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vince Séquanoise. 19

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que de contenir les Peuples de la Germanie, les seuls qu'elle avoit à redouter , puisque ce sont ceux-là qui l'ont enfin détruite ; & de les empêcher d'aprocher de l'Italie, & de la Province que Rome possédoit déja dans les Gaules,

omme ils auroient fait , s'ils s'étoient emparés du Pais des Séquanois. Mais quelle satisfaction pour César, de voir les Gaules se livrer à lui, pour ainsi dire ; & avide de gloire comme il l'étoit , d'avoir de nouveaux sujets de triomphe ! Il congédia donc les Députés Gaulois en leur donnant de bonnes espérances , & se prépara dès ce moment à faire la guerre aux Germains. Cependant avant que de la commencer, il tenta la voie de la négociation.

Il fit demander une entrevuë à Arioviste, qui enflé de sa puissance & de ses succès, répondit que si César avoit quelque chose à lui dire , il pouvoit venir lui parler. Céfar ne parut point irrité de cette réponse grossiére & méprisante, & pour mettre Arioviste dans tout le tort, il lui fit faire des propositions d'accommodement, ausquelles Ariovilte répondit encore avec arrogance.

On avertit alors César , que les cent Cantons des Suéves, qui étoient la Nation la plus puissante de la Germanie, aprochoient du Rhein, &que les troupes d'Arioviste faisoient des courses dans les Pais d'Autun & de Tréves. Comme on lui dit aussi, que ce Roi avoit dessein de s'emparer de Besançon, Ville Capitale des Séquanois, également forte par l'art & par la nature , bien pourvuë de munitions, & dans une situation propre à tirer la guerre en longueur ; il comprit aisément, qu'il lui étoit important de le prévenir , & d'entrer dans cette Place, dont il sçavoit que les portes lui seroient ouvertes. Maisil craignoit qu'elles ne le fussent aussi à Arioviste dans l'état où étoient les affaires du Païs , s'il ne se présentoit le premier. Il y marcha donc en grande diligence , il y füt reçu avec joie, & il y fit reposer son Armée pendant quelques jours.

Les soldats de César , qui n'avoient point encore eu affaire aux Germains, s'informérent de leurs forces & de leur maniere de combattre. Mais soit que la peur eût

grossi grossi les objets aux Gaulois que les Germains avoient Þattus , soit qu'ils eussent la vanité de vouloir persuader, qu'il n'avoient pû être défaits que par des hommes extraordinaires; ils exagérent la haute taille des Germains , leur force, leur courage , leur connoissance dans l'art militaire, & jusques à la fierté de leurs regards , qu'ils disoient être insoutenables dans le combat,

A ce récit, l'épouvante se mit dans l'Armée Romaine, & gagna jusqu'aux Officiers. César en fut informé. Il assembla se's Soldats. Il leur parla avec cette noble éloquence dans laquelle il excelloit , & cet air d'autorité inelé d'une certaine douceur , qui le faisoit craindre & aimer en même tems. Il leur fit sentir, que les Germains ne leur devoient pas paroître plus redoutables, que les Cimbres & les Teutons qui avoient été taillés en piéces par Marius ; & leur dit que les Helvétiens contre lesquels ils venoient de se mesurer avec tant d'avantage, avoient souvent battus les Germains.

L'Armée fut ranimée par ce discours. Elle demanda de marcher à l'ennemi , & César profita de cette disposition, Il fit un détour de quelques lieuës, pour avoir un chemin plus ouvert , & par lequel il pût recevoir plus facilement les vivres, qui lui venoient non seulement du Païs des Séquanois, mais encore du côté d'Autun, de Toul & de Langres. Je crois qu'il palla par Veloul , au lieu de prendre le chemin de Porentru , ou celui de Baume , Čléreval , & Montbéliard , qui font les routes les plus courtes & les plus ordinaires, mais les plus couvertes de bois & remplies de montagnes , pour aller de Besançon du côté du Rhein, où Arioviste avoit rassemblé ses troupes.

Au septiéme jour de marche , Celar aprit que l'ennemi n'étoit plus qu'à six lieuës. Arioviste surpris de la hardiesle & de la diligence du Général Romain, fit des réflexions, & demanda une entrevuë. César y consentit. L'entrevuë le fit , mais inutilement, parce qu'on s'aperçut que le Roi Germain ne l'avoit demandée que pour surprendre César. On employa dès lors de part & d'autre,

quelques ruses pour se couper les vivres par des campements avantageux.

Enfin César força Arioviste à donner bataille. Les Germains se défendirent en gens de courage , & qui entendoient le métier de la guerre ; mais les Romains le fçavoient mieux qu'eux , & ils étoient commandés par le Capitaine le plus heureux & le plus habile qu'il y eût. Ils enfoncérent donc les Germains , les mirent en fuite & les poursuivirent jusqu'au Rhein , que quelques-uns des fuyards pafférent à la nage ou dans des barques. Arioviste fut du nombre de ces derniers. Le reste fut tué, pris, ou dissipé.

Cluvier estime que cette bataille se donna à Dampierre en Franche-Comté, dans le coniluent du Doux & de la riviére de Porentru. Il prétend que l'on y trouve les plaines & les élévations dont César parle à l'occasion de cette affaire. Il dit que Dampierre est éloigné de Besançon defix jours de marche, en faisant sept milles par jour, qui étoit la marche ordinaire des troupes Romaines ; & à cinquante milles du Rhein , qui est la distance que les Commentaires de César mettent entre ce fleuve & le lieu de la bataille.

Cependant les anciennes éditions de César, portent cinq milles au lieu de cinquante milles. Ciaconius & Hotoman , sont les premiers qui ont fait imprimer quinquaginta pour quinque; fondés sur Orose & sur Plutarque, qui mettent cette bataille, l'un à cinquante milles , & l'autre à quatre cens stades du Rhein. Mais comme ces nombres ont pû être facilement altérés dans ces derniers Auteurs ; que les manuscrits de Plutarque varient, & qu'il y en a qui portent quarante stades au lieu de quatre cent; que l'ancien Interprete Grec de César , l'a traduit par quarante stades , qui font cinq milles ; & qu'on lit quinque dans les manuscrits de ses Commentaires; je crois que l'on doit mettre la défaite d'Arioviste à cinq milles du Rhein, & les circonstances du fait me semblent le prouver d'ailleurs.

César dit en effet , que les Germains s'enfuirent, & qu'ils furent poursuivis jusqu'au Rhein. Comment se pourroit-il faire, qu'une grande Armée en déroute, n'ait cessé de fuir ; & que le victorieux déja las & fatigué du combat , ait continué de tuer & de poursuivre, pendant l'efpace de cinquante milles ? Les Germains furent presque tous tués par la Cavalerie qui les poursuivoit , & Ariovifte lui-même n'échapa qu'à la faveur d'une nacelle, qu'il trouva par hazard au bord du fleuve. Il n'avoit point de Places en deçà du Rein; car il fit sçavoir à Célar que s'il osoit l'attaquer , il aprendroit à ses dépens, ce que pou

voit une Nation belliqueuse , qui depuis quatorze ans · n'avoit point eu de couvert. Il étoit campé loin de Be

fançon , puisque César crut qu'il pourroit y arriver avant lui, au cas qu'il pensât à y entrer. Les Séquanois étoient déclarés contre lui ; il n'est pas probable qu'il se fût engagé dans leur Païs , & éloigné de la Germanie & du Rhein, dont il tiroit des vivres & attendoit du secours. Quant aux jours de marche de l'Armée Romaine, qui sont la principale raison de Cluvier; il faut observer qu'au septiéme jour, les Romains étoient encore éloignés de lix lieuës des ennemis ; qu'ils partirent de Besançon pendant la nuit, & qu'ils firent de grandes journées , parce qu'il leur étoit important d'attaquer Arioviste, avant que les Suéves qui venoient le joindre, eussent passé le Rhein. Ils ont donc pû en sept jours arriver à sept ou huit lieuës de ce fleuve, quoiqu'ils euflent pris un détour.

L'Armée des Germains, étoit composée de Marcomans, de Séduliens & d'Harudes , dont Arioviste étoit Roi ; & il avoit pour troupes auxiliaires , des Suéves, des Triboces, des Vangions & des Nemétes. Les cent Cantons des Suéves , qui s'étoient aproches du Rhein pour le joindre, rebroussérent chemin, quand ils aprirent la déroute; &cette importante affaire, dont la nouvelle se répandit jusqu'au fond de la Germanie , y donna une telle réputation aux armes Romaines, que leur alliance & leur recommandation, y tinrent lieu à la suite d'une protection puissante.

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