Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité, Band 1

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Seite 35 - Aujourd'hui, comme aux jours de Pline et de Columelle, la jacinthe se plaît dans les Gaules, la pervenche en Illyrie, la marguerite sur les ruines de Numance; et pendant qu'autour d'elles les villes ont changé de maîtres et de nom, que plusieurs sont rentrées dans le néant, que les civilisations se sont choquées et brisées, leurs paisibles générations ont traversé les âges, et se sont succédé l'une à l'autre jusqu'à nous, fraîches et riantes comme aux jours des batailles.
Seite 32 - L'histoire, dans son commencement comme dans sa fin, est le spectacle de la liberté, la protestation du genre humain contre le monde qui l'enchaîne, le triomphe de l'infini sur le fini, l'affranchissement de l'esprit, le règne de l'âme.
Seite 34 - Mais que sais-je ce qui va suivre ! Quelle aveugle précipitation! Qui le presse? Comment ne craintil pas de défaillir avant l'arrivée ? Ah ! si dans l'antique Épopée nous suivons de mers en mers les destinées errantes d'Ulysse jusqu'à son île chérie, qui nous dira quand finiront les aventures de cet étrange voyageur , et quand il verra de loin fumer les toits de son Ithaque?
Seite 33 - Ainsi, captif dans les bornes du monde , l'infini s'agite pour en sortir ; et l'humanité qui l'a recueilli , saisie comme d'un vertige, s'en va, en présence de l'univers muet, cheminant de ruines en ruines, sans trouver où s'arrêter. C'est un voyageur pressé, plein d'ennui, loin de ses foyers : parti de l'Inde avant le jour, à peine s'est-il reposé dans l'enceinte de Babylone, qu'il brise Babylone; et, restant sans abri , il s'enfuit chez les Perses , chez les Mèdes , dans la terre d'Egypte....
Seite 33 - Nord, et qui n'est ni le frémissement des feuilles, ni le cri de l'aigle, ni le mugissement des bêtes sauvages? Ainsi, captif dans les bornes du monde, l'infini s'agite pour en sortir; et l'humanité qui l'a recueilli, saisie comme d'un vertige, s'en va, en présence de l'univers muet, cheminant de ruines en ruines, sans trouver où s'arrêter.
Seite 127 - Adieu, terre hospitalière, terre paisible ! que puis-je te rendre pour tout ce que j'ai reçu de toi? Tu n'as ni le doux climat de la France, ni la liberté plus douce de l'Angleterre, ni les sites agrestes de l'Ecosse, ni les ruines antiques de l'Italie, ni l'air embaumé des myrthes de la Provence.
Seite 91 - Depuis ce temps , histoire , mythologie, beaux-arts, pas un livre remarquable sur ce« sujets ne l'a suivi et dépassé où l'on ne sente plus ou moins immédiatement son influence créatrice. Pour parler sa langue, il ressemble à ce lotus sacré des védas qui, balancé ça et là sur les eaux primitives, porte au loin dans son frêle calice tout un univers naissant. Outre ses nombreuses imitations de l'anthologie orientale et classique dans lesquelles éclate au plus haut degré le sentiment de...
Seite 21 - Herder f;iit naître ces deux mondes l'un de l'autre, ou plutôt il n'en fait qu'un seul et même être. Si les lois physiques ont construit l'univers, les lois de l'humanité ont construit le monde de l'histoire. Or, comme l'homme n'est dans sa nature multiple que l'abrégé le plus complet, et, pour ainsi dire, le point central de toutes les forces organiques, les lois de son espèce ne sont autres que celles de la création inerte, qui vont de toutes parts se réunir en lui, pour se manifester...
Seite 63 - ... langues. Chaque cité apparaît quand son jour est venu, sous la forme que le monde réclame. A toutes il a donné une forme particulière, une physionomie propre ; et certes, si l'on a pu dire, sans paraître insensé, que la voûte des cieux, que l'écho des montagnes, que le bassin des mers, que le mélange de couleurs, de bruits, de parfums qui vivifient l'espace et amusent nos sens d'une vaine et inconstante joie, sont les expressions de ses idées; c'est, je le jure, une , autre poésie,...
Seite 64 - Au reste, si jamais cette philosophie de l'histoire devient un recours dans la détresse ou publique ou privée, ce doit être surtout dans ces temps où, tout flottant au gré des serviles convoitises de quelques-uns et de la lâche incurie du plus grand nombre, ceux qui ont conservé au moins le souvenir d'une patrie, la cherchent vainement au milieu d'un débordement de paroles traîtresses, sans plus savoir que penser de l'heure présente. Rien ne rassure alors comme le témoignage des siècles...

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