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AVIS SUR LE CHOIX D'UN ETAT.

Dieu est également l'auteur de tous les états nécessaires à la Société ; il n'en est pas un qu'il rejette, pas un où l'on ne puisse se sauver, puisqu'il n'en est pas un qui n'ait donné des Sjints. Mais ce n'est pas à dire qu'on puisse sans examen et sans conséquence embrasser, parmi les différents états, celui que l'on voudra, et ne consulter dans ce choix que des motifs purements naturels.

Quelque état que vous embrassiez, il est de foi que vous ne pouvez en remplir les devoirs et en éviter les dangers, qu'avec le secours de la grâce; et que ce secours, il n'appartient qu'à Dieu de vous le donner. La dépendance où vous êtes à l'égard de Dieu et de sa grâce, vous impose donc l'obligation de consulter Dieu et de suivre sa volonté dans une affaire aussi importante que l'est le choix dans un état de vie. Comment, en effet, oseriez-vous compter sur des grâces de prédilection, pour remplir les devoirs, éviter les dangers et supporter les peines d'un état que vous auriez choisi sans consulter Dieu, ou contre ses inspirations?

C'est ordinairement vers l'âge de quinze ou seize ans, qu'il est temps d'entrer dans cette importante délibération. Commencez, pour y réussir, par vous réconcilier avec Dieu. Un esprit obscurci par les ténèbres du péché, n'est guère propre à recevoir ses lumières. Mettez donc ordre à votre conscience, et donnez-vous un temps raisonnable, par exemple, cinq ou six mois au moins et même une année, pour consulter Dieu, avant de vous décider.

Pendant cet espace de temps, ne passez pas un jour, sans adresser à Dieu, et même plusieurs fois, cette prière de David : Seigneur, montres-moi la voie dans laquelle vous voulez que je marche. Mais que ce soit avec un désir vrai et sincère de connaître sa sainte et divine volonté. Dites-la encore à la Messe, dans le moment le plus précieux qui suit l'Elévation. Communiez souvent à celte intention, et ajoutez à vos Communions toutes les bonnes œuvres que vous pourrez faire dans les circonstances où vous vous trouvez.

Ne vous attendez pas, au reste, que Dieu fera quelque miracle pour vous montrer l'état auquel il vous destine. S'il a traité ainsi quelques Saints, c'est une grâce particulière à laquelle vous n'avez pas droit de prétendre. L'Ange qu'il vous enverra pour vous décider, sera un Confesseur auquel vous aurez exposé avec une grande droiture vos goûts, vos penchants, vos passions, en un mot, tout ce qui est capable de vous faire parfaitement connaître; mais consultez en pareille occasion un Confesseur prudent, éclairé, désintéressé. On a vu des personnes qui, pour être plus sûres que le préjugé n'entrait pour rien dans une décision si importante, consultaient par lettres sous un nom emprunté, un ou deux Directeurs connus par leurs vertus et leurs lumières- Un pareil exemple est quelquefois très-bon à suivre; mais cette conduite suppose que l'on est déjà formé, et que l'on sait, dans une lettre bien détaillée, mettre l'homme que l'on consulte, entièrement au fait de tout ce qui est nécessaire pour fonder une décision sage.

Après avoir agi avec autant de droiture, attendez avec patience et en menant une conduite toujours chrétienne, les moments que la Providence aura marqués, pour que vous puissiez utilement découvrir à ceux dont vous dépendez, les desseins de Dieu sur vous; et n'en parlez surtout à d'autres personnes qu'avec beaucoup de discrétion. Soutenez avec douceur et avec courage les retards qu'on pourra apporter à vos désirs, et ne soyez ni surprise, ni rebutée, si des parents chrétiens ne se rendent pas d'abord h vos vues, et s'ils éprouvent pendant un temps raisonnable la fermeté de vos résolutions.

PRIÈRE.

O Died, mon Créateur et mon Père ! je suis à vous, et je ne puis attendre que de vous les grâces nécessaires pour opérer mon salut : mais je sens en même temps que ce serait témérité de compter sur des grâces de prédilection, dans un état que j'embrasserais contre vos vues. Montrez-moi donc, ô mon Dieu, la voie dans laquelle vous voulez que je marche : donnez-moi la sincérité et la droiture d'intention nécessaires pour que vous m'exauciez. Oui, quelques répugnances qu'y éprouvât la nature, faites-moi connaître votre volonté, et avec votre secoursje suis prête à tout quitter pour la suivre. Mais aussi, ô mon Dieu, préservez-moi du malheur d'embrasser, contre vos vues, des conseils supérieurs à ma faiblesse, et de contracter des obligations qui pourraient devenir la cause de ma perte, si je n'avais pas le courage de les remplir. Je sais que je puis me sanctifier dans le monde, si c'est vous qui m'y conduisez, et que je risque beaucoup de me perdre dans les états les plus saints, si vous ne m'y conduisez pas. Parlez donc, Seigneur, votre servante écoute ! faites entendre assez clairement votre voix à mon cœur, pour que je ne puisse douter de vos volontés sur moi. Je vous le demande par le Sang que vous avez répandu pour mon salut, par l'intercession de la sainte Vierge et celle de ce saint Ange qui doit me conduire jusqu'à la mort dans la voie que vous me montrerez. Ainsi soit-il.

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Avis

RÈGLE DE CONDUITE POUR TOUS LES ÉTATS.

1. En quelque état que vous soyez, faites-vous connaître dans les occasions, par un attachement sincère au titre de Chrétienne et de Catholique dont vous êtes honorée. Ne vous mê'cz point de disputer inconsidérément sur la Religion: mais que les gens qui vous fréquentent, sachent que si vous êtes assez réservée pour ne point faire la savante, vous êtes assez instruite et assez décidée pour être inaccessible à tout ce qu'on pourrait vous dire contre la Religion et contre l'Eglise.

2. Servez Dieu avec les sentiments d'une enfant bien née pour le meilleur des Pères. On trouve encore des Chrétiens qui le servent, mais comme un maître terrible, comme un Juge redoutable: ils ne l'ont jamais envisagé que la foudre à la main. De là ces défauts decouliance, cet abattement, cette pusillanimité, ces scrupules qu'ils éprouvent dans son service. Voyez en Dieu un Père, et vous ne connaîtrez rien de tout cela.

3. Soyez véritablement Chrétienne, et ayez le courage de le paraître. Si l'humilité et In prudence vous font garder le secret pour des choses de subrogation, que la crainte de déplaire aux hommes ne vous fasse jamais omettre un devoir, ni manquer à l'exemple que vous devez au prochain. Sachez que le respect humain n'aura sur vous d'autre empire, que celui que vous lui donnerez par une lâche timidité. Dès que les ennemis de la pieté s'apercevront que leurs discours ne font sur vous nulle impression, ils prendront le parti de se taire, et ne pourront s'empêcher de vous estimer.

4. Ne donnez point dans l'erreur qu'on reproche à bien des personnes pieuses, de faire consister la vertu dans de petites pratiques Prenez-en une idée plus vraie, et en respectant toutes les pratiques de piéle même les moins importantes, souvenez-vous que ce n'est pas en cela que consiste la vertu. Elle ne consistera jamais que dans le courage à se vaincre et à réprimer ses passions. Vous pourriez vous confesser souvent, faire beaucoup de prières et de communions, et avoir très-peu de vertus. Vous ne vous appliquerez pas constamment à vous vaincre, sans parvenir à la perfection.

5. Evitez une erreur bien commune encore chez les personnes qui aspirent à la sainteté. La plupart s'imaginent qu'elle doit consister dans des choses grandes et extraordinaires. Mettez la vôtre plus judicieusement dans l'accomplissement des devoirs de votre état. Quel qu'il soit, n'y négligez pas ce qui n'est que de conseil; mais songez d'abord à ce qui est de précepte. Que la piété soit pour vous un motif de remplir vos devoirs avec toute la perfection dont ils sont susceptibles; et soyez persuadée que vous pouvez devenir une grande Sainte, en vous tenant à cela.

6. Rendez la vertu respectable, en évitant les défauts qui la déshonorent, quand ils se rencontrent chez des personnes d'ailleurs vertueuses. Quoi qu'en dise le monde, il peut y avoir de la vertu chez une personne qui parle beaucoup, qui est trop occupée de sa parure, ou trop prévenue en sa faveur, ou sujette a des inégalités et à des caprices, ou enfin économe jusqu'à un certain excès; il peut y en avoir chez un esprit inquiet et trop porte à se mêler des affaires d'autrui. Mais il faut avouer que ce ne seront jamais ces personnes qui rendront la vertu respectable. V

7. Rendez la vertu aimable par votre manière de la pratiquer. Qu'elle ne vous inspire ni zèle amer, ni esprit de censure: qu'elle ne soit chez vous ni sombre, ni farouche, ni facile à scandaliser, ni ennemie des plaisirs innocents. Faites-vous une loi d'être du commerce le plus facile : poussez la complai.-ance aussi loin que vous le permettra une Religion éclairée. Que les personnes qui vivront avec vous, et les

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