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ment rectiligne, axe central d'un corps de bâtiment, qui se développe de l'ouest à l'est, sur une longueur de 60 mètres, se groupent une série continue de petites loges. D'autres compartiments occupent chacune des extrémités.

Ce grand mur a été bâti d'un seul jet. Son épaisseur, sa structure et son appareil sont uniformes sur tout son développement. Il mesure 0m96 d'épaisseur à ses fondations. A partir de l'aire du bâtiment, il présente sur chaque face une retraite de 0m16, ce qui réduit son épaisseur à 0m64. L'appareil est celui de toutes les constructions de Bibracte : c'est un blocage de pierres brutes, liées par de la terre argileuse, mais dont les parements, suivant la règle ordinaire, sont dressés avec soin. La pierre de taille, granit de la Roche-Mouron (près d'Étang), n'est employée que pour la construction des angles et pour les pieds-droits des ouvertures. Toute la maçonnerie présente ces mêmes caractères uniformes, qui se retrouvent partout dans les ruines de Bibracte. Le bâtiment ne contient pas d'escalier. Il se trouvait de plein-pied avec le niveau du sol antique qui sur ce point n'est pas, en moyenne, à plus d'un mètre au-dessous du gazon.

La pierre de taille se compose de blocs cubiques, très régulièrement épannelés, malgré la dureté de la roche, ce qui démontre la bonne qualité du ciseau gaulois, en fer aciéreux. Mais on n'y rencontre pas le moindre essai de moulure ni d'ornementation. L'appareil de la construction gauloise est essentiellement rustique.

Dans la partie ouest du bâtiment fouillée en 1897, les cases latérales ne possédaient que trois parois maçonnées. Sur le quatrième côté de chaque case, c'est-à-dire en façade, était établi une sorte de portique, composé de petites colonnes en briques, dont les débris jonchaient le

l'oppidum. M. Bulliot avait adopté les abréviations suivantes : le Parc aux Chevaux, PC; le Champlain, CP; la Corne Chaudron, CC. Nous désignons (a Pâture du Couvent par les initiales PCO et la P&ture de l'Écluse par PE.

sol, au niveau de l'aire antique. Il faut donc se représenter cette partie de l'immeuble comme une galerie, à compartiments couverts de toitures en appentis, les uns en paille, les autres en tuiles à rebords. Les débris de ces tuiles étaient assez rares dans cette fouille.

Nous sommes porté à voir dans ces petites loges de la partie ouest, des boutiques de vendeurs dont le côté en façade était fermé par des cloisons en bois. L'extrême abondance des monnaies retirées des fouilles autorise cette conjecture. Tandis que les cases disposées à l'est du bâtiment et occupées par des ateliers de forgerons étaient remplies de scories, de charbon et de terre noire, ces diverses matières faisaient ici défaut.

Les compartiments U, V, Y ont été entièrement vidés. En R, S, T et X nous nous sommes contenté de déblayer les murs. Cette dernière méthode est celle qu'employait le plus souvent Gabriel Bulliot. Le déblaiement intégral est sans contredit bien préférable, mais on comprend aisément que pour des constructions de cette importance des travaux aussi dispendieux ne sont pas toujours réalisables. Nous suivrons donc l'exemple de notre prédécesseur en découvrant les murs sur tout leur tracé et en vidant un certain nombre de compartiments. Quant aux petites habitations, nous les déblayons intégralement.

Voici l'inventaire de nos trouvailles dans cette partie de l'immeuble:

Case R. — Segments de colonnes en argile. Les tambours de colonne en pierre sont inconnus dans les rustiques constructions gauloises de Bibracte1. On se contentait d'employer des segments en terre cuite, à joints rayonnants. Quatre ou cinq de ces segments constituaient une assise

1. Voir notamment Bulliot, Fouilles du mont Beuvray, I, p. 343. On n'en a rencontré qu'au Champ de foire, dans les ruines du petit temple datant de l'époque impériale.

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cylindrique. Il ne paraît pas qu'ils aient été revêtus d'un crépissage.

Il ne restait dans ce compartiment que l'amorce d'un mur de subdivision entièrement détruit.

Cases S. — Plusieurs amorces de murs ruinés.

Case T. — Cette case était pavée d'un carrelage en petites briquettes jaunes, disposées en arêtes de poisson (fig. 1). Deux ou trois mètres carrés de ce carrelage étaient encore intacts. Les briquettes mesurent environ 14mm d'épaisseur sur 65mm de longueur et 37 de largeur. M. Bulliot avait déjà rencontré, dans la maison n° 1 du Parc aux Chevaux, ces mêmes « briquettes jaunes de 0m06 de longueur sur 0"04 de largeur et 0m013 d'épaisseur », c'està-dire de mêmes dimensions.1

Dans toutes les autres pièces, les aires étaient simplement revêtues d'argile battue.

Case U. — Segments de tambours de colonnes en argile.

Case V. — Trois fonds d'amphores.

Case Y. — Gond en fer (pl. XVI, 15). Long. 131mm. Cette case est fermée sur ses quatre faces, sans présenter aucune entrée. Une ouverture était sans doute pratiquée à une certaine hauteur au-dessus du niveau de l'aire. On devait accéder dans la pièce au moyen d'un escalier de bois.

Le fait le plus curieux que nous ayons à signaler ici, c'est l'extraordinaire abondance des monnaies. Sur l'espace restreint occupé par ces diverses cases, nous en avons recueilli au total 85 exemplaires. Vingt-cinq de ces pièces, en bronze coulé ou frappé, sont complètement oxydées et méconnaissables. Elles paraissent appartenir au monnayage

1. Bulliot, Fouilles du mont Beuvray, I, p. 130.

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