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Saint-Varain, archidiacre de Sologne en l'Église d'Orléans, en échange d'autres avantages. Mais Jehan de Saint-Verain chercha lui-même à faire argent de son domaine, et vendit sa moitié de Glenne, le 14 juin suivant, à Hugues d'Arcy, évêque d'Autun, pour le prix de 3,500 livres tournois. Il était, en outre, stipulé qu'une messe du Saint-Esprit serait chantée chaque année à l'église d'Autun pour le vendeur, pendant sa vie, et en anniversaire après sa mort.1

L'évêque Hugues s'empressa de confirmer, en 1296, la rente de soixante sous viennois, réservée par Jehan de Saint-Verain au chapitre de l'Église d'Autun pour le service de la messe annuelle du Saint-Esprit.

C'est ainsi qu'une partie de Glenne retomba au pouvoir de l'évêché d'Autun, son possesseur primitif.

Pendant ce temps, que devenait la seconde moitié restée aux mains des sires de Chatillon? Sans doute, leur possession indivise leur était à charge, et ils entrèrent facilement dans les vues du duc Robert II qui cherchait à acquérir de nouveaux domaines. C'est, du moins, ce qu'il est permis de conjecturer, car si nous savons pertinemment que le duc de Bourgogne, vers la fin du treizième siècle, se rendit acquéreur de la moitié de Glenne, l'acte de transmission est resté introuvable. Notre conviction se fonde sur un passage d'une charte de 1360, dans laquelle l'évêque Réginald ou Renaud de Maubernard approuve cette acquisition pour mettre fin aux conflits dont nous parlerons plus loin. Voici le texte en question:

Item nos approbamus et laudamus acquestum factum olim

per inclite recordationis dominum Robertum, ducem Burgondie de medietate pro indiviso castri et castellanie ac pertinenciarum de Glanna, quam medietatem dictus dux, tempore quo vivebat, acquisivitsine consensu episcopi Eduensis, de cujus feodo tenebatur, et

I. Cartulaire de l'Évéché d'Autun, p. 220.

ea dictus dux tenebat et possidebat, tenet et in presenti dictus Philippus dux et possidet 1

Ainsi, l'achat de la moitié de Glenne s'était fait au mépris des droits d'approbation de l'évêque d'Autun, son suzerain. Quelques acquisitions moins importantes l'avaient même précédé. Dès l'année 1293, le duc Robert avait acquis le fief de Guillaume Testedeuf, composé des meix de Guillaume Rousset, Morin Bricot, Regnaut Caresmentrant, Jehan Berchelly, et de Jeannette, fille de Moreal Bouley; le tout situé au petit Recey, en la paroisse de Verrières, et mouvant des seigneurs de Glenne.

Au reste, ces premiers achats avaient reçu l'approbation épiscopale; mais la transmission de la moitié de Glenne, pour laquelle le duc Robert n'avait pas jugé à propos de remplir la même formalité, fit naître un interminable conflit qui divisa les ducs de Bourgogne et les évêques d'Autun durant plus de cinquante ans.

Les difficultés commencèrent en 1307, deux années après la mort du duc Robert. Eudes IV se trouva bientôt en butte aux protestations de l'évêché qui prétendit exercer la commise sur le fief de Glenne, aliéné sans son autorisation, et réclama les arrérages perçu par les ducs. Mais la mesure était grave, et l'évêque d'Autun se décida à temporiser pour parvenir à une transaction. Bientôt, en effet, les parties convinrent de recourir à un arbitrage pour trancher d'une façon définitive les questions qui les divisaient.

Le duc de Bourgogne visait à la possession complète de Glenne et offrait à l'évêque d'Autun des compensations sérieuses contre l'abandon qui lui serait fait de la moitié restant aux mains de l'évêché.

On chercha donc des arbitres et les choix furent ainsi répartis : pour l'évêque, Simon de Pontaillier, sénéchal d'Autun, et M" Jehan d'Ambornay, trésorier de Lyon; pour

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le duc, Jehan de Valerot et M" Hugues de Sauvement, chevalier. La réunion se fit en la grange de Jailly, près de Touillon1, appartenant aux moines de Fontenay, le lundi après la fête de Saint-Nicolas d'été de l'année 1321, et les arbitres, après l'audition des parties, tombèrent d'accord sur tous les points2. La transaction contient le dispositif suivant:

Désirant être en paix et tranquillité et mettre fin à la question, transigeons ainsi qu'il suit : Nous, évesque consentons et approuvons l'aquest que le duo de Bourgoigne, qui por le tems estoit, fit de ladite moitié dou chasteaul et de la chastellenie. Item délivrons en héritaige perpétuel audit duc l'autre moitié dudit chasteaul, laquelle moitié nous dits evesques tenons par non devis avec tous droits, en telle manière que les dits ducs les tiendront en fiefs desdits évesques. Item que por ces choses nous ducs dessus dits baillerons audit evesque qui or est, en domaine et heritaige perpetuel quatre cens livrées de terres franches et quittes de toutes charges, lesquelles quatre cens livrées soient assises en l'éveschié d'Ostun, ou autre part, le mieux qu'il se pourra.

Les chanoines Simon de Dinteville, Regnault de Cusance et Thiébault de Morey avec Jean de Saint-Valérien, leur doyen, se portèrent forts de la ratification du chapitre, en présence des témoins suivants : « Nobles et discrètes personnes Mons. Mile Sr de Noiers3, Mons. Guillaume, sire d'Espoisse4, Mons. Alexandre de Blaisy, chevaliers; M° Johan Dostun, archeprestre dou Bos, curé de Ozole 5, M° Eude de Estalencé,curé de Grisigny6, Me Richard Oppinel de Flavigny7, M° Guillaume de Aiserey le June, M' Pierre de Molinet, saiges en droit; M° Jehan Garnier, archeprestre de Flavigny,

1. Touillon, canton de Montbard (Côte-d'Or).

2. Arch. do la Côte-d'Or, B, 1250.

3. Noyers, ar. de Tonnerre (Yonne).

4. Époisses (Côte-d'Or).

5. Ozolles-en-Charollais.

6. Grésigny (Côte-d'Or).

7. Flavigny (Côte-d'Or).

curé de Chaacy Symon de Buxières, archeprestre de Quarrées, curé de Dompierre2, Johan, curé de Gascoigne et Johan Baudoin de Semur, de l'évesché d'Ostun, » et quelques autres.

L'évêque Hélie fit officiellement connaître cette transaction par lettres patentes dont la teneur suit:

Nos Helyas, miseratione divina episcopus Eduensis, notum facimus universis quod cum virtute transactionis perlocute inter nos, nomine Episcopatus nostri ex una parte, et excellentem principem dominum Odonem ducem Burgondie ex altera, super controversia inter nos pendente ratione medietatis proprietatis et dominii castri et castellanie de Glana, dominas Dux nobis et Episcopatui nostro quadraginta libras turonenses annualis redditus, sub certismodis et conventionibus debeat assignare; placet nobis et volumus ac etiam consentimus quod dominus Dux qui nihil etiam dicitur declinare, nobis et episcopatui nostro assideat et assignet, in attenuationem etdeductionem reddituum predictorum, secundum usus etconsuetudines Burgondie, redditus et proventus quos habet et habere potest apud Moloseyum et apud Manletum, et apud locum quod dicitur le Porriot, in quibuscumque rebus et juribus consistant dicti redditus et proventus necnon et feodum et homagiumde Sanssereyo; et hsec volumus cum nostro capitulo Eduensi et pensata utilitate nostre Bcclesie Eduensis. In cujus rei testimonium sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum. Datum Tullione Castro nostro, die Jovis post dominicam qua cantatur « Reminiscere. » Anno domini millesimo trecentesimo vicesimo primo.3

Un extrait d'autres lettres patentes nous montre que l'évêque Hélie n'eut qu'à se louer de la précédente transaction:

Considerantes insuper nos plura nostro Episcopatui acquisivisse priesertim in transactione inter nos et excellentem principem ducem Burgondie prolocuta, super proprietate et dominio medietatis castri et castellanie de Glana, virtute cujus transactionis dominus dux quatuor centum libras turonenses annui et perpetui redditus nobis et Episcopatui nostro assignare tenetur pro jure quod in dicto

1. Chassey (Côte-d'Or).

2. Dompierre (Côte-d'Or).

3. Arch. de la Côte-d'Or, B, 1250.

castro et castellania obtinemus, quod jus nobis et Episcopatui nostro sex viginti libras annui redditus vix valebat. Attendantes etiam quod dominus dux procurabit nostro capitulo Eduensi nobis et Episcopatui nostro in attenuationem et deductionem dictarum quatuor centum librarum annui redditus, omnes redditus etproventus quos habetet habere potest in territorio de Moloseyo de Manleto2 et dou Porriot5. Et feodum seu homagium de Sansereyo * consensit et disposuit

assignare , etc. Datum die martis post dominicain qua cantatur

Lefare, apud Tullionem castrum nostrum, anno Domini millesimo trecentesimo vicesimo primo.s

Cependant, les formalités pour la validation de l'acte n'étaient point terminées. Il était nécessaire, pour que la transaction fût valable, qu'elle reçût l'approbation du souverain Pontife qui résidait alors à Avignon.

L'enquête sur les faits articulés fut ordonnée dans une petite bulle du pape Jean XXII, sous forme de « mendamentum, » le 5 décembre de l'année 1322. Voici la copie intégrale de cette pièce, munie au repli d'une cordelette de chanvre portant la bulle de plomb à l'empreinte de saint Pierre et saint Paul:

— Johannes episcopus, servus servorum Dei, dileclis filiis sancti Benigni et sancti Stephani Divionensis, Lingonensis diocesis ac sancti Petri Cabilonensis monasteriorum abbatibus salutem et apostolicam benedictionem. Oblata nobis dilecti filii nobilis viri Odonis ducis Burgundie petitio continebat quod dudum inter duces Burgundie progenitores ejus ex parte una, et episcopos Eduenses qui fuerunt pro tempore, super medietate castri de Glana Eduensis diocesis, ejusque pertinentiis ex altera orta materia questionis. Tandem quibusdam discretis mediantibus viris, venerabilis frater noster Eduensis episcopus, jus quod sibi in medietate hujusmodi competebat, necnon et reliquam medietatem quam idem Episcopus obtinebat pacifiée cumcertis aliis bonis Ducis ejusdem equivalentibus vel utilioribus ecclesie Eduensi cum prefato Duce sub ea condicione

1. Méloisoy, canton de Beaune (Côte-d'Or).

2. Manlay (Côte-d'Or).

3. Le Pouriot, commune de la Grande-Verrière (Saône-et-Loire).

4. Censerey, canton de Liernais (Côte-d'Or).

5. Arch. de la Côte-d'Or, B, 1250.

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