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IRE
DICTIONNAIRE DE PATROLOGIE.

IRE et les vertus éminentes de saint Irénée. Ils leuroffre des sacrifices. - L'édit des empereurs se sont servis de son autorité pour établir très-cléments, porte que l'on sacrifiera aur les vérités catholiques et repousser les dieux ou que l'on subira la peine décernée erreurs enfantées par l'orgueil. Ils l'ont contre les réfractaires. — La loi de mon Dieu regardé comme un athlète plein de force et m'ordonne de subir toutes sortes de tourments de vigueur, couvert d'armes célestes et plutôt que de sacrifier. – Ou sacrifiez, ou je toujours prêt au combat; mais ils lui ont vous ferai mettre à la torture.- Vous ne sauaussi accordé le titre de pacifique, à cause riez me faire un plus grand plaisir, puisque par de la douceur de ses meurs, de la mo- ld vous me rendrez participant des souffrances dération de fil conduite, et de ses longs de mon Sauveur. » Le gouverneur l'ayant travaux poar procurer la paix de l'E- fait étendre sur un chevalet lui dit: a Eb glise. Les modernes en ont généralement bien, Irénée, sacrifierez-vous maintenant? parlé avec beaucoup de respect et d'es- - Je sacrifie à mon Dieu en confessant autime. Mosheim, au iome Ier de son Histoire jourd'hui son saint nom. » Pendant qu'il ecclésiastique, dit que les travaux de saint était ainsi livré à une cruelle torture, sa Irénée furent extrêmement utiles à l'Eglise, mère, sa femme et ses enfants étaient autour et qu'il employa sa plume contre les erreurs de lui, fondant en larmes ; ses enfants lui monstrueuses que plusieurs Chrétiens avaient embrassaient les pieds en lui criant : Mon adoptées. Ce que nous avons rapporto de la père, ayez pitié de vous et de nous. Sa femme vie et des écrits de saint Irénée justifie par- s'étant jetée à son cou le conjurait de se faitement tous ces éloges. Dom Gervaise, conserver pour elle et pour eux. Sa mère qui l'a écrits, y a joint, à la fin, une apologie poussait d'une voix cassée des cris déchipour justifier le saint évêque de Lyon des rants auxquels so mêlaient les gémisse. calomnies des écrivains protestants, et ments de ses domestiques, de ses voisins et même de quelques nouveaux docteurs catho- de ses amis, de sorte qu'autour du chevaliques. Saint Irénée écrivit en grec, qui était let, ce n'étail que plaintes et que lamentasa langue naturelle; mais ses écrits ne tar- tions. La constance d'Irénée n'en fut pas dèrent pas à être traduits en latin, et cette ébranlée. Si quelqu'un me renonce devant les traduction était même nécessaire de son hommes, répondait-il, je le renoncerai derant temps, à cause des marcosiens qui infes- mon Père qui est dans le ciel ; et il disait la taient alors les Gaules, où le grec n'était même chose à chaque nouvel assaut que entendu que de peu de personnes. L'auteur lui livrait sa famille. « Quoi ! lui dit Prode cette version est inconnu; ce qu'on en peut bus étonné, seriez-vous donc insensible à dire, c'est qu'il paraît avoir vécu du temps tant de douleur et d'affection ? Il n'est pas même de saint Irénée, puisque Tertullien, indigne d'un grand courage de se laisser qui cite les paroles de notre saint docteur, aitendrir; sacrifiez donc et ne vous perdez suit presque mot à mot la traduction latine pas à la fleur de l'age. – C'est pour ne pas telle que nous l'avons aujourd'hui. Le style mne perdre que je refuse de sacrifier, » Làen est rude, grossier, mal poli, difficile, em- dessus, il fut envoyé en prison où le goubarrassé, diffus, et ne conservepresqueriende verneur le fit tourmenter à plusieurs rela beauté de l'original grec, qui, au jugement prises. Quelques jours après il le fil compade saint Jérôme, était ausei remarquable par raître de nouveau, el voyant qu'il ne l'érudition que par l'éloquence. Les@uvres de pouvait le gagner par la douceur, il employa saint Irénée ont été recueillies et publiées par la violence et lui lit donner un grand nom. Erasme, en 1526, et par Feuardent, en 1596. bre de coups de bâton. Il lui demanda Grabe les sit réimprimer à Oxford, en 1702; ensuite, ce qu'il savait déjà bien, s'il était inais on l'accuse d'avoir souvent altéré le marié et s'il avait des enfants. Irénée ayant texte et défiguré le vrai sens par des notes répondu négativement à toutes ces questions, conformes aux opinions des protestanis. Probus lui dit:- « Mais qui étaient donc alors Dom René Massuet en donna une édition ex- ces gens que l'on voyait naguère si affligés cellente à Paris, en 1710, et ce fut cinq ans de votre sort? – Notre-Seigneur Jésus-Christ plus tard que Pfaff publia les quatre frag- a dit : Celui qui aime son père ou sa mère, sa inents qu'il avait découverts dans la biblio- femme ou ses enfants, ses frères ou ses proches thèque de Turin. C'est sur l'édition de dom plus que moi, n'est pas digne de moi. Aussi Massuet que ces @uvres ont été reproduites lorsque je lève les yeux au ciel, vers le dans le Cours complet de Patrologie.

Dieu que j'adore, et que je pense aux proIRÉNÉE (Saint) DE SIRMIUM. – Nous ne messes qu'il a faites à ceux qui le servent consacrons ici quelques lignes au saint fidèlement, j'oublie que je suis père, mari, martyr Irénée, que parce qu'on nous a fils, maitre et ami. — Mais vous n'en êtes conservé sa confession authentique, et la pas moins tout cela : sacrifiez donc par belle prière qu'il adressa à Jésus-Christ, amour pour ceux qui vous sont si chers. avant de recevoir le coup de la mort. Saint – Mes enfants ne perdront pas beaucoup d Irénée était évêque de Sirmium dans la ma mort; je leur laisse pour père le Dieu busse Pannonie, en 30%. Les édits de per- qu'ils adorent arec moi ; ainsi tous pouvez sécution ayant été publiés dans sa province, exécuter les ordres de l'empereur. - Je vous il fut arrels et conduit au gouverneur Pro- le dis pour la dernière fois, obéissez, autre. bus qui lui dit : « Les lois divines obligent ment je serai forcé de vous container. tous les hommes à sacrifier aux dieux. — Le Vous ne sauriez me faire un plus grand part de l'enfer sera le partage de quiconque plaisir » Alors Probus prononça celle sen

tence : « Nous ordonnors qu'Irénée, pour avec éloge. Une partie de cet ouvrage est s'élre rendu réfractaire à l'édit des empe- employée à rapporter ce qui se passa à reurs, soit jeté dans le fleuve. - Après lant Alexandrie, dans la négociation de la paix de menaces, je m'attendais d un supplice ex- qui fut conclue en 433. L'auteur s'y défend Iraordinaire, et vous vous contentez de me avec une certaine énergie, et condamno faire noyer. En agissant ainsi, vous me faites non-seulement saint Cyrille et les Egyptiens, tort, parce que vous me privez de l'occasion mais encore Jean d'Antioche et tous les de montrer au monde que les Chrétiens qui évêques d'Orient qui étaient entrés dans la ont une foi vive méprisent la morl, sous pais; et loue avec une obstination surprequelque forme qu'elle se présente. » Probus se nante ceux qui continuaient à demeurer sépacroyant bravé, ajouta à sa sentence qu'Iré- rés de l'Eglise. Il ne le publia qu'après les née avant d'être précipité dans le fleuve, troubles quis'élevèrent à propos de Théodore aurait la tête tranchée ; et le martyr rendit de Mopsueste, en 437 ou 438. Mais ayant vraces à Dieu de ce qu'il le faisait arriver obtenu sa liberté et son rappel, en rentrant à la gloire par un chemin ensanglanté. dans la conmunion de l'Eglise, Irénée fut Lorsqu'il fut arrivé sur le pont de Diane, fait évêquede Tyr, par Domnus d'Antioche. d'où il devait être précipité dans le fleuve, ISAAC D'Antiocue. — Isaac, surnommé il dta sa robe el fit cette prière : Seigneur le Grand et quelquefois l'Ancien, était prêtre Jésus qui avez daigné souffrir la mort pour de l'Eglise d'Antioche, et se rendit célèbre le salut des hommes, commandez que le ciel sous le règne de Théodose le Jeune et de Mar. s'ouvre et que les anges viennent recevoir cien. Il avait eu pourmaître Zénobius, disciple l'Ame de voire serviteur Irénée, qui donne sa de saint Ephrem, et non pas saint Ephrem rie pour la gloire de votre nom, el pour votre lui-même, puisqu'il était mort dès l'an 379. sainte Eglise de Sirmium. Il reçut ensuite L'auteur de la Chronique d'Edesse donne à le coup de hache qui sépara sa tête de son Isaac la qualité d'archimandrile ou d'abbé. corps, et fut précipité dans la Save, le mais sans marquer de quel monastère; 25 mars 304.

cependant il paraît par quelques monuments IRÉNÉE, comte de i'empire du temps de syriens qu'il était situé à Gabula, dans la Théodose le Jeune, assisia en son nom au Comagène, sur les bords de l’Euphrate, ou concile général d'Ephèse qui se tint en 431, plutôt à Gabula de Phénicie. On ne sait il fut un des protecteurs de Nestorius. Ce combien de temps vécut l'abbé Isaac; mais fuilui que les Orientaux, assemblés à Ephèse, on ne peut placer sa mort avant l'an 460, prièrent d'aller défendre leur cause auprès puisqu'il a fait un poëme sur la ruine d'Ande l'eropereur, pour qui ils lui donnèrent tioche, arrivée en 459. On l'a quelquefois Jeux lettres. Mais Irénée fut prévenir par confondu avec un autre Isaac, surnommé le les députés du concile, qui arrivèrent à Ninivite, qui nous a laissé sur le mépris du Constantinople trois jours avant lui et monde quelques discours insérés dans la eurent assez de lemnps pour persuader à tout Bibliothèque des Pères ; mais celui-ci était le monde et même aux plus grands de la évêque, tandis qu'Isaac le Grand n'eut jamais cour, que la déposition de Nestorius s'était d'autre dignité dans l'Eglise que celle du faite suivant loutes les formalités de la sacerdoce. justice. Irénée, honteux de n'avoir pu réus. Ses écrits. — Il avait composé en langue sir dans sa commission, ne trouva pas syriaque, plusieurs ouvrages dont Gennadu d'autre moyen de se consoler avec ceux de établit aiusi le catalogue : Deux Livres son parti qu'en décriant la conduite que les contre les nestoriens et les eutychéens ; - une députés du concile avaient tenue à Cons. Exhortation à la vie spirituelle; - un Livre lantinople, en cette circonstance, ajoutant du combat des vices; - un Livre de l'accès à que pour lui il avait même eu peine à pou- Dieu; - un autre De la difficulté de prativoir y entrer. Nous avons encore dans quer les vertus ; -- un Dialogue de l'avancel'Appendice des conciles la lettre qu'il écri- ment spirituel ; - un Livre de l'ordre monasvit sur ce sujet à ceux qui l'avaient envoyé. tique ;-Un Traité de l'humilité; - un Traité Son altachement à Nestorius lui avait attiré des trois ordres de ceux qui s'avancent dans la la disgrâce de l'empereur qui le relégua perfection; - un Dela solitude des moines; un en 435 à Petra, avec ordre au préfet Isidore Des différentes tentations ; — un De l'instrucde confisquer tous ses biens, en réservant tion des notices ; - unautre Dela pénitence: Toutefois ce qui serait nécessaire pour le et un poëme où il déplorait la ruine de la conduire au lieu de son exi). Ce fut là ap. ville d'Antioche, comme saint Ephrem avait paremment qu'il composa son ouvrage inti- pleuré celle de Nicomédie. Gennade, qui lulé Tragédie. Il est au moins certain qu'il le avait vu ces traités et qui en cite le comtil comme il n'était encore que laïc. Cet ou mencement, ajoute que cet auteur avait envrage est divisé en plusieurs livres d'où core composé quelques homélies, qui sont tirées presque toutes les pièces qui p'étaient point tombées entre ses mains. Il composent le recueil sy.nodigue, publié ne nous reste plus aujourd'hui que queld'abord par le P. Lupus et ensuite par Baluze ques fragments des ouvrages polémiques de et Garnier dans l'Appendice des conciles. Le l'abbé Isaac, les Syriens, qui étaient presbut du comte Irénée est d'y justifier Nesto- que tous partisans des erreurs de Nestorius rius et ceux qui étaient demeurés attachés et d'Eutychès, ne s'étant pas mis en peine à son parti jusqu'à la fin, entre autres de conserver des écrits quiles combattaient. Alesandre d'Hiéraples dont il parle toujours Mais deux manuscrits de la bibliothèque du

Vatican contiennent, l'un soixante, et l'autre est une prière composée à l'occasion de la quarante-quatre de ses serions sur diffé- persécution que Varannes, roi des Perses. rentes matières. Plusieurs sont adressés fit souffrir aux Chrétiens, en 421, après son aux moines, et traitent de la perfection à expédition contre les Romains. - Il fait laquelle ils doivent tendre. -- Dans le sep- voir dans le cinquante-neuvième contre les tième, où il parle du culte des reliques et de novatiens, que l'homme tombé peut recoul'observation des fêtes, il remarque que, outre vrer son innocence, aussi bien par la pénile dimanche, plusieurs Chrétiens chômaient tence que par le baptênie. – Dans le soixantaencore le vendredi en l'honneur de la Pas- deuxième, il déplore les calamités de son sion. — Le huitième fut prononcé à l'occa- temps, les incursions des Huns el des Arabes; sion d'une comète qui parut en forme de la famine, la peste et le tremblement de lance, et Isaac dit qu'elle était un signe de terre arrivé à Antioche. — Il avertit les tremblement de terre qui arriva peu de prêtres, dans le soixante-cinquième, d'user temps après. — Dans le neuvième, il combat rarement de l'excommunication envers les les erreurs de son temps sur le mystère de pécheurs, mais de leur imposer souvent des I'Incarnation; mais d'une manière qui pour- pénitences corporelles. Il y a six sermous rait faire supposer qu'il donnait dans les sur la Passion, et il déclare dans l'un de ces erreurs opposées. Toutefois ses expressions discours, que tous les sacrements de l'Eglise sont d'autant plus susceptibles d'une bonne sont sortis du côté de Jésus-Christ quand il interprétation, qu'il s'explique neltement fut percé d'une lance. — Le soixante-treiailleurs sur les deux nalures et sur l'unité zième, altribué à saint Ephrem, dans l'office de personne en Jésus-Christ. Il établit dans férial des maronites, porte le nom d'Isaac ce discours la vérité de la présence réelle dans le manuscrit du Vatican. C'est une au sacrement de l'Eucharistie, en confessant prière en vers de cing syllabes, ce qui a que le corps qui parait mort sur l'autel et fait juger à Assémaui qu'elle est plutôt un que l'on sert comme nourriture aux fidèles, Syrien Balæus dont tous les ouvrages sont est le corps de Dieu, et ce qui est dans le versifiés sur cette inesure. Selon le même calice, le sang du Rédempteur. - ll enseigne critique, quoique le quatre-vingt-quatrième dans le dixième, que l'on doit baptiser les discours sur la Trinité et l'Incarnation soit enfants aussitôt après leur naissance, afin sans nom d'auteur, le style apnonce assez que l'ennemi tremble de frayeur en voyant clairement qu'il est d'Isaac. Il cite un male signe sacré imprimé sur leur corps ; tant nuscrit qui altribue à saint Ephrem le que l'enfant n'est pas baptisé, il n'est pas poëme intitulé : Des prêtres et des diacres qui permis à sa mère qui a reçu le baptême, de sont morts ; autrement, De la crainte de Dieu l'allaiter, parce qu'il ne doit pas se nourrir et de la mort, ainsi que le discours cent el d'un lait qui est formé vu accru par l'Eu- unième qui traile aussi des morts. Il remarcharistie; d'où il conclut qu'il faut bapliser que encore que les maronites ont dans leur les enfants au sortir du sein de leur mère. - Ollice du Jeudi saint deux hymnes sous le Il montre dans le vingt-troisième, que Jésus- nom d'Isaac, et que Jean Maron, dans son Christ, en tant qu'il est Dieu, n'est point Traité contre les eutychiens et les nestoriens, sujet aux souffrances; et dans le vingt et cite de lui deux discours qui ne se trouvent unième, que le démon n'a de pouvoir point dans les manuscrits du Vatican. Dans sur l'homme qu'autant que Dieu le lui le premier qui a pour titre : Du chur d'Eitpermet, et que l'homine est libre de con- chiel, Isaac établissait clairement la doctrine sentir ou de résister à ses suggestions. – des deux nalures et d'une seule personne Il paraît par le trente-sixième, intitulé : Des en Jésus-Christ, et il faisait la même chose rogations, qu'il y avait des jours instilués dans le second qui traitait aussi de l'Incarpour des prières publiques, dans lesquels nation. Nous n'avons pas besoin d'avertir nos on s'efforçait de fléchir la colère de Dieu lecteurs que toute celle analyse plutôt biLe calendrier des maronites fixe une de ces bliographique que critique, est faite sur les solennités qui s'observait dans l'Eglise d’An- fragments des discours d'Isaac, publiés lioche, au 24 janvier. - Dans les trente dans le tome jer de la Bibliothèque orientale cinquième et trente-sixième discours sur le d’Assémani. jeûne du carême, il exhorte les vieillards à ISAAC était Juf d'origine, mais ayant eu imiter le jeûne de Moïse; les moines, celui connaissance de la religion chrélienne il d'Elie; les jeunes gens, celui des trois jeunes l'embrassa, comme l'alteste le manuscrit sur hommes de Babylone et de Daniel ; les lequel le P. Sirmond nous a donné son ollvierges, celui de la Mère de Dieu, et les vrage, intitulé : Livre de la foi de la sainle personnes mariées, celui d'Esther. « Si vous Trinité et de l'Incarnation du Seigneur. Les n'êtes pas assez forts pour vous abstenir de anciens ont peu connu cet écrivain, et Genvin, dit-il, abstenez-vous de l'iniquité et de la nade le place parmi les auteurs qui ont paru rapine, et alors le souverain juge ne vous un peu avant la fin du nye siècle; ce qui donne condampera pas pour avoir bu du vin, » - lieu de conjecturer que c'est le même Isaac Dans le cinquante-troisième, intitulé : De la que la faction d'Ursin suborno pour l'engager foi, il établit la consubstantialité des trois à poursuivre le Pape Damase de diverses capersonnes qu'il tâcho de rendre croyable lomnies; car cet Isaac élait Juif de naissance, par des exemples tirés des créatures, savoir et avait quitté les superstitions judaïques du soleil, de l'ame et d'un caillou d'où l'on pour se faire Chrélien. Depuis, la crainte fait jaillir du feu, - Le cinquante-septière d'une profanation ne l'empêcha point d'aliose

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tesier pourretourner à la Synagogue. Comme i core dans les capitulaires de nos rois et il te fui prouver les crimes dont il avait particulièrement dans les trois livres ajoutés csarzt Damase, il fut puni de ses calonnes par le diacre Benoit à la collection d'Anséet relégué en Espagne. Son Lirre de la foi gise. Nous avons peu de recueils de canons est d'un style traiuant, obscur et enbarrassé. de ce temps-là plus volumineux et plus déIl établit, par divers raisonneidents, le taillés que celui de l'évê que Isaac. H est diDistère de la Trinité, el montre que les visé en onze titres, et chaque titre en plutu personnes, quoique distinzi:ées er.tre sieurs articles ou capitules. Le premier titre des 1.8. leurs propriétés singulières, ne est employé à trailer des pénitents; et il furient toutefois qu'une seule Divinité; résulte de plusieurs passages, qu'à celic quele Fils est égal et co-éternel au Père, et époque la pénitence publique était encore que le Père, le Fils ei le Saint-Esprit n'ont en usege dans l'Eglise de France. Les set bus les trois qu'une même substance. Il titres suivants foulent sur les crimes capiprouve aussi que dans l'Incarnation, le Fils taus, l'homicide, l'adultère, l'inceste, le je Dieu s'est formé un corps de la substance rapt, le pillage, le sacriléve, le serment. Le ce Mirie, et qu'en Jésus-Christ, les deur neuvième traite desercommuniés, le dixième natures, divine el humaine, subsistent et ne des prêtres, el le onzième des différents suforme ni que la personne du Fils unique de jets qui regardent le clergé et le peuple. Ce

recueil a été publié par le P. Sirmond, dans ISAAC, évêque de Ninive à la fin du le tome IX des Conciles de France, et par Vr* siècle, se déinit de l'épi-copat pour se Baluze, dans le tome lo des Capitulaires.

Aire moine. Les écrivains syriens lui attri- ISAAC, évêque arménien, chassé de son bient plusieurs discours, la plupart ad:essés Eglise pour avoir abandonné la communion aces atachoretes. Ces discours suilt par des autres évêques ses compatriotes, comtagés en quatre livres dans les manuscrits, posa cuntre eus quelques écrits, dans lesQuelques-uns lui font honneur d'un cin. quels il combat leurs erreurs. Dans le pre

uième livre de discours sur tous les points cier, qu'il publia vers l'an 1130, il les de doerine que chaque Chrétien est obligé accuse principalement de parlaser l'hérésie d: savoir ; mais d'autres croient que ce des aphtartadicites, qui consistait à croire u-rnier livre es: plutôt l'ouvrage d'un autre que le corps de Jésus-Christ n'avait pas été Isaac, né à Edesse, dont il devint évêque à semblable aur nôtres, mais qu'il avait pris ieu près dans le même temps.

un corps impassible, immortel, incréé, inISAAC, surnommé le Bon à cause de sa visible de sa nature; que par l'incarnation Onceur naturelle et de son inclination bien- il avait été changé en la nature divine, laaisante, fut disciple d'Hilduin à l'abbave de quelle l'avait absorbé, comme une goulie Saint-Germain de Paris, puis diacre de Par- de miel jetée dans la mer se trouve mêlée à ulus dans l'église de Lou, et enfin nommé l'eau jusqu'à disparaitre entièrement. En biêque de Langres, au plus tard en 858. conséquence de ce principe erroné, au lieu Troubié sans la possession de son siére par de désigner les saints mystères, et partiuCD Sous-diacie de sa propre Ezise, nownie lièrement celui de l'Eucharistie, par le nom Auscaire, il obtint le repos par la condamna. de sacrifice du corps de Jésus-Chrisi, ils ne lion de cet ambitieus, au concile de Savon. Je représentaient que comme une inmolauleres, en 859. Il assista à presque tous les tion mystique de la Divinité. L'auteur les autres conciles qui se tinrent en France, refule par des passages de l'Ecriture et par jusqu'à celui de Troyes en 878. Avant en plusieurs témoignages empruntés a' x écrits ir :: ris un voyage à Reims, il fut arrêté à de saint Athanase et de saint Cyrile d'AChalons par une maladie qui l'emporta preso lexandrie. Il les reprend ensuite de diverses que subitement le 18 juillet 880.

infractions à la discipline, qu'il leur reproche On possède de ce pieux prélal un recueil comme autant d'hérésies. Entre autres chode canons, qui montre que malgré sa grande ses, il leur fait un crime de pe célébrer la reputation de douceur, il ne manquail ni de fête de l'Annonciation dans aucun mois de courage ni de fermeté pour maintenir la vie l'année, sous prétexte que la sainte serye zueur de la discipline. En tête se lit une p'a point conçu au mois de mars; Isaac souBelite préface, dans laquelle il rend compte tient qu'elle a conçu le 23 de ce mois, et de son dessein ei des motifs qui le lui ont s'efforce de le prouver par des témoignages fait entreprendre. L'indocilité de son clergé d'Eusebe, de saint Athanase et de saint ti de son peuple, jointe au mépris qu'ils Chrysostome; maisces preuves sontertraites laisaient de ses exhortations, furent une des d ouvra es supposés. - Il leur reproche encauses principales qui le déterminerent. Il core de se servir de pain azyme dans le saint Espérait concilier plus de respect à ses ins. saciifice. Il combat cet usage et prétend que Iructions en les appuyant de l'autorité des Jésus-Christ s'est servi de pain levé dans deux puissances. Pour former son recueil, l'institution de l'Eucharistie; et que quand il eut recours aux décrets que saint Boni- bien même il se serait servi de pain azyme, lace, árchevêque de Mayence et légat du ce ne serait pas une raison de l'imiter, puisSaint-Siéze, de concert avec le roi Carloman, que l'Eglise observe, dans la célébration des publia dans deux conciles, el qui furent sajuls inystères, plusieurs choses qui ne contirmés par le Pape Zacharie en 742. Tuu- sout pas entièrement conformes aus pratilefois, quoiqu'il n'indique que cette source, ques suivies par Jésus-Christ, et il en rap0? peut dire qu'il puisa peut-être plus en porte plusieurs exemples. - Il les reprendi

a vec raison de leur manque de respect pour recueillis dans le VI' volume de la Bibliole signe de la croix, et les accuse de réunir thèque de Citeaux. Ce sont : trois crois ensemble pour les adorer sous le 1° Des sermons au ponibre de cent cinaom de Trinité. – Enfin il leur reproche quante-deux dont les six premiers roulent d'observer un jeûne appelé artsbure dans la sur la Toussaint; les trente-un suivants ont semaine qui précède celle de la tyrophagie, pour objet les évangiles des dimanches de et dans laquelle les Grecs s'abstenaient de puis l'Epiphanie jusqu'à Pâques; à quoi viande et de laitage. Isaac combat cette pra- succèdent deux serions sur la Résurrection, lique comme une superstition, et réfute les un sur l'Ascension, trois sur la Pentecôte, raisons sur lesquelles ils appuyaient l'ori- trois sur la feio de saint Jean-Baptiste, deux gine de ce jeûne. Il les exhorte enfin à quite sur celle de saint Pierre et saint Paul, trois ler ces erreurs et à renoncer à des pratiques sur l'Assomption et un sur la Nativité de contraires à la foi et à la discipline établie la sainte Vierge. dans l'Eglise par les couciles et les évêques Dans le premier sermon sur le troisième de Rome.

dimanche après l'Epiphanie, l'auteur expliLe second Traité d'Isaac contre les armé quant ces paroles du Sauveur : Je le teur, niens est moins étendu que le premier. Il y soyez guéri; allez vous montrer au pré!re, combat jusqu'à vingt-neuf chefs d'hérésies, dit : « L'Eglise ne peut rien remettre sans dont la plupart se rapportent à celles que Jésus-Christ, et Jésus-Christ ne veut rien nous venons de remarquer, et qui sont remettre sans l'Eglise. Elle ne peut rien remoins des erreurs dogmatiques que des mettre qu'au pénitent, c'est-à-dire à celui fautes contre la discipline. Nous remarque que Jésus-Christ a touché, el Jésus-Christ runs entre autres les reproches qu'il leur ne veut rien remeltre à celui qui a méprise fait de composer leurs 'saintes huiles de son Eglise. Comme toul-puissant il peut graine de navelte et non pas d'olives, comme faire tout par lui-même, baptiser, consa. cela se pratiquait partout, ei de ne donner crer l'Eucharistie, ordonner, absoudre el aucune onction aux nouveaux baptisés; de autres choses semblables ; mais l'humble et s'approcher de l'autel avec leurs habits ordi- fidèle époux re veut rien faire sans son naires, et de rester la tête couverte pendant épouse. Que l'homme de sépare donc pas la célébration de l'oftice divin; et enfin ce que Dieu a joint. Je dis que ce sacrement d'imiter les Juifs, en mangeant le jour de t'st grand en Jésus-Christ et dans l'Eglise. Paques un agneau, du sang duquel ils frot- Ne retranchez donc point du corps la téte, taient l'entrée de leurs maisons et gardaient de manière que le Christ ne soit nulle part le reste pour servir aux bénédictions. I entier Car le Christ n'est nulle part tout parait que dans cette cérémonie ils tei- entier sans l'Eglise, comme l'Eglise n'est gnaient en rouge une victime qu'ils ame- nulle part tout entière sans le Christ, alnaient à la porte de l'Eglise, où elle était tendu que, dans son intégrité, le Christ est immolée. Ce fut à peu près vers le même composé d'une tête et d'un corps. C'est la temps que les arméviens députèrent à Rome cet homme unique qui remet les péchés, vers le Pape Eugène III pour entrer en qui tout d'abord iouche intérieurement afin union avec l'Eglise latine, dont ils suivaient d'opérer la pénilence du cour, et ensuilo la pratique dans l'usage des azymes et dans renvoye pour la confession de bouche au quelques autres points encore. Cette léga- pretre, lequel renvoye lui-même à Dieu pour lion a été rapportée par Othon de Fresin- l'offrande de la satisfaction. Ces trois choghen. Nous remarquons avec regret qu'en ses produisent la parfaite guérison, savoir, combaitant les erreurs des arméniens, l'é- la contrition, la confession de bouche et la vêque Isaac ne se fait pas scrupule d'y meler satisfaction des auvres, de sorte qu'avant les siennes.

cela personne ne peut se dire guéri. » ISAAC, abbé de l'Etoile. - Isaac, naquit Dans un autre sermon, Isaac dépeint ainsi en Angleterre et y embrassa la vie religieuse la situation du monastère qu'il gouvernail dans un monastère de l'ordre de Citeaux. alors : « C'est pour vous soustraire entièreAprès avoir été suffisamment éprouvé dans ment au monde, mes frères, que par un cette maison, il fut envoyé par ses supé- dessein bien entendu nous vous avons amerieurs, pour en fonder une autre, dans une nés dans cette solitude reculée, aride, désaile dont on ignore également et le nom et gréable, où vous pouvez être humbles el la position. De là il passa en France en ne pouvez être riches; dans celle solitude, 1147, et devint abbé de l'Etoile au diocèse dis-je, placée fort avant dans la mer, et qui de Poitiers. L'histoire ne nous apprend au- u'a presque nul commerce avec le reste de cun détail de son administration, mais les lu- la terre, afin que privés de toute consolamières et la piété qui règnent dans ses écrits tion séculière et presque de lout secours donnent lieu de présumer qu'elle fut très humain, vous oubliiez entièrement le monde, sage. L'année de sa mort est incertaine ; il vous pour qui, à l'exception de cette pelite vivait encore en 1155, et Valise, son suca ile, la plus éloignée du continent, il n'y a cesseur, ne commence à paraître dans les are plus de monde nulle part. » Ce texte ne dechives de cette communauté qu'en 1169. signe certainemenl pas l'abbaye de l'Etoile,

Isaac tient un des premiers rangs parmi qui n'est point dans une île, et ne peut Jes écrivains de son ordre, moins par le convenir qu'au premier monastère dont nombre que par le mérite de ses ouvrages. Isaac fut abbé. Dom Bertrand Tissier les a presque tous Le début du septième des neuf sermons

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