateur, accepte la nouvelle constitution et reconnaît que la théorie est meilleure que celle des précédentes1. » Il sollicita aussitôt une place quelconque: « J'aperçois, disait-il, l'aurore brillante et toujours croissante d'un gouvernement sage et juste; je lui offre mes services2. » Le Consulat ne se borna pas à en faire, par arrêté du 1er juin 1800, un conseiller général, il le nomma en 1802 juge de paix du canton de Montcenis. Garchery exerça ce dernier emploi jusqu'en 1812. Au conseil général, dont il sortit, par l'effet du tirage, le 19 février 1810, il remplit constamment les fonctions de secrétaire. Le 21 décembre 1803, il avait été désigné par le collège électoral

1. Arch. nat., Bu 380, pièce 190.

2. Arch. nat, F'^ii, Saône-et-Loire, 3.

de l'arrondissement d'Autun comme candidat au Corps législatif; mais le choix du Sénat s'arrêta sur un autre candidat, Augustin Creuzé de Lesser, alors sous-préfet d'Autun, auteur fécond de comédies et de livrets d'opéra-comique.

Garchery mourut à Montcenis, le 2 novembre 1815. Trois de ses filles se marièrent, et un de ses fils servit dans les armées impériales.

II

BIJON

Claude-Henri Bijon Du Brouillât, né le 2 mai 1745, à Rigny-sur-Arroux (arrondissement de Charolles), d'Étienne et de Marguerite Laforêt; avocat au bailliage de BourbonLancy, demeurant au Brouillat, commune de Cronat.

Député de la paroisse de Cronat, il avait été en 1789 un des signataires du cahier particulier de son bailliage et du cahier général des quatre bailliages dont celui d'Autun était le principal. Élu, le 11 mai 1790, administrateur du district de Bourbon-Lancy, il reçut, le 29 août 1791, le mandat de député à l'Assemblée législative. Il n'y ouvrit la bouche qu'une seule fois pour protester, d'ailleurs avec raison, contre les indécentes manifestations des tribunes. C'était le 24 janvier 1792. Douzy, un des secrétaires, lisait une lettre de Boscary, député de Paris, qui se plaignait d'attaques contre sa maison de commerce, menaces, vitres cassées, etc., sous prétexte d'accaparement de sucre. Interrompu par des « murmures sourds1 : »

M. Douzy. —Je ne comprends pas ces murmures; le sentiment des malheurs publics ne devrait qu'affliger l'Assemblée (rires à l'extrême gauche et dans les tribunes).

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Un membre. — Puisque nous ne pouvons plus dire la vérité ici, je demande que l'Assemblée se forme en comité général.

M. Bijon. — Lorsque l'Assemblée constituante a cédé sa place à la Législative, elle n'avait pas pensé, sans doute, qu'elle serait entourée des huées d'une troupe de vampires. Je demande que les tribunes soient rappelées à l'ordre.

Plusieurs membres. — Monsieur le Président, rappelez les tribunes à l'ordre (des huées partent des tribunes).

M. Gentil. — Ce sont des instruments dans les mains des factieux qui les égarent (ie caime se rétablit).

Après la session, Bijon fut élu le 12 décembre 1792, membre du directoire du département de Saône-et-Loire et maintenu dans ces fonctions par un arrêté du représentant Javogues, en date du 5 frimaire an II (25 novembre 1793). Si l'on veut se rendre compte de l'esprit politique qui l'animait, on peut se reporter à l'adresse qu'il signa, le 12 frimaire, avec les autres administrateurs, et qui fut envoyée à la Convention:

Les administrateurs du département de Saône-et-Loire créés le 5 frimaire, sur la présentation des Sociétés populaires, par le représentant du peuple Javogues, et installés le il du même mois, viennent, dès les premiers pas dans leur carrière, déposer dans votre sein leur profession de foi publique et politique. Vrais enfants de la Montagne, ils vous déclarent que, ne reconnaissant d'autres principes que les siens, c'est-à-dire ceux du sans-culottisme et du républicanisme le plus pur, ils adhèrent d'esprit et de cœurà toutes les mesures révolutionnaires des 31 mai, 1er et 2 juin, à la sainte insurrection de la Commune de Paris, qui a tant de fois si bien mérité de la patrie, et généralement à tous les événements mémorables qui ont découlé de ces glorieuses journées et imprimé à notre Révolution un caractère aussi majestueux qu'imposant. Montagne chérie! La République ne date son existence que du moment où, par un généreux élan, tu as terrassé tous tes ennemis

Suit un couplet en l'honneur de la Montagne avec évocation des ombres de Marat, de Chalier et de Le Peletier de Saint-Fargeau.

Deux jours après, le décret du 14 frimaire sur le mode de gouvernement révolutionnaire supprima les conseils de département et les remplaça par des directoires de huit membres. Bijon continua à faire partie de l'administration ainsi réduite. Sa ferveur révolutionnaire s'accrut même avec la Terreur. « Bijon laisse croître sa barbe, écrivait à un ami, le 24 pluviôse an II (12 février 1794), un administrateur du département, Antoine Duréault; il ne la fera que lorsqu'il ne verra plus que des hommes libres autour de lui; à l'instar du révérendissime Père Jean de Domfront, il jure d'étriper tous les prêtres qu'il rencontrera.1 » Cédant à la ridicule manie de l'époque, l'ex-législateur avait abdiqué ses prénoms, dont l'un rappelait un empereur romain et l'autre plusieurs rois de France, pour prendre ceux d'AilPavot. Le 27 pluviôse (15 février), il signa, comme faisant fonctions de président de l'administration la seconde liste supplétive des émigrés. Cette liste contenait trois cent huit noms, frappait une foule de citoyens qui, de notoriété publique, n'avaient jamais émigré, et un procès criminel établit plus tard qu'elle n'avait été dressée qu'à la suite de manœuvres frauduleuses que le signataire n'avait pu certainement ignorer.

Bijon cessa de faire partie de l'administration au 13 vendémiaire an III (4 octobre 1794); mais quand le représentant Borel, chargé d'appliquer en Saône-et-Loire le décret du 28 germinal suivant (17 avril 1795), reconstitua les corps administratifs, il le désigna, par arrêté du 9 floréal (28 avril), pour rentrer au directoire. Le 25 fructidor (12 septembre), le comité de législation remplaça Bijon et deux de ses collègues. Cependant, comme les administrateurs ne se trouvaient plus en nombre pour délibérer, Ail-Pavot consentit à siéger jusqu'au 11 vendémiaire an IV (3 octobre).

Le coup d'État du 18 brumaire n'excita pas chez lui la moindre indignation; le farouche montagnard y adhéra

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même très volontiers. Bonaparte savait apprivoiser ces natures-là. Il jeta une robe sur les épaules du sansculotte Bijon et en fit, par arrêté du 16 prairial an VIII (5 juin 1800), un juge au tribunal d'appel de la Côte-d'Or. Quand l'établissement de l'empire héréditaire fut soumis en l'an XII à la ratification du peuple, Bijon, qui se trouvait alors à Bourbon-Lancy, apposa, le 9 prairial (29 mai 1804), sa signature sur le registre d'acceptation de cette ville.1 II prit bientôt le titre de conseiller à la Cour impériale, vit restaurer deux fois la royauté et fut maintenu dans ses fonctions par ordonnance du 14 février 1816. Aux élections de 1820, il se présenta dans le quatrième arrondissement de Saône-et-Loire et obtint seulement 126 voix contre 193 données à Humblot-Conté. Il mourut à Dijon, le 1e r juillet 1831.

III

JOURNET

Claude-Marie Journet, né le 9 octobre 1760, à SaintBonnet-en-Bresse (arrondissement de Louhans), de JeanBaptiste, bourgeois de cette paroisse, et de Pierrette Delarue; maire de Chalon-sur-Saône.

Journet avait été pourvu, le 14 janvier 1784, de la charge de lieutenant général criminel au bailliage et siège présidial de Chalon. Le 12 janvier 1785, il épousa en cette ville Madeleine-Catherine-Julie Pezet de Corval, fille de PierreJacques, directeur général des octrois de la province de Bourgogne à Chalon, et de Madeleine Dufresne. Quand, en vue de la convocation des États généraux, on procéda à

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