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un tribunal visible et toujours subsistant, établi pour m'enseigner et résoudre mes doutes.

Mais si ce successeur de Pierre, si ces Evêques me trompent ?... Cela ne peut être : Jésus-Christ m'ordonne de les écouter; il est la vérité ; il ne peut réordonner d'écouter l'erreur : leurenseignementestdonc infaillible: je puis et je dois les écouter sans craindre de me tromper, comme j'écouterais Jésus-Christ lui même; et si, ce qui est impossible, je suis dans l'erreur en les écoutant, j'ai droit de m'ècrier, après Richard de Saint-Victor: « Ah ! si je me trompe, ô » mon Dieu, qu'il me soit permis de le dire, c'est » vous-même qui m'avez trompé. »

Voilà la règle invariable de ma foi, le Successeur de Pierre et les Evêques de sa Communion, réunis en conciles et même dispersés , puisque Jésus-Christ leur promet qu'il sera avec eux tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles. C'est d'après eux queje crois tout ce que je crois; et en fait de religion, je n'en écoute point d'autres, parce qu'il n'en est pas d'autres, qui aient mission de Jésus-Christ, c'est-à-. dire, qui soient envoyés par lui.

En vain on me dira que mon catéchisme m'enseigne des dogmes absurdes Ma réponse est toute

prête : Je ne crois que sur l'autorité d'un tribunal nécessairement infaillible : or un tribunal infaillible ne peut enseigner d'absurdités.

En vain on me cite, contre mon catéchisme, des passages de l'Evangile.... Je réponds que l'Evangile même n'est la règle de ma foi, qu'autant qu'il m'est interprété par l'Eglise. Je vois ce Livre divin devenu, entre les mains de toutes les secies séparées de l'Eglise, le foyer des disputes, des divisions et des erreurs les plus étranges et les plus déplorables, et je conçois avec évidence le grand mot de saint Augustin, quand il disait: « Je ne croirais pas à l'Evangile, si je n'y étais déterminé par l'autorité de l'Eglise catholique, c'est-à-dire, du successeur de Pierre, et des Evéques premiers Pasteurs de l'Eglise. »

Je crois donC mon Curé légitime, parce qu'il a mis

sion de mon Evêque ; Dion Evoque, parce qu'il a mission du souverain pontife, et par lui de l'Eglise; le souverain PoDtife et les Evoques, parce qu'ils ont mission de Jésus-Christ. Ce qu'ils admettent, je l'admets; ce qu'ils condamnent, je le condamne. Un livre me parait bon et édifiant, selon mes lumières ; j'apprends que le souverain Pontife et les Evoques le condamnent, je ne sais plus que le jeter au feu, sans écouter mes lumières. Car, si je crois sur l'autorité de l'Eglise, il y a trois personnes en Dieu, que JesusChrist est réellement dans l'Eucharistie, etc., c'està-dire, leschoses pour moi les plus incompréhensibles. je serais bien inconséquente et bien téméraire de ne pas croire sur la môme autorité, qu'un livre fût mauvais, que des opinions fussent contraires à la foi, à la discipline ou à la sainte morale de l'Eglise, C'est dans cette humble docilité, que je trouve la paix et la tranquillité de mon esprit, la solution de tous mes doutes, la réponse à toutes les difficultés et a toutes les objections.

Enfin plus je considère ma religion, et plus je vois que cette religion ne suppose rien de contraire à ma raison, et que si elle me propose des choses supérieures a ma raison, elle ne m'oblige de croire, qu'en (n'apportant des motifs auxquels ne peut se refuser ma raison.

Voilà ce qui me fait Chrétienne et Catholique, ce qui m'attache imperturbablement à ma foi, ce qui me met dans la disposition de mourir mille fois plutôt que de jamais la démentir ou la laisser en moi s altérer ou se corrompre.

Convaincue, pénétrée des grands motifs qui m'attachent à la Foi de mes Pères, je crois, malgré le cri d'une nature corrompue, malgré les Clameurs de l'hérésie, du schisme, de l'incrédulité et du libertinage. Je rejette de toute la plénitude de mon cœur les raisonnements spécieux d'une philosophie anti-chrétienne, confondue par la Religion divine que chérit l'homme de bien. Je renonce aux prétendues lumières de ses complices malheureux, partisans téméraires de la nouveauté. Malgré leur aveuglement et leurs erreurs, je vois en eux des frères: je sais les plaindre, non les haïr : à ce titre ils ont des droits à mes gémissements, à mes prières et au zèle qui me presse de les rendreà la vérité.... Maisà Dieu ne plaise que je préfère leur voix à celle de l'Eglise de Jésus-Christ. Fondée sur sa doctrine et sur ses décisions infaillibles, guidée par les leçons et par l'exemple des génies immortels, des hommes profondément savants, humbles, vertueux, qui ont élé la gloire de leurs siècles et les flambeaux du monde ; soumise, avec la docilité et la simplicité du grand Fénelon.à l'autoritédu SaintSiège et des premiers Pasteurs, je veux vivre et mourir dans la foi et dans la communion de l'ancienne Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.

Mais, en reconnaissant la nècessiié de cette Foi pure que Dieu me fait la grâce de professer, je conçois avec une égale conviction, qu'une foi faible, languissante, pusillanime, qu'une foi morte, ne répondrait point au don excellent que j'ai reçu. Ma foi, pour être digne du Dieu que je sers, doit être vive, ardente, active et féconde en bonnes œuvres. Je dois trembler d'avoir jamais la lAcheté, l'indigne bassesse de rougir de Jésus-Christ et de sa saime loi. Je sais que, d'après sa menace expresse, il rougirait de moi, quand, au jour de la manifestation des consciences, il viendra dans sa gloire me juger pour toujours.

Je prends donc la ferme résolution de confesser généreusement ma foi, et de me déclarer hautement pour elle dans toutes les rencontres, de l'honorer surtout par mes œuvres, de n'agir que par son esprit, d'observer avec une courageuse fidélité tout ce que me prescrit l'Evangile, tout ce que m'enseigne l'Eglise, et de me glorifier toujours de la Croix de Jésus-Christ.

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GrAces immorlclles vous soient rendues, Seigneur, de m'avoir fait naitre dans le sein de votre Eglise, de m'avoir reçue parmi ses enfants , de m'avoir nourrie dela doctrine de cetle Eglise formée du Sans adorable de votre Fils, et contre laquelle toutes les puissances de l'enfer n'ont jamais prévalu et ne prévaudront jamais. Tel est, ô mon Dieu, le choix qu'il vous a plu faire de moi, parmi tant d'autres que vous avez laissées dans les ténèbres de l'infidélité ou de l'erreur; et voilà ce que je dois regarder comme une marque de prédestination dont je ne puis assez vous bcnir, et comme uu bienfait dont je dois profiter.

Enfant docile de cetle sainte Mère, pénétrée de l'amour le plus tendre pour elle, pour son honneur et pour ses succès, je gémis de la voir aujourd'hui méconnue, outragée par ceux mêmes qu'elle a élevés, et je tremble pour les ingrats qui causent ses scandales et ses douleurs.

Vous nous l'avez prédit, Seigneur, que dans tous les temps il y aura des contestations, des schismes, des hérésies; et votre parole s'accomplit de nos jours, comme elle s'est accomplie dans les siècles passés. Mais, parmi ces mouvements, ces agitations qui divisent les esprits, fidèle à la règle que vous m'avez prescrite, je consulte votre Eglise et n'écoute qu'elle seule, en la personne de son Chef et de ses premiers Pasteurs ; je m'arrête à ce qu'ils m'enseignent, et dès qu'ils ont parlé, je me soumets, et je me lais. Par-là, ma foi devient plus pure, plus ferme et plus tranquille. Au milieu des tempêtes je me jette dans la barque de Pierre, et tout abattue qu'elle est des flots, je n'y crains ni écueils, ni naufrages. Hors d'elle, que deviendrais-je et que serais-je à vos yeux, Seigneur ? Car vous l'avez formellement déclaré dans votre Eglise: Que cetui qui n'écoute pas l'Egtise, doit être regardé comme un païen et comme un publitain.

Je veux donc, ô mon Dieu I confesser votre Nom: mais je le confesserai dans votre Eglise : je veux publier vos grandeurs, apprendre vos vérités ; mais je les publierai, je les apprendrai, je les accomplirai dans votre Eglise. C'est le sanctuaire unique où vous agréez notre culte: c'est la chaire infaillible où vous

V

nous enseignez vos voies ; c'est la seule porte par où nous allons à vous. Faites, ô mon Dieu, que par une soumission parfaite à son autorité, et par une vie conforme à son esprit et à ses divines leçons, je mérite de parvenir au triomphe éternel que vous lui destinez. Ainsi soit-il.

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