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* Lib. 7.

& P. Sulpitium , Čabiloni & Mariscone in Æduis ad Arge rim , rei frumentariæ caufa , Cæfar collocat. * Il y a bien peu de chemin dès Mâcon jusqu'à l'embouchure de la Sône, & les Ségusiens qui sont à l'Occident de cette riviere du même côté que Chalon & Mâcon, étoient aussi réputés Eduois , parce qu'ils étoient leurs Clients.

Cependant on veut placer les Ségusiens à l'Orient de la Sône, & les mettre aux deux bords de cette riviere , contre les notions que les anciens Auteurs nous ont données de l'état des Gaules : car on y lit communément, dans les defcriptions qu'ils font des differens Pais qui les compofoient, que les Peuples de ces Païs, étoient séparés les uns des autres par des montagnes & des rivieres; & que s'il y en avoit quelqu'un qui n'eût pas de pareilles limites, il étoit sous la domination de celui qui le touchoit immédiatement, ou il l'avoit lui-même dans sa dépendance.

Mais remarquez , je vous prie , Monsieur , l'absurdité dans laquelle tombent ceux qui font les Bressans, Ségusiens & Clients des Eduois. Ils anéantissent, pour ainsi dire,la limite que César & Strabon ont donnée aux Eduois & aux Sequanois : car ils la réduisent à un si petit espace, que ce ne feroit pas la peine d'en parler. Le Pere Monnet, qui est dans ce fyłtême, en convient quand il dit : Arar Sequanos ab Æduis dividit , certâ quâdam brevi regione. La Sône en effet couloit entre les Séquanois & ceux de Langres jusqu'à S. Jean de Lône. Comptez combien il y a de lieues dès-là jusqu'à la Bresse Chalonoise, vous n'y en trouverez pas six. Or je laisse à penser si Strabon & Céfar , auroient nommé la Sône comme la seule limite de deux grands Peuples , pour un si petit espace ; & fi les péages d'un bout de riviere , auroient causé entre eux des dissentions, qui ont failli à faire périr les Eduois. Une guerre qui avoit armé les Gaules & la Germanie , devoit avoir un plus grand objet , & regarder tout le cours de la Sône, dès l'Etat de Langres jusqu'à Lyon.

Il me reste fur ce point, Monsieur , à répondre aux au.. torités que vous avez citées. La premiere est celle de César,

* Lib.7.

qui dit que le Conseil des Gaules, imposa une levée de
35000 hommes à ceux d'Autun & à leurs Clients:Imperant
_duis , atque eorum Clientibus , Segusianis , Ambivaretis,
Aulercis, Brannovicibus, Brannoviis, millia 35. * On pré-
tend que Brannovii & Brannovices,étoient les habitans de
la Breile & du Bugey; mais sur quel fondement le pré-
tend-on? & César a-t-il dit,que ces Peuples habitoient les
contrées qu'on apelle à présent le Bugey & la Bresse ?
· Les sçavants conviennent d'ailleurs que cet endroit de
César estalteré,& qu'il faut lire Ambarri, qu’ontient com-
munément être les Peuples du Nivernois, au lieu d'Am-
bivareti qui habitoient aux environs de Namur , &
d'Aulerci qui étant dans les Diocèses du Mans & d'Evreux,
sont bien éloignés d'Autun & n'ont jamais été les Clients
des Eduois. Quant aux Brannoviens & aux Brannovices,
on croit que c'est le même nom différemment écrit dans
les anciens exemplaires ; ce qui a fait penser , que César
avoit parlé de deux Peuples différens. Aucun autre Auteur
ne nomme les Brannoviens ni les Brannovices, du moins
pour les placer auprès du Rhône & de la Sône ; & s'ils
ont été réellement nommés dans César , il faut les enten-
dre des Habitans du Brionnois au Diocèse d'Autun, & de
Blenau auprès de Nevers. .

Aussi depuis long-tems, chacun a abandonné le système
qui met les Brannovices & les Brannoviens dans la Bresse
& dans le Bugey : mais on a substitué à leur place les Sé-
busiens, sous prétexte qu'on lit dans les Commentaires de
César, qu'il entra du Païs des Allobroges dans celui des.
Sébusiens.

L'erreur de ce nouveau systéme, vient de ce qu'on n'a pas réfléchi, qu'aucun autre Auteur n'a nommé les Sébuliens , & qu'ils ne sont ici que par une faute des Copistes qui ont changé le G en B, ce qui se fait assez facilement : car César donne par-tout ailleurs au même Peuple,le nom de Ségusiens. *

Lib.7, cap. 12 Je dis qu'aucun autre Auteur n'a nommé les Sébusiens, eä it. parce qu'on doit aussi regarder comme une faute de Com

piste , ce qu'on voit dans quelques éditions de Ciceron : O rem incredibilem ! O nuncium volucrem ! administri , &

satellites sexti Nævii , Româ , trans Alpes , in Sebusianos Oratio pro p. biduò veniunt. * On devroit plûtôt lire , Segufianos au Quinctio. n. 80. , lieu de Sebusianos.

Mais cette leçon ne vaudroit pas mieux que la premiere, car il faut lire Segufinos; & pour s'en convaincre il n'y a qu'à faire attention,que Ciceron parle d'une assignation donnée par Nævius à son Associé, dans un lieu gouverné par un Magistrat Romain, &où ils avoient du bien & un domicile commun; ce qui ne peut être entendu de la Bresse, du Bugey, ni du Païs des Ségusiens, qui n'étoient pas soumis à la République, dans le tems que Ciceron plaidoit pour Quinctius.

Il faut donc l'entendre d'un lieu de la domination Romaine & voisin des Alpes , où il y avoit des Peuples qui portoient le nom de Ségusiens ou Ségousins. C'étoient ceux d'auprès de Suze, où l'on voit un arc de triomphe érigé à l'honneur d'Auguste, par le Magistrat Romain qui gouvernoit les Peuples des environs, parmi lesquels on en trouve deux qui s'apelloient Segoufii & Segusini. Aussi les Sçavans qui ont écrit les derniers sur notre question, ont rejeté de la Bresse & du Bugey , les Sébusiens comme les Brannoviens & les Brannovices, pour y placer les Ségufiens, qui occupoient suivant eux les deux côtés de la Sône.

Pour moi je place les Ségusiens à l'Occident du Rhône & de la Sône , dans le Païs que nous apellons le Lyonnois, le Foretz, & le Beaujolois. C'est-là qu'on trouve les Villes an

ciennes que leur donne Ptolomée : Rodumna Roanne , & * Prol.lib. 2, cap. Forum Segufianorum, Feurs. C'est-là aussi, qu'étoit située

celle de Lyon qui avoit été bâtie chez eux: Segufiani liPlin. lib.4,Hin. beri, in quorum'agro.Colonia Lugdunum, * & qui étoit de

venuë leur Capitale : Præeft hæc urbs , genti Segufianorum.* * Strab. lib. 40

Vous m'oposerez peut-être,que Lyon est entre le Rhône & la Sône, & dans leur confluent jusqu'auquel je pousse la Province Séquanoise : mais distinguez, je vous prie, Monsieur, Lyon moderne tel que nous le voyons aujour

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nai.

d'hui entre le Rhône & la Sône, de Lyon ancien tel qu'il a été dans les premiers siécles de l'Empire. Il étoit alors sur la montagne de Fourviere à l'Occident de la Sône, & il a été transporté entre le Rhône & la Sône dans les siécles suivans. Vous en trouverez les preuves dans l'Histoire Litteraire de cette Ville par le Pere de Colonia. * *Chap. 16, part.

C'est du lieu où je place les Ségusiens, qu'ils pouvoient " facilement exécuter l'ordre qu'ils reçûrent de Vercingentorix, d'entrer chez les Allobroges, & de leur faire la guerre. Æduis Segufianisque , qui sunt finitimi provinciæ , imperat bellum inferre Allobrogibus. * Ils étoient voisins *Cerita des Allobroges, parce qu'ils touchoient le Dauphiné dans toute l'étenduë qu'a aujourd'hui le Lyonnois. Il leur étoit facile de les attaquer en passant le Rhône du côté de Vienne; mais ils n'auroient été ni voisins des Allobroges, ni à portée d'entrer chez eux dès la Bresse , parce qu'ils auroient encore été séparés d'eux par le Bugey qui étoit du * Païs des Séquanois.

Strabon, quoique vous me l'oposiez, ne me paroît pas contraire à l'opinion que je défens. Il dit que Lyon est la Capitale des Ségusiens , qui habitoient entre le Rhône & un autre fleuve qu'il nomme Dubim : Præeft Lugdunum genti Segufianorum , f18æ inter Rhodanum * Dubim fluvios. Voilà les Ségusiens placés sur le bord du Rhône. Ce ne peut pas être entre ce feuve & la Sône, car Strabon ne le dit pas. Il dit au contraire, que c'est entre le Rhône & un fleuve autre que la Sône. "Il a mis les Ségusiens sur le Rhône , & ce ne peut pas être avant la jonction avec la Sône , parce que les Auteurs placent les Séquanois le long du Rhône en cet endroit, & qu'ils en font encore en polsession, par la dépendance de Bellay de l’Archevêché de Besançon : il faut par conséquent mettre les Ségusiens sur le Rhône, vis à vis de Vienne & au- dessous du lieu où il reçoit la Sône.

La difficulté est de connoître l'autre fleuve, que Strabon apelle Dubis. Ce ne peut pas être le Doux qui traverse la Franche-Comté, parce que quand on mettroit la Bresse

chez les Ségusiens, ils ne seroient pas entre le Doux & le
Rhône , & que cette délimitation ne comprendroit pas la
plus grande partie de leur Païs où sont leurs seules Villes,
Lyon, Feurs & Roanne. Il faut donc que Strabon se soit.
trompé en nommant ici le Doux , & qu'il n'en ait pas.
connu la situation; d'autant qu'il dit un moment après, que
les Eduois sunt inter Dubim Ararim fluvios, ce qui est
manifestement faux; ou que fes Copistes aient écrit le:
nom du Doux pour celui de la Loire dans l'un de ces paf-
fages , & pour l'Allier dans l'autre, comme l'a coniectu-
ré M. de Valois dans sa. Notice , au-mot Ædui ; puisque
d'ailleuis le Rhône & la Sône sont fuivant Strabon , au:
Levant, l'un des Ségusiens , & l'autre des Eduois ; d'où
il suit que le confin opole doit être au Couchant, & ce-
pendant le Doux est au Levant de la Sône même:

L'obscurité de cet endroit de Strabon, peut être éclair-
cie par un autre , où parlant du Rhône, il dit : Rhodanus,
ab Alpibus magnus , magno defluit impetu ; qui etiam ubi. *
lacum magnum exit , alveum fuum ad multa stadia confpi-
cuum , inde in campestria Allobrogum & Segusianorum
lapsus apud Lugdunum, cum Arari concurrit urbem Segu
fianorum exhibet. Remarquez bien, je vous prie, Monsieur,
cette expression : inde in campestria Allobrogum & Segu-
fianorum lapsus apud Lugdunum, &c. car elle prouve que
ce n'est qu'à Lyon,que le Rhône commence à être la limi-
te des Allobroges & des Ségusiens, & dès-là seulement
que joint à la Sône , il parcourt les plaines des Ségusiens,
qui font le Lyonnois.

Cette explication est foutenuë par le passage d'Ammian Marcellin , dans lequel décrivant le cours du Rhône, il dit qu'étant forti du Lac Leman: Fertur per Sapaudiam &

Sequanos , longéque.progressus , Viennensem latere sinistro Lib. 15 in fin. perstringit , dextro Lugdunensem. * Le Rhône, suivant cet

Auteur, sépare les territoires de Vienne & de Lyon , mais ce n'est qu'après avoir passé entre la Savoye & le Païs des Séquanois , & y avoir eu un long cours, longè progreffus ; ce que Strabon explique par ces mots, mulia (tadia, que

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