Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

comme Monmayou, comme Sébastien de Laporte, qui ne se souciaient pas de tracasser d'anciens amis. Les mandats lancés par le district restèrent lettre morte. Victor de Lanneau se contenta de publier une sorte de mémoire apologétique où il renvoyait à ses accusateurs les reproches dont ceux-ci prétendaient l'accabler. Il avait acheté une imprimerie et il mangeait les fonds qu'il avait tirés de la famille de sa femme. Grâce à l'appui de Ginguené, alors membre du comité d'instruction publique établi près le ministère de l'intérieur, il devint chef de bureau dans ce comité. On lui proposa bientôt l'administration de l'Opéra, que la Révolution avait mise, comme tout le reste, en fort mauvais état. Il s'en fallut de peu que l'ex-théatin, l'ex-vicaire épiscopal ne fût appelé à gouverner les chanteurs et à régner sur le corps de ballet. Victor de Lanneau, qui avait du goût pour l'enseignement, préféra la sous-direction du Prytanée français, établissement installé dans les bâtiments du collège Louis-le-Grand et destiné à remplacer tous les collèges qui composaient l'ancienne Université de Paris.

C'est alors qu'il songea à restaurer le collège SainteBarbe abandonné depuis la Révolution. De concert avec un ancien religieux, Jean-François Mielle1 qu'il avait connu en Saône-et-Loire, il l'ouvrit, le 4 septembre 1798, sous le nom de collège des Sciences et Arts, et il en assura rapidement la prospérité. Mielle se sépara de lui en 1801, et, à partir de cette époque, de Lanneau fut seul directeur. En 1814, l'attention du gouvernement de la Restauration fut appelée sur ses antécédents. Pour éviter une dépossession, de Lanneau associa à la direction un sieur Mouzard, son gendre. Celui-ci mourut bientôt et fut remplacé d'abord en 1816 par un sieur Adam, puis en 1819 par le fils même

t. Né à Dôle le 24 avril 1758, mort à Paris en 1839. D'abord minime, il fit partie du premier comité de surveillance établi à Chalon, le 14 septembre 1792. Il fut ensuite bibliothécaire de la ville de Chalon, puis quelque temps juge de du fondateur, Régulus-Adolphe Victor de Lanneau continuait, du reste, à régir l'institution à laquelle il avait consacré tous ses soins. Ce fut seulement en 1823 qu'il abandonna complètement la direction. Il mourut à Paris, le 31 mars 1830, et fut inhumé au cimetière du PèreLachaise2. Il laissait la réputation d'un habile pédagogue et son nom entouré d'une considération à laquelle son passé, ignoré ou mal connu, n'a point préjudicié. Un de ses panégyristes vante sa bonté, sa bienfaisance inépuisable, sa « sérénité d'âme, » sa « philosophie douce et tolérante. » Il est fâcheux qu'aucune de ces précieuses qualités ne se soit fait jour à Autun et que cette ville n'ait pas d'autre souvenir à garder que celui d'un haineux sectaire.

Victor de Lanneau laissa plusieurs enfants de son mariage, qu'un bref du pape, obtenu en 1804, avait régularisé. Une de ses filles, Mmo Dupré, tint une institution de jeunes filles, rue du Mont-Parnasse. Une autre, Mme Mouzard, fut la mère de M. Mouzard-Sencier, préfet de la Nièvre sous le second Empire. Régulus-Adolphe eut enfin une fille qui épousa M. Gustave Servois, ancien préfet, ancien garde des Archives nationales, et qui habite avec lui le château de Bard-lès-Époisses.3

1. Né à Paris le 17 juillet 1796, d'abord secrétaire du général Mathieu Dumas eu 1812, adjoint en 1813 aux commissaires des guerres, puis en 1815 commissaire à l'armée du Nord; directeur de Sainte-Barbe de 1823 à 1838; maire du douzième arrondissement de Paris de 1834 à 1846; directeur de l'institution des SourdsMuets de 1838 jusqu'à sa mort survenue en 1858.

2. Le monument, de style gréco-romain, s'élève sur l'avenue des Acacias. Le motif principal est le buste du défunt sculpté en haut relief, au centre d'un médaillon.

3. Notice sur P.-A.-V. de Lanneau, fondateur et chef de l'institution de SainteBarbe, par L. Quicherat, Paris, Hachette, 1830.

P. MONTARLOT.

(A suivre.)

o

TOME XXXII. 17

[merged small][graphic][merged small]
« ZurückWeiter »