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PERSÉVÉRANCE

EX P O S E
lllSI0RIQUE, DoGMAT1QU E, MORAL ET LITURGIQUE
DE LA RE LIG ION

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DE PERSÉVÉRANCE

DECXIKUt: PARTIE.

T LEÇON.

ÉTAT DU MONDE A LA VENUE DU MESSIE.

Étal politique et religieux des Gentils. — Domination romaine. — Idolâtrie. — État politique et religieux des Juifs. — Division de leur territoire. — Dép endanee des Romains. ••- Series : Pharisiens, Esséniens, Sadducéens, Hérodiens.

Nous venons de quitter le monde ancien; aujourd'hui nous'mettons le pied sur le monde nouveau dans lequel doivent s'accomplir, se vérifier, se compléter les promesses, les figures, les prophéties, les enseignements, dont l'histoire a si longtemps occupé notre esprit et fait battre notre cœur. Avant d'aller plus loin, apprenons à con naître ce monde nouveau, témoin de tant de merveilles.

L'empire romain, qui, suivant la prophétie de Daniel, devait renverser et absorber tous les autres empires, était parvenu à son plus haut degré de gloire. Il embrassait dans son vaste sein presque tontes les nations connues. Après une lutte longue et sanglante contre ses nombreux rivaux, Auguste, vainqueur par terre et par mer, était

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tranquillement assis sur le trône des Césars : la terre entière reposait dans une paix profonde. Mais toutes les nations, excepté le peuple juif, étaient plongées dans les ténèbres de l'idolâtrie : l'univers n'était plus qu'un vaste temple d'idoles;jamais la corruption ne fut plus profonde ni plus universelle. Les hommes ne rougissaient pas d'offrir leur encens aux divinités les plus ridicules et les plus infâmes. Les uns adoraient le soleil , la lune, la terre, l'eau, le feu; les autres se prosternaient devant des bœufs, des chats, des crocodiles et des serpents, et jusque devant les légumes qui croissent dans les jardins. Rome, maîtresse du monde entier, Rome, qui avait mis tous les peuples dans les fers, devint à son tour esclave de leurs erreurs et de leurs désordres : elle encensa les divinités mêmes qu'elle avait menées en triomphe. Pas une, si absurde, si infâme qu'elle fût, à qui elle n'offrît un asile : elle compta enfin jusqu'à trente mille dieux. On ne se contenta pas de changer les bêtes en dieux, on changea aussi les dieux en bêtes, puisqu'on leur attribua les passions les plus brutales. On se fit des dieux si abominables, qu'on les punirait ici-bas comme de vils scélérats. Loin de porter à la vertu, leur exemple n'offrait pour tableau du bonheur suprême que des forfaits à commettre et des passions à satisfaire. L'adultère, l'impudicité, le vol, l'ivrognerie, avaient leurs dieux protecteurs. Nous ne raconterons pas ici les cérémonies par lesquelles les différents peuples honoraient ces dieux immortels : toute âme honnête sait pourquoi. La gravité romaine me traitait pas la religion plus sérieusement, puis

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