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puisqu'il est en tout lieu, témoin de toutes Aussitôt que Cécilius eut cessé de parler, Jes cuvres, et occupé du dernier de ses sec- Octave repril à son tour el remarqua d'dtateurs, comme s'il pouvait sullire à lous, Il bord que tous les hommes, sans distinction traite de contes de vieilles feinmes ce que d'âge, de sexe, de condition, étant nés cales chrétiens disaient de la destruction du pables de raison, il élait permis aux chrémonde par le feu du ciel, de la résurreclion tiens, comme aux autres, de s'appliquer : des corps, de la récompense éternelle des connaitre les choses du ciel el d'en discou. saints ei des supplices des méchants dans un rir. Pour se convaincre qu'il y a un Dieu enfer qui n'aura point de fin. Puis s'adres- qui a fait le monde et qui le gouverne, il sant à Oclave, il ajoute : ( Malheureux, suflit de considérer les cieux, le cours régie avant de vous en rapporter à toutes ces du soleil et des astres, la vicissitude éter. folles promesses, vous devriez juger par nelle des ténèbres et de la lumière, l'arranil'expérience du présent de la frivolité de vos gement des saisons qui ne se trouble el ne espérances ! Ce que vous avez à allendre change jamais, le flux et le rellus de la Quer. après la mort, apprenez-le par ce que vous les sources inlarissables qui ne cessent de eles pendant la vie. Vous le voyez, la plu couler pour arroser la terre, si merveilleapart d'entre vous, et, de votre aveu, ce qu'il sement disposée en plairies, en vallons, en y a de plus vertueux, réduits à l'indigence, montagnes, les différentes espèces d'auja en proie à la rigueur des saisons, condam- maux si nombreux el si variés, mais par nés à toutes les privations, vous trainez une dessus tout la forme de l'homme, où l'on pe existence misérable ; et votre Dieu le souf- trouve point de parties qui ne répondent à fre, manquant soit de volonté, soit de un besoin, où yui ne révèlent une beauté. moyens pour secourir ceux qui le servent, « Mais, ajoute Octave, s'il est impossible de impuissant ou injuste. Toi qui le berces de douler d'une providence, peut-être dewan. la posthume immortalité, en allendant, lu es derez-vous s'il y a dans le ciel un ou pluassiégé de dangers, dévoré par la fièvre, dé- sieurs maitres. La réponse n'est pas difficile. chiré par la torture; et tu ne sens pas en Les royaumes de la terre peuvent ici nous core la misère! tu fermes les yeux sur ton donner des objets de comparaiso). Quan I néanı! Hélas ! contre lon gré, tout accuse la jamais a-t-on vu un empire se partager, sans faiblesse ; loi seul tu t'opiniâtres à n'en pas que la rivalité et la perfidie n'en aient souilie convenir. - C'est là, direz-vous, l'apanage ou ensanglanté l'histoire? Le monde est commun de l'humanité. A la bonne heure ! plein de ces tragiques événements. Mais mais ces menaces, ces supplices, ces lor- passons à un autre théâtre. La nature de tures, ces croix qu'il n'est plus question donne à une ruche, à tout un troupeau qu'un d'adorer, mais sur lesquelles on va vous seul chef. El vous voudriez que dans le ciel étendre, ces feux que vous êtes si jalous et la toute-puissance fui divisée? Pouvez-vous de prédire et de redouter, voilà le sort ré concevoir Dieu autrement que comme élre servé à vous seuls. Altendrez-vous de votre créateur, universel, qui n'a point eu de Dieu qu'il vienne à votre aide, en vous res commenceinent et ne saurait avoir de fin; suscitant, quand il n'aura pu vous défendre de qui tout a reçu l'existence et qui ne tient au moment où vous aviez à les subir ? Les la sienne que de lui-même; qui, avant qu'il Romains ont-ils eu besoin de votre Dieu y eût un monde, élait à lui-même son pro re pour vaincre, pour triompher de tous les centre; qui a tout créé par sa parole, qui peuples, pour devenir les maitres du monde ordonne tout par son intelligence, et qui et de vous-mêmes ? Cependant, agité d'in- perfectionne tout par sa vertu? L'wilne peut quièles et continuelles sollicitudes, vous le saisir, sa clarté absorbe nos faibles revous privez de tout plaisir légitime, vous gards, notre intelligence n'en peut comvous défendez les spectacles, vous fuyez nos prendre l'immensité, el nos sens bornés s'ardèles et nos solennités; jamais on ne vous rêtent au-devant de cette grandeur infinie rencontre dans nos réjouissances publiques, et sans bornes; il n'y a que lui qui puisse Vous vous éloignez sévèrement et des jeux se connaitre lui-même. La seule manière de où l'on combat en l'honneur de nos dieux, concevoir sa nalure, c'est de la déclarer inel des aulels où fuine l'encens qui leur est concevable. A vrai dire, qui s'imagine conoffert el où coule le vin qui leur est consa- naître la nature de Dieu la dégrade. Ne lui cré. Vous les niez et vous en avez peur. Ja- cherchez pas de nom : Dieu, voilà comme il mais on ne vous voit courooper vos lêles de s'appelle! Il ne faut des expressions indivifleurs, ni vous parfumer d'esseuces. Vos par- dueiles que quand il y a pluralité. Dieu est fums, c'est aux morts que vous les donnez; seul; le mot Dieu embrasse tout. Je l'appeldes couronnes, vous n'en accordez pas même lerai Père, vous allez concevoir quelque à leurs dépouilles. On vous voit pales, trem. chose d'humain; roi, c'est une idée lerrosblants, également malheureux, et de ne tre; seigneur, vous serez ramené à des point ressusciter après la mort, et de ne pensées de mortalité : supprimez les désipoint vivre avant de mourir. Donc, s'il vous gnations et vous arriverez à saisir quelque reste quelque peu de sagesse et de modé- rayon de sa splendeur. » ration cessez de chercher les secrets du ciel « De lous les cours s'échappe le cri qu'il el la destinée du monde.... ou, si vous vou- existe un Dieu. Le commun des hommes, lez philosopher, imitez Socrate, qui disait, quand ils étendent leurs mains au ciel, ce que ce qui est au-dessus de nous ne nous profèrent que ce mot : Dieu! grand Dieu ! regarde point. »

la vérilé de Dieu ! s'il plaît à Dieu ! Nesiae pas là le langage inspiré par la nature seule? corps qu'ils possèdent, et s'ils ne sortent Ne se trouve-t-il que dans la bouche du incontinent, ils se relirent au moins peu à chrétien? Vous appelez votre Jupiter, prince, peu, selon que la foi du patient est grande, père des dieux ; c'est sous un autre nom re- ou la grâce du médecin efficace. Ainsi, ils connaitre l'unité de la toute puissance. » fuient la présence des chrétiens, quoique

A l'appui de cette doctrine qui vengeait par votre moyen, ils troublent leurs assi victorieusement le christianisme du re- semblées. » proche d'athéisme, le savant apologiste in « Ce sont encore les démons qui nous ont voque la tradition universelle en faveur du accusés de rendre les honneurs divins à dogme de l'unité d'un Dieu. Il découvre ce une tête d'ane; mais ci sont les hommes même dogme jusque dans l'alliage impur assez fous pour admeltre un semblable culle, dont l'idolâtrie avait chargé le fond de la assez fous pour le croire ? Ceux qui nous théologie primitive conservée sans altération accusent encore d'adorer les objets les plus dans les seuls livres de Moïse.

obscènes ne font que nous prêler leurs pro«Egarés sur le mot, tous les peuples s'ac- pres turpitudes. D'aussi monstrueuses imcordent quant à l'unité d'un être tout puis- puretés ne se rencontrent que chez les homsant. Les poëtes ont placé à la tête de leurs mes qui ont perdu loute pudeur. Inventer divinités un Dieu suprême qu'ils ont pro- de pareilles horreurs, c'est laisser croire clamé père des dieux et des hommes. Il y qu'on pourrait s'en rendre coupables. Quant a eu de tout temps une croyance, établie au reproche fait à notre religion d'avoir pour généralement dans tousles esprits, qu'il règne auteur un homme justement puni di supdans l'univers une puissance invisible, qui plice de la croix , s'il y a du vrai daus l'obvoit tout, qui fait tout dans le monde selon jection, on s'abuse étrangement sur le reste, sa volonté. C'est de cette âme répandue par en croyant qu'il ait mérité nos adorations, toutes les parties de l'univers , que Virgile s'il fut un scélerat, ou qu'il eût pu les obfait le principe du mouvement de lous les tenir s'il n'était qu'un homme. On serait corps. Cette idée rectifiée n'amène-t-elle pas assurément bien à plaindre de fouder son à celle du Dieu que nous appelons esprit, espérance sur un homme mortel, dont touto raison, intelligence universelle ? »

la protection qu'on en altend finirait avec Si l'idée publique d'un Dieu suprême s'est lui. Nous laissons celte absurde idolàtrie à maintenue dans les siècles les plus ténébreux l'Egyptien et à d'autres, qui se font des dieux du paganisme, à plus forte raison dul-elle de leurs rois, reçoivent leurs paroles coinme être répandue quand la philosophie, ayant autant d'oracles et leur immolent des victiparcouru le cercle des erreurs possibles sur mes. Ce prétendu Dieu a beau se défendre la Diviuilé, ful obligée de revenir au point il n'est toujours qu'un homme; il peut d'où elle était partie, et d'ajouter ses rai. tromper la conscience des autres, jamais la sonnements au poids de la tradition antique. sienne. Nous n'adorons pointles croix, nous Il frappe ensuite à la porte de toutes les ne courons point après elles. On dit et l'on écoles, il prête l'oreille aux divers enseigne- croit que nos initiations se consacrent sur ments des maîtres célèbres, depuis Thalès le sang d'un enfant égorgé par nos mains, de Milet jusqu'à Platon, et il conclut ainsi : sur quel fondement? Nous ne nous permet« Je viens de passer en revue les opinions Irions jamais d'assister à une exécution des principaux d'entre les philosophes : leur capitale, et nous sommes si éloignés de verplus beau litre de gloire est d'avoir reconnu ser le sang des hoidmes, que nous nous l'unité de Dieu, bien qu'ils en aient défiguré abstenons même de répandre celui des anile dogme par la diversité des noms dans maux. Nos repas incestueux dont on fait lesquels ils avaient partagé la divine es- tant de bruit, calomnie atroce inventée par sence, d'où il résulte que les chrétiens d'au- Je démon pour offusquer, par ce reproche jourd'hui sont philosophes, ou que les phi odieux, la gloire de la pudeur dont nous Josophes d'autrefois étaient chréliens. » faisons profession. Ce n'est pas chez nous,

Il réfute ensuite avec une certaine étendue nais daus les histoires et sur les théatres Jes fables et les autres absurdités de l'idola- profanes, qu'il faut aller chercher les tétrie, et montre que l'empire romain ne s'est moignages trop avérés de ces scandaleuses élevé à ce point de grandeur prodigieuse débauches. Donc, sous ce rapport, vous éles dont il jouissait alors que par les crimes plus coupables que nous, puisque ceux que de ses premiers fondateurs, et de ceux qui vous adorez comme vos dieux se sont ren. l'ont gouverné dans la suite des temps. Il dus coupables d'incestes avec leurs mères, prouve que les oracles, eu qui les païens avec leurs filles, avec leurs soeurs. Les chréavaient lant de confiance, n'élaient que des liens, au conliaire, sont chastes d'esprit et prestiges des démons ; ce dont il prend à de corps. Une femme nous suffit, ou nous témoiu Cécilius lui-même, en lui disant : nous eu passons entièrement; plusieurs en « Plusieurs d'entre vous savent que les dé- etfet gardent la saiutelé du célibat jusqu'à mons sont contraints de confesser leurs in- la mort, et nous sommes si éloignés de Postures, lorsque nous les tourmentons pour l'inceste que plusieurs mème ont honte des les chasser des corps, et que nous les for- plaisirs légitimes. Nous ne nous recoupaisa cons d'en sortir par des paroles qui les gê sons point à quelquo marque corporelle, nent, par des prières qui les brûlent. Car comme vous le peusez, mais à la modestie lorsqu'on les conjure, au nom du Dieu vi et à l'innocence. Nous nous appelons frères vant, ces misérables frémissent daus les parce que uous avons tous un même péro,

une même foi et les mêmes espérances. » sère et l'affliction, ce n'est pas parce que

Cécilius 'avait reproché aux chrétiens de Dieu les méprise, ni qu'il soit irop faible d'avoir ni slatues, ni temples, ni autels, ni pour les secourir; mais c'est parce qu'il les sacrifices; Oclave se contente de répondre éprouve, comme on éprouve l'or dans le que l'homme est la véritable image de Dieu, feu. Les Romains ne sont parvenus à un si que le monde même est trop petit pour ren- haut point de gloire et de grandeur qu'afin fermer une majesté infinie, et qu'il est que, en tombant de plus haut, leur chule fol beaucoup plus convenable de lui édifier un plus profonde, il n'y a que la verlu oni temple dans notre esprit et de lui dresser doive mettre de la différence entre les hom. un autel dans notre cæur. Puis il ajoute : mes, et, par conséquent, c'est avec raison « Quoi que nous ne voyions pas do nos que les chrétiens ne tirent leur gloire que yeux le Dieu que nous adorons, il nous est de la pureté de leurs meurs. Au reste, ils présent par ses @uvres ; non-seulement il méprisent également les pompes religieuses est auprès de nous, mais il est encore en et les spectacles, parce que tout ce qui capous. Rien ne lui est caché, pas même nos che un artifice dangereux à l'innocence leur plus secrètes pensées. Nous ne vivons pas fail horreur, « Ainsi, poursuit-il, nous nous seulement sous sa puissance ; mais, s'il est éloignons de vos sacrifices, nous n'avons permis d'ainsi parler, nous vivons avec lui. pour vos libations que du mépris, Doo par Pour Dieu, tout l'univers ne fait qu'un lieu. aucun sentiment de eráinte, mais par l'éner. Les rois de la terre ne voient ce qui se gie d'une liberté vraie, car bien que loules passe dans leurs états que par les yeux de les productions qui nous viennent de la leurs ministres ; mais le monarque du monde main de Dieu ne changent point de nature n'a besoin de personne pour l'avertir. D par l'abus que l'on en fait, nous refusons

Cécilius objectait : Il n'a servi de rien au d'y prendre part, pour éviler de paraitre Juifs d'adorer un seul Dieu avec des tem communiquer avec les démons à qui on les ples, des autels et un grand nombre de cé- offre, ou rougir d'être chrétiens. Nous sonirémonies. « Vous êtes dans l'erreur, lui mes loin de méconoaitre l'oeuvre de Créarépond Octave, apprenez au contraire que leur, et nous goûtons le même plaisir que tant que les Juifs demeurèrent fidèles à ce vous à jouir des fleurs du printemps, et à même Dieu que nous adorons, tant qu'ils respirer ce doux parfum qu'exbalent la rose s'appliquèrent à observer ses lois dans l'in- et le lis. Si nous n'en couronnons point nocence et la sainteté, ils en furent protégés. nos têtes, c'est que nous les réservons pour Faibles à leurs commencements, miséra l'odorat el pon pour nos cheveur. Nous ne bles et condamnés à la servitude, ils s'ac- répandons point de fleurs sur la tombe de crûrent au point de devenir bientôt un peu nos morts ; et pourquoi le ferions nous ? ple immense, riche, indépendant. Ni la mul- Qu'est-ce que cela fait à ceux qui ne sont titude de leurs ennemis, nile défaut d'armes, plus? Heureux, ils n'en ont pas besoin; ni le besoin de fuir l'oppression, ne mirent malheureux, ce ne sont pas des fleurs qu obstacle à leurs progrès. Dieu les sauva, en les empêcheront de l'être. Nos obsèques : faisant concourir les éléments à leurs nous sont simples comme notre vie ; les triomphes. Consultez leurs annales, ou si couronnes, dont nous aimops à les order, vous l'aimez mieux, lisez les écrits plus ré- ne sont point tissues de fleurs sujelles à se cents de Flavius Josèphe et de Julien qui fléirir, mais de celles qui ne craignent point nous en ont laissé l'histoire, et vous verrez les ravages du lemps, et que Dieu promet que c'est leur changement de meurs qui aux cours humbles et pacifiques; à ceur leur a alliré les calamités sous lesquelles ils qui, pleins de confiance dans ses largesses, gémissent aujourd'hui, calamités qui leur vivifient l'espérance par la foi, et aoticipent avaient été prédites bien longtemps avant leur béatitude à venir par la contemplation qu'elles vinssent les frapper. Ce sont eux des biens immortels dont la résurrection qui les premiers ont abandonné Dieu ; il est les rendra possesseurs. Que Socrale déclare donc faux de dire qu'ils aient été conquis ne rien savoir, je ne vois dans ce sage, s! avec leur Dieu ; c'est Dieu qui les a punis fort préconisé par un oracle imposteur,qu'un de leur désertion en les Jivrail à l'épée des pitoyable bouffon. Laissons à l'Académie ses Romains. »

doutes éternels, à tous ces graves philosoIl montre ensuite que toutes les sectes phes leur orgueil, leurs basses flatteries, philosophiques ont cru, ainsi que les chré- leurs systèmes corrupteurs et leurs déclatiens, que le monde devait finir un jour mations contre le vice, dans lesquelles ils par un embrasement général; que Pytha. se font le procès à eux-mêmes. Nous, të gore et Platon ont admis la résurrection des n'ast point par les dehors que nous aspiruos corps et l'immortalité de l'âme, que les à être sages; nous ne faisons point de grands poëles, aussi bien que les philosophes, ont discours, mais de grandes choses. Nous nous reconnu queles méchants souffriraient après félicilons d'être arrivés au but vers lequel cette vie des supplices éternels, el que ce ils lerdaient sans pouvoir l'alteindre. que l'on appelle destin n'est autre chose « Pourquoi manquerions-nous de recon que ce que Dieu réserve à chacun, selon naissance, et nous refuserions-nous à nous ses mérites, et non une fatalité inévitable. mêmes de jouir du bienfait que la boule Il ajoule que la pauvreté, si reprochée aux divine avait réservé aux jours où nous some chrétiens, leur fail honneur, parce qu'elle mes ? Sachons en profiler, en réglanl 10 est volontaire. S'ils se trouvent dans la mi- meurs sur votre foi; que la superstition soit réprimée, l'impiété anéantie et la vraie Commode. Il eut l'avantage, au jugement religion en hoppeur. »

d'Eusébe, de découvrir et de signaler mieux L'entretien fini , Cécilius reprit avec cha- que personne les erreurs de Marcion. Son leur : « Je n'attendrai point la sentence de livre contre cet hérésiarque se voyait encore potre arbitre. Octave et moi, nous sommes du temps de saint Jérôme; mais il est perdu également victorieur : lui, il triomphe de depuis longtemps. noi, et moi de l'erreur où j'étais. Je crois à On lui attribuait encore, à cette époque, la Providence; je me rends à Dieu, et je quelques autres ouvrages, dont les critiques confesse que la religion des Chrétiens, au habiles refusaient de le reconnaitre pour nombre desquels je me range dès à présent, l'auteur. est la seule qui enseigne la vérité. »

MODESTE, abbé du monastère de SaintLe style de ce dialogue est très-pur et Théodose, gouverna l'Eglise de Jérusalem très-élégant. Il y a beaucoup d'érudiiion et pendant la captivité du patriarche Zacbarie, de solidité. Cependant quelques critiques emmené prisonnier par les Perses en 616. modernes trouvent que c'est moins l'ouvrage Quoiqu'il n'eût que le titre de vieaire, Phod'un théologien qui a étudié les matières tius ne !aisse pas de lui donner celui d'ardont il parle, que la production d'un homme chevêque de Jérusalem, parce qu'il en remdu monde. En effet, dom Ceillier, en avouant plit les fonctions. Non - seulement il prit que l'auteur combat le culte des faux dieux soin de la ville, où il fit rétablir les églises avec autant d'ardeur que d'habileté, et que brûlées, mais du diocèse tout entier et de c'est toujours adroiteinent qu'il fait retom- tous les monastères du désert. Il avait fait ber sur l'idolatrie les reproches que ses sec- trois discours dont il ne reste que des ertateurs adressaient aus Chrétiens, ajoute traits : le premier sur les femmes qui achequ'il parait moins instruit des dogmes de tèrent des parfums pour embaumer le corps notre religion que de la mythologie païenne. de Jésus-Christ; le second, sur la mort do Si Octave, poursuit-il, persuade Cécilius et la sainte Vierge, et le troisième, sur la féle lui fait abandopper la religion de ses ancê- de la Rencontre, comme on disait alors , tres, c'est moins en lui prouvant la vérité c'est-à-dire, sur la Présentation de Jésusde nos mystères qu'en lui découvrant la Christ au temple. Il avançait, dans le prefausseté des mystères du paganisme. Mais mier, que Marie-Madeleine, du corps de lacette réserve faite, nous pensons que c'est quelle Jésus-Christ cbassa sept démons, å tort que Dupin et ceux qui l'ont suivi re- avait vécu vierge et souffert le martyre à prochent à notre auteur une tendance vers Ephèse, où elle avait été trouver saint Jean le matérialisme.

l'Evangéliste, après la mort du Sauveur. Ce dialogue a été longtemps regardé com Mais il ne rapportait ces faits que sur Jes me le viu livre du traité d'Arnobe : JAd histoires qui avaient cours de son temps. Phoversus gentes, Baudoin reconnut l'erreur des tius hésite à lui altribuer le second, parco premiers éditeurs, et publia cet ouvrage sous que le style lui en paraft différent; il trouve le nom de Minutius Félix, Heidelberg, in-8, qu'il était fort long et qu'il ne renferquait 1560 ; il a été souvent réimprimé depuis rien de remarquable. Le troisième expliquait Les meilleures éditions sont celles de Nico- d'une manière figurée la loi qui ordonnait Jas Rigault, avec des remarques, Paris, in-4. d'offrir en sacrifice des colombes ou des 1613; de Jacques Onzel, Leyde, in-8°, 1672; tourterelles pour la purification des femmes. de Jacques Grouovius, ibid., in-8°, 1709; MODUIN, élevé sor le siége d'Autun, dans de J. Davis, Cambridge, in-8°, 1712; et de les premières années du ir' siècle, fut un J. Goth. Lindner, Langensalza, in-8°, 1773. des prélats les plus fidèles et les plus attaLe Dialogue de Minutius Félix a été traduit chés à Louis le Débonnaire. Il avait été en français par Perrot d'Ablancourt, Paris, élevé dans l'Eglise de Lyon, et il étail abbó in-12, 1660, puis plus élégamment par l'abbé de Saint-Georges, en cette ville, lorsqu'on de Gourcy, dans son Recueil des anciens apo- le choisit pour gouverner l'Eglise d'Aului. logistes du christianisme ; et enfin, de nos On voit qu'il oblint en celle qualité une jours, par M. l'abbé de Genoude, dans un charie de Louis le Débondaire, dès l'an 815. Recueil du même genre, Paris, in-12, 1842. Il assista, en 835, au concile de Thionville,

Il eristail, au lemps de saint Jérôme, un où l'on fit le procès aux évêques qui étaient traité De fato, qui portait le nom de Minu- entrés dans la révolte contre ce prince. Il tius, mais dans lequel les critiques de re- ne nous reste des écrits de Moduin qu'un connaissaient pas son style. Pierre-Antoine poëme en vers élégiaques, qu'il adressa à Bouchard a publié sur Minutius une Disser- Théodulphe, évêque d'Orléans, en réponse tation, suivie du catalogue des éditions et à celui que ce prélat lui avait envoyé luides traductions qui avaient paru de son dia meme de sa prison d'Angers. On reconnait, logue; Kiel, 1685.

en le lisaut, que l'auteur s'était appliqué MOCHIMUS. – Aucun écrivain, grec ni avec soin à la poésie et qu'il avait du talent syrien, ne fait mention de Mochimus; mais pour ce genre d'écrire. Aussi fut-il lié d'aGeobade nous apprend qu'il était originaire mitié avec les meilleurs poëtes de son temps, de la Mésopotamie, qu'il fut prêtre d'An- c'est-à-dire avec Théodulphe, Walafrid tioche, et qu'il composa un excellent traité Strabon, et Florus, diacre de Lyon. Ce dercontre Eutychès. Il ajoute qu'on lui altribuait bier, dans un de ses poëmes, relève la naisencore d'autres ouvrages qu'il n'avait pas ius. sance, le savoir et l'éloquence de Moduin. MODESTE florissait sous Marc-Aurèle et On croit qu'il mourut en 838 ; du moins Dictions. De PATROLOGIE. DII.

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est-il certain qu'il ne vécul pas au delà de Il croit qu'Adam ne savait pas que Dieu de843, puisqu'en cette année Allée occupait vait accorder un royaume céleste à ceux qui le siége épiscopal d'Autun. Or. trouve son observeraient ses commandements ; que ce ouvrage inprimé à la suite du Recueil des fut un véritable serpent qui tenta Eve, el poésies de Théodulphe, publié par le P. que Satan avait auparavant demandé à Dieu Sirmond, et dans le tome XIV de la Biblio- la permission de la tenter par l'entremise thèque des Pères.

de cet animal; qu'il n'est pas fait mention MOISE-BAR-CEPAA, c'est-à-dire, fils de des anges dans le second livre de la Genèse, 'Pierre, embrassa de bonne heure la vie re- jusqu'au moment de leur apparition à Agar. ligieuse dans le monastère de Sergius, sur de peur que les Juifs ne les adorassent le Tigre. Il ful tiré du cloitre pour être fait comme des dieux ; que la Divinité n'abanévêque, et prit alors le nom de Sévère. Il donna ni le corps de Jésus-Christ pi son remplit les fonclions épiscopales en diverses ame dans le teinps de sa passion, pas même Eglises ; ce qui fait qu'il est qualifié, tantôt dans le tombeau et dans les enfers; que évêque de Berthraman et tantôt de Beth Céno. l'âme du bon larron fut transferée avec celOn place sa mort en 913.

les de tous les justes, arrachées aux enfers, Traité du paradis. – Il a composé en dans le paradis même d'où Adam avail élé Syriaque un Traité du paradis, donné en chassé, et qu'elles doivent y rester jusquà la latin par Masius, imprimé d'abord à Anvers, résurrection générale. en 1569, el ensuite dans les Bibliothèques Dans la seconde partie, il donne des sides Pères. C'est un assez gros commentaire goifications mystiques à toul ce que l'Ecri. sur ce que la Genèse dit du paradis.

ture rapporte du paradis terrestre, et, dalis Il examine, dans le premier livre, s'il y la troisième, il répond aux objections des 'avait deux paradis, un terrestre et un spiri- héréliques, dont les uns, comme Simon le tuel. Il adopte le sentiment qui n'en admet Magicien, accusaient le Créateur d'impuis. qu'un seul; mais il croit qu'en dehors du sance, sous prétexte qu'il n'avait pu colsens littéral, on peut expliquer le paradis server Adam dans l'état où il l'avait créé, dans un sens mystique. Toutefois il comie et les aulres, avec Théodore et Nestorius, mence par le sens littéral. Quoique l'Ecri- soutenaient que le péché d’Adam n'étail pas ture ne marque pas le jour de sa création, la cause de la inort de l'homme. Bar-Cépha il pense qu'il fut créé le troisième jour, puis enseigne donc que, si Adam est tombé de que c'est alors que Dieu dit : Que la terre l'état dans lequel il avait été créé, ça éle produise des herbes et des arbres, portant par un effet de son libre arbitre et non par des semences et des fruits. Le paradis fut la faute du Créateur. L'arbre de vie n'a fourdonc créé avant l'homme pour qui Dieu né au préjudice d'Adarn, que par l'abus l'avait fait. Bar-Cépha dit, d'après saint qu'il en a fait en mangeant du fruit qui lui Basile et d'autres anciens interprètes; Štait interdit. Encore que le premier homme que le paradis terrestre fut créé dans une ait été mortel de sa nature, c'est-à-dire con région siluée à l'orient, et que c'est pour posé d'un corps sujet à la dissolution de ses cela qu'en priant nous nous tournons parties, Dieu, néanmoins, l'aurait rendu vers ] Orient, pour contempler notre an immortel par sa grâce, s'il n'eût point péche. cienne patrie et la rechercher. D'autres S'il avait été créé immortel, comme le dit plaçaient le paradis terrestre au delà de Julien d'Halycarnasse, il aurait conservé J'océan. Après qu'Adam en eut été chassé, son immortalité, même après le péché, alasi il fut longtemps sans fixer sa demeure; it que les mauvais anges. L'auteur dit nellevint enfin sur la montagne de Jébus où, ment qu'Adam est devenu mortel par son plus tard, Jérusalem fut balie, y mourut et péché, et que c'est par ce péché que in y fut enterré. Cet auteur juge de l'étendue mort est entrée dans le monde. Il produit du paradis terrestre par celle du fleuve qui divers exemples tirés des livres saints, pour J'arrosait, lequel était si vaste, qu'il se divi- montrer que Dieu a souvent puni les péches sait au sortir de là en quatre grands fleuves des pères dans les enfants. Moïse moolit Il pense qu'il a subsisté jusqu'à l'avénement beaucoup d'érudition dans cet ouvrage : de Jésus-Christ, et que c'est là qu'Enoch et une grande lecture des Pères grecs et sy: Elie ont été transférés, de même que les riens. ames des justes morts avant le Sauveur. AUTRES ÉCRITS. – On cite, sous le nom

Les interprètes ne s'accordaient pas sur de Moïse-Bar-Cépha, un Commentaire sur Ja nature de l'arbre de la science du bien et l'Ancien et le Nouveau Testament, Il fait lai. du mal. Les uns disaient que c'était le fro- même mention de l'amplification qu'il avas ment, les autres la vigne, quelques-uns, le faite sur l'Evangile de saint Maithieu. li tiguier. Ce dernier sentiment lui paraît le composa encore une liturgie imprimée darts plus probable, parce qu'il est à présumer le tome II des Lilurgies orientales , par Reque nos premiers parents couvrirent leur naudot, et un Commentaire sur la liturgi' nudité des feuilles mêmes de l'arbre qu'ils syrienne. Son Traité de l'ame est cité dans avaient sous la main. Or, l'Ecriture dit qu'ils la première partie du Traité du paradis, si se servirent à cet effet de feuilles de figuier. son Traité des sectes, dans la troisième rIl cite un discours de Philoxène de Ma- tie. On a de lui, dans les manuscrits du la bage, sur l'arbre de vie, et soutient, contre tican, une explication des cérémonies usio cet écrivain, que la désobéissance d’Adam tées dans la tonsure des inoines, et plasieurs dui causa la mort et à tous ses descendauls homélies sur les principales fêtes de l'ilo

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