Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

exemplaires. Les masques employés dans la décoration de certaines poteries de Lezoux paraissent avoir été surtout des mascarons de plus ou moins grande dimension appliqués parmi les motifs de la décoration du vase.

Trois pourtant des masques reproduits ont des traits de ressemblance avec le nôtre. C'est un fragment de vase trouvé à Clermont-Ferrand et deux autres venant des fabriques de Lezoux et qui figurent au musée de SaintGermain, tous trois donc de fabrication arverne comme le nôtre sans doute.

Ce qui distingue le nôtre, c'est que les dimensions relevées sur le fragment nous amènent à conclure que le masque garnissait entièrement le corps du vase, sur une de ses faces. Le nez est en effet de grandeur naturelle, 0m07 de longueur, et la très forte saillie qu'il faisait sur la panse du vase donne à supposer qu'il devait servir à saisir le vase lorsqu'on le déplaçait.

Il est en terre blanchâtre couverte d'une très légère glaçure brune à reflets métalliques. Sa faible épaisseur et son arc de cercle intérieur indiquent que le diamètre devait être d'environ 14 centimètres.

C'est un fragment, tout au moins curieux, que nous avons tenu à vous présenter.

R. GADANT.

JACQUES-GABRIEL BULLIOT

PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ ÉDUENNE

CORRESPONDANT DE L'INSTITUT

SA VIE ET SON ŒUVRE

(suite)1

o ■«-O**

8 4. — La Société Éduenne. — Le Musée lapidaire. — La Question de Bibracte. — Un Voyage d'affaires.

A l'époque où Gabriel Bulliot fut élu président, la Société Éduenne comptait seulement quarante membres titulaires. Elle se réunissait de loin en loin, dans une salle banale de l'hôtel de ville, mise pour quelques heures à sa disposition. En elle, tout était provisoire et précaire. Privée, parla mort ou par l'absence, de ses membres les plus actifs et les mieux préparés, Laureau de Thory, César Lavirotte, l'abbé Devoucoux, Edouard d'Espiard, les abbés Landriot et Rochet, Joseph de Fontenay, qui, tous, à leur heure, et suivant la disposition de leur esprit, avaient contribué à sa naissance et partagé ses travaux, elle semblait impuissante à se relever de tant de pertes et paraissait destinée à succomber aux effets de l'anémie. Autant la première partie de son existence avait été brillante et féconde, autant celle qui lui succédait s'annonçait sous un jour sombre et menaçant. Nul ne se présentait pour prendre place à la chaîne, pour combler les vides et remplacer l'équipe disparue.

1. Voir Mémoires de la Société Éduenne, t. XXXI, p. 21.

Malgré le petit nombre de ses membres, ses publications cependant eussent honoré des sociétés de plus haute envergure. Outre l'Histoire de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun (1849) et l'Essai sur le Système défensif des Romains dans le pays Éduen (1856), qui étaient l'œuvre propre de Gabriel Bulliot, la Société avait encore mis au jour trois volumes de Mémoires en 1837, 1844 et 1845 ; Autun archéologique, en 1848; les Libertés de la Bourgogne, [d'après les jetons de ses États, par M. Rossignol, en 1851; une édition critique des panégyriques d'Eumène, avec traduction et notes historiques, par MM. Landriot et Rochet en 1854; l'Histoire de la Réforme et de la Ligue à Autun, dont le premier volume avait paru en 1855, par M. Hippolyte Abord; l'Étude historique et critique sur les actes de S. Bénigne et l'origine des Églises d'Autun, de Dijon et de Langres, par M. Bougaud en 1859. Le caractère de ces œuvres, c'est la recherche et l'emploi des sources historiques, explorées et captées avec un soin qui ne laisse rien à désirer. Dans chacune d'elles, on suit la trace de l'effort constant pour atteindre la vérité, ou tout au moins, pour se rapprocher d'elle, autant que la distance des temps et les lacunes dans les documents permettaient de la connaître.

Mais tout ce beau feu était éteint ou paraissait tel si Gabriel Bulliot ne se fût pas trouvé là pour le rallumer et lui communiquer une activité nouvelle : celle de son esprit ardent, sans cesse sous pression, ne se reposant d'un travail que par un autre travail, prêt à toutes les besognes, n'hésitant jamais devant une démarche utile à ses desseins. Il se montrait toujours rempli de confiance dans le succès de ses entreprises, même les plus hardies, et, chose plus rare et plus difficile, cette confiance, il parvenait à l'inspirer et à la faire partager aux autres. A cet égard, comme sous bien d'autres, il avait le tempérament d'un apôtre. Aussi la fatigue et le découragement lui étaient-ils inconnus; c'étaient là deux mots absents de son vocabulaire. Pour atteindre le but de ses efforts, son premier soin fut d'accroître le recrutement de la Société et de l'étendre dans des régions, où son existence était même à peine soupçonnée. Bien peu résistaient à sa voix qui semblait inspirée et qui l'était en effet par la passion de constituer un centre permanent d'études et de recherches historiques et archéologiques. Ses nombreux voyages dans la Côte-d'Or, le Morvan et le Charollais étaient les occasions d'une propagande rarement inefficace. D'aucun il ne revenait sans quelques recrues nouvelles. Son grand art de convaincre avait raison des résistances les plus obstinées et l'assaut finissait toujours par la capitulation de l'assiégé. Aussi, grâce à sa persévérance et à ses efforts, le nombre des sociétaires passa-t-il promptement à cent, puis à deux cents pour dépasser quatre cents.

Ce résultat, fruit de sa constance, permettait dès lors d'entreprendre les œuvres qui avaient été l'objet de ses plus ardents désirs et de ses plus lointaines espérances. La première était l'établissement d'un musée destiné à recueillir les débris antiques retrouvés dans les entrailles du sol : inscriptions, colonnes, chapiteaux, bas-reliefs qui, pour la plupart gisaient aux coins des rues, exposés à toutes les causes de destruction, à l'exception de quelques-uns qui, plus favorisés, avaient rencontré une étroite et dédaigneuse hospitalité dans un corridor de l'hôtel de ville. Dès 1839, on l'a vu plus haut1, Gabriel Bulliot avait poussé un cri de détresse à l'aspect de cette indifférence manifestée à l'égard de tous ces témoignages de l'antique splendeur de la cité. A peine élu président, il renouvela ses instances et parvint à les faire agréer. La ville consentit à acquérir la chapelle de Saint-Nicolas de Marchaud, entourée d'un assez vaste terrain, qui par suite de sa surface était propre à sa nouvelle destination et qui, par la modicité de son prix de

[ocr errors]

5,000 francs, se trouvait à la hauteur des largesses municipales. Cette chapelle romane, élevée au douzième siècle pour l'usage des pauvres infirmes soignés à l'hôpital de Marchaud, ne semblait guère changer d'emploi en hébergeant des débris, eux aussi victimes des ans et non moins éclopés que ses premiers hôtes. Acquise dans un but de conservation, par un amateur éclairé des arts, M. Claude Jovet, mise en vente par ses héritiers et achetée par la ville, elle était ainsi garantie contre toute cause de destruction en même temps qu'elle assurait aussi la conservation des monuments hospitalisés dans son enceinte. Sa toiture fut refaite et de spacieuses galeries, élevées tout autour du terrain qui joignait la chapelle, formèrent un asile digne de son objet. En même temps qu'ils cédèrent l'immeuble, les héritiers de M. Jovet donnèrent tous les débris antiques que leur oncle avait lui-même recueillis et le musée lapidaire se trouva ainsi créé et doublé d'importance1. Comme on peut croire, l'affaire n'avait pas marché toute seule. Là aussi il y avait eu des préjugés à détruire et des résistances à vaincre. Mais Gabriel Bulliot n'était pas celui qui s'incline devant les uns et s'effraie des autres; là encore il avait triomphé des obstacles rencontrés sur le chemin2. Grâce à sa persévérance, la ville était dotée d'un établissement favorable aux intérêts artistiques et archéologiques.

Pour atteindre ce résultat, la Société Éduenne dut prendre à sa charge tous les travaux de restauration, de construction et d'aménagement. Si le sacrifice fut lourd, elle n'a pas à le regretter aujourd'hui. Ajoutons qu'elle trouva dans la bourse de son président et de plusieurs de ses membres, ainsi que dans les subventions de l'État et du département, un concours qui lui permit de faire face à tous ses engagements.

1. Aussi, en souvenir de cette origine, un de nos facétieux collègues eût-il voulu qu'on gravât cette inscription sur la porte du musée : A Jovet principium.

2. V. Annales de la Société Éduenne, 1860-1862, p. 268 et 1862-1864, p. 134.

« ZurückWeiter »