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de ces quatre moyens, dont vous ferez u.sage sans étude particulière et sans vous y arrêter trop longtemps. Mais choisissez de préférence celui auquel vous vous sentirez le plus d'attraits.

II. Invocation. Pour invoquer le secours divin, prosternez-vous en esprit devant le Seigneur, et reconnaissez-vous indigne de vous entretenir avec lui dans l'Oraison. Cependant, puisque sa bonté infinie daigne vous admettre à cet honneur, et qu'elle vous y invite même dans les saintes écritures, servez-vous de quelques aspirations courtes et ferventes, telles que celles-ci : Ne me rejetez pas, ô mon Dieu! de votre présence, et ne m'ôtez point le don de votre Esprit-Saint. Regardez d'un œil favorable voire servante, et je considérerai vos merveilles. Donnez-moi l'intelligence, et je méditerai votre Loi; etjela garderai de tout mon cœur. Parlez, Seigneur, parce que votre servante écoute; et autres semblables.

III. Représentation Du Sojet. Proposez ensuite a votre imagination le Mystère que vous voulez méditer, comme s'il se passait réellement en votre présence. Par exemple, si vous voulez vous représenter Notre-Seigneur attaché pour vous sur la Croix, vous vous imaginerez que vous êtes avec lui sur la montagne du Calvaire, et que vous voyez tout ce qui s'y fait le jour de la Passion; ou bien encore, vous vous figurerez que l'on crucifie actuellement Notre-Seigneur dans l'endroit même où vous êtes. Quant aux choses invisibles; telles que les Mystères de la grandeur de Dieu et les perfections divines considérées en elles-mêmes, l'excellence des vertus, la fin pour laquelle nous avons été créés; on ne peut se les retracer par l'imagination, et il suffit de les proposer simplement à son esprit. Mais la plupart de ces sujets sont, ou trop relevés ou trop épineux pour les commençants, et jusqu'à ce que Dieu vous donne le désir de vous en occuper dans l'Oraison, vous ferez bien de vous en tenir aux choses sensibles.

Corps De L'oraison. I. Considération. Après vous être ainsi représenté le sujet de votre méditation, servez-vous de quelques considérations particulières, pour émouvoir votre cœur et l'exciter à l'amour de Dieu, et attachezvous pour cela aux circonstances qui vous frapperont le plus dans le Mystère que vous aurez choisi. Si vous trouvez dans l'une de ces circonstances assez de goût, de lumière et de fruit, arrêtez-vous à cellelà, et ne réfléchissez point aux autres, à moins que cette première considération ne soit épuisée. Mais faites tout cela sans violence et sans contrainte, et ayez soin d'éviter le trouble et l'empressement.

II. Affections. La Méditation fait naître de la volonté, de bons mouvements; tels que l'amour de Dieu et du prochain, et le désir d'arriver à la gloire éternelle et d'imiter la vie de Notre-Seigneur, la compassion à la vue de ses souffrances, l'admiration de ses bontés, la joie de l'avoir pour Rédempteur, la crainte d'encourir sa disgrâce, la haine du péché, la confiance en la miséricorde de Dieu, la honte de nos dérèglements passés; et ces affections saintes, il faut les entretenir le plus qu'il sera possible.

III. Résolutions. Il faut en tirer des résolutions particulières pour la correction et l'amendement de nos mœurs. Par exemple, ces paroles que Jésus-Christ prononça sur la Croix : Mon Père, pardonnez-leur, ne manqueront point d'exciter dans votre ame le désir de pardonnera vos ennemis et de lesaimer à l'exemple de votre Sauveur. Pour rendre ce désir efficace, :ijoutez-y de suite la résolution de ne plus vous offenser des paroles piquantes que telle ou telle personne aura pu dire contre vous, ni du mépris qu'elle pourra encore vous témoigner. Proposez-vous, au contraire, de prendre tel ou tel moyen pour gagner ou adoucir cette personne, et de lui rendre tous les services qui dépendront de vous. A l'aide de ces résolutions, vous vous corrigerez en peu de temps de vos mauvaises habitudes; mais si vous vous contentez des affections seules, vous ne vous corrigerez que très-tard etavec beaucoup de peine.

CONCLUSION.

I. Remerciement. Remerciez la divine Bonté, des saintes affections qu'elle a excitées dans votre a me, (car vous n'avez pu les produire de vous-même) et des résolutions qu'elle vous a inspirées. II. Offrande:. Offrez les unes et les autres au Seigneur, conjointement avec le Sang que Jésus-Christ son Fils a voulu répandre pour vous. III. Demande. Suppliez-le par les mérites infinis de cet aimable Sauveur, de vous accorder la grâce nécessaire pour exécuter fidèlement ce que vous vous êtes proposé. Priez encore pour l'Eglise, pour vos pasteurs, pour vos parents, pour vos amis, et implorez pour eux comme pour vous, l'intercession de la sainte Vierge, des Anges et de tous les Saints.

Il arrivera quelquefois que, immédiatement après la préparation, vous ressentirez aussitôt des affections qui vous porteront vivement vers Dieu, et vous ne devez pas vous en détourner pour chercher des considérations dont le seul but est de préparer votre cœur à recevoir des affections semblables. Dès que celles-ci se présenteront à vous, et que l'Esprit saint commencera à les produire dans votre ame, recevezles avec reconnaissance, soit qu'elles arrivent avant ou après ces considérations, auxquelles on peut également entremêler l'action de grâces, l'offrande et la prière ; car lorsqu'on se sent porté à ces dernières, on ne doit pas plus les différer que les autres affections, quoiqu'à la fin de la méditation il soit nécessaire de les reprendre. Quant aux résolutions, il faut toujours les faire à la fin de l'Oraison, parce que, portant sur des objets particuliers et familiers, elles vous mettraient en risque d'être distraite, si vous les formiez au milieu des affections.

Ayez soin de vous rappeler dans la journée, deuxou trois considérations qui vous auront le plus touchée dans l'Oraison du matin, et retenez surtout les résolutions que vous aurez prises afin de les exécuter avec fidélité; sans cette attention, la Méditation vous serait non-seulement inutile, mais nuisible; car lorsqu'on oublie de suite les bons desseins que l'on avait formés, on se persuade aisément qu'on est tel que l'on s'est proposé d'être, quoique l'on reste beaucoup en deçà de ces bonnes résolutions, et rien ne sert tant que cette persuasion, à entretenir l'orgueil. Enfin, au milieu même de vos occupations, rappelez-vous à propos la présence de Dieu, ménagez-vous quelques instants de silence, et ne vous laissez pas aller à une dissipation excessive qui vous ferait perdre en peu de temps tout le fruit de l'Oraison.

Pour vous exciter à la ferveur pendant la méditation, il vous sera utile de parler intérieurement tantôt à Notre-Seigneur, à la sainte Vierge, aux Angeset aux Saints, qui ont eu quelque part au Mystère que vous vous représentez ; tantôt à vous-même et à votre propre coeur, aux pécheurs endurcis et même aux créatures insensibles, comme David l'a fait dans ses Psaumes, et que d'autres Saints l'ont encore pratiqué.

Ne vous rebutez pas des sécheresses que vous éprouverez quelquefois dans ce saint exercice. Si, maigre les considérations que vous aurez faites, votre cœur ne se sent point ému; si même il est agité de tentations, et que vous éprouviez les impressions les plus contraires aux vertus que vous désireriez acquérir, ne vous laissez point aller à la tristesse, et n'interrompez point le cours de votre Oraison. Pénétrez-vous alors du sentiment de votre indignité, et dites, à l'exemple de la Chananéenne: Oui, Seigneur, il n'est pas juste de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens; mais les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître. Ou bien encore avec David: Je suis devant vous comme ces créatures vivantes, mais dépourvues de raison et d'intelligence; cependant, Seigneur, je veux toujours vous rester attachée, et ne point m éloigner de vous. Que s'il plaît à ce Dieu plein de majesté, de vous parler et de s'entretenir avec vous par de saintes inspirations, et par des consolations intérieures, ce vous sera sans doute un grand honneur et un plaisir délicieux; mais s'il ne lui plait pas de vous

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accorder cette grâce, vous ne devez pas cependant vous retirer de sa présence, mais au contraire y demeurer avec calme et tranquillité; alors il agréera infailliblement votre patience et votre fidélité, lorsque vous vous représenterez encore devant lui, il saura vous dédommager par des faveurs particulières, de la peine que vous aurez soufferte. Mais quand il différerait longtemps à vous consoler, qu'il vous suffise de savoir que rien de ce qu'on fait pour lui, ne demeure sans récompense, et que ce Dieu infiniment libéral ne se laisse jamais vaincre en générosité par sa créature.

AVANT L'ORAISON.

Je parlerai à mon Seigneur, quoique je ne sois que cendre et poussière.... Vous m'ordonnez, ô mon Dieu! de préparer mon ame avant l'Oraison : ah ! daignez vous-même l'aider à se recueillir devant vous, et agréez l'hommage de ma mémoire, de mon entendement et de ma volonté.... Venez, adorons le Seigneur et prosternons-nous en sa présence. Père tout-puissant, je vous adore par JésusChrist, le Médiateur suprême : c'est par lui que les Anges louent votre souveraine Majesté; que les Dominations l'adorent, et que les Puissances la révèrent avec une respectueuse frayeur. Jem'unis à ces célestes intelligences, et j'ose m'écrier avec elles : Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Dieu des Armées, les Cieux et

la Terre sont remplis de votre gloire Qui

êtes-vous, ô mon Dieu! et qui suis-je, pour que j'ose m'entretenir avec vous? Vous êtes tout, et je ne suis rien; vous êtes le Saint des

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