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sur l'évangile de la Sexagésime fait con- lier, démon extremement curieur de ce qui naitre la circonstance dans laquelle il fut nous regarde, qui nous suit en tous lieux, prononcé, « C'est maintenant, mes frères, qui observe soigneusement toute notre condit l'auteur, qu'on voit en vous l'exécution duite, et qu'il n'est permis à personne, de celle sentence prononcée contre l'homme moins encore à un moine, de méconnaitre. après son péché : Tu mangeras ton pain à Pour moi, je pense bien connaitre le mien ; la sueur de ton front.... Voilà qu'accablés car rien ne m'est plus présent, parce que par le travail et brûlés par la chaleur du rien ne m'est plus nuisible; rien ne m'est midi, nous dégouttons de sueur, et cela pour plus familier, parce que rien n'est plus asdéfricher une terre inculle, afin de ne pas sidu auprès de moi. » semer sur des épines. Fatigués à l'excès du Au commencement du premier sermon soin de la semence lerrestre, allons prendre sur l'Assomption, l'auteur s'énonce en ces un peu de repos à l'ombre de ce chêne louf- termes : « On ne trouve pas aisément ce qu'on fri que vous voyez ici près ; et là, non sans peut dire de précis sur la fête d'aujour20e certaine sueur intérieure, criblons, mou. · d'hui, c'est-à-dire sur l'Assomption de Malons, pétrissons, cuisons, mangeons la se- rie. Resserrés comme nous le sommes dans mence de la parole divine, pour ne pas les limites que nos Pères ont posées et qu'il tomber en défaillance par un jeûne im- ne nous est pas permis de dépasser, nous n'omodéré. »

sons décider autre chose sinon qu'aujourLa plupart des autres discours furent dé d'hui Marie a été transportée (soit avec bités en pareilles occasions; et l'on voit que, son corps, soit sans son corps, je n'en sais Dullement préparés, ils naissaient sur le rien, Dieu le sait), a été, dis.je, iransportée, champ des questions que l'on faisait à l'au- non pour un temps, ni jusqu'au troisième

teur. Par exemple, sur l'évangile du second ciel seulement (si toutefois il y a réellement i dimanche de la Quinquagésime, Isaac, après pusieurs cieux), mais dans le domicile éler

avoir pris pour lexte ces paroles des disci- nel de la souveraine félicité et jusqu'au plus

ples au Sauveur : Renroyez celte femme, parce haut des cieux. » i qu'elle crie après nous, commence ainsi : Nous ne pousserons pas plus loin le dé

Allons, mes frères, c'est assez travaillé tail de ces sermons, malgré la satisfaction des mains; prenons un moment de repos, extrême que nous avons goûté en les parel employons-le à satisfaire, suivant ce que courant. Nous invitons les lecteurs curieux la bonté divine voudra bien nous inspirer, de s'instruire et de s'édifier à les lire; et à la question que ce bon frère nous a faite nous osons leur promettre qu'ils y trouvesur la fin du sermon d'hier. Il est élonné de ront une théologie profonde, une morale ce que le Seigneur ne daignant point répon- pure et exacte, une grande connaissance dre à cette femme, ses disciples néanmoins du ceur humain, un style clair, vif, pathélouchés de compassion osent intercéder pour tique et nourri des expressions bien choielle, comme s'ils étaient plus compatissants sies de l'Ecriture. et plus miséricordieux que leur maitre, qui 2• Indépendamment des sermons dont est lui-même la source de toute miséricorde. nous venons de rendre compte, il nous reste Mais d'abord, mon frère, d'où savez-vous d'Isaac deux lettres assez importantes en que c'est la pitié et non l'ennui qui a porté raison des matières qui y sont traitées. La ces disciples à en agir de la sorte, quand première qui par son étendue pourrait mévous leur entendez dire : Renvoyez celte riter à bon droit le titre de traité, est sur la femme, parce qu'elle crie après nous. Mais nature de l'âme. Alcher, moine de Clairsoit : prêtons-leur des sentiments plus no- vaux à qui elle est adressée, avait prié l'aubles et plus conformes à la charité. Dites teur de lui mettre par écrit le résultat d'une moi, quel est celui d'entre vous qui ne conférence qu'il avait eue avec lui sur ce souhaiterait pas que tous les homines fussent sujet. C'est ce qu'Isaac exécute dans celte sauvés, et que nul ne fût damné ? Or, assu- pièce, où il ne s'agit pas de savoir ce que, rément Dieu que nous n'égalons pas en selon les Ecritures, l'âme a été avant le pébonté, le ferait, s'il le jugeait à propos, avec ché, ce qu'elle est maintenant sous le je aulant de facilité qu'il le voudrait.... Mais ché, ni ce qu'elle doit être après le péché; il n'y a, mes frères, aucune comparaison mais quelle est son essence, quelles sont entre le Créateur et la créature. Il n'y a nut ses facultés, comment elle est unie au corps rapport de notre piélé à celle de Dieu. Il et de quelle manière elle en sort. Notre auVeut souvent que les siens désirent pieuse- teur satisfait à toutes ces questions en boli ment ce qu'il ne veut pas lui-même faire, métaphysicien et d'une manière qui leva les par le notif d'une plus grande piété. » doutes d’Alcher, et le mit en état de compo. Toute la suite de ce sermon, ainsi que le ser, comme nous l'avons vu, un assez bon suivant, roule sur la prédestination, que l'au- écrit sur la même matière. Isaac termoine sa leur explique suivant les principes de la lettre en lui disant: « Voilà, mon frère, cio bonne antiquité. L'éditeur, peu éclairé sur que l'obéissance m'a engagé à vous écrire, celte matière, renverse dans une note la doc au milieu des afflictions sans nombre dont trine de ces deux sermons.

nous sommes accablés. Car cette année, le Dans le premier serinon sur le troisième Seigneur a envoyé sur cette province deus dimanche du Carême, Isaac dit : « L'Écrilu- grands fléaux, la famine et la peste, fléaux l'e, mes frères, ne vous laisse pas ignorer lels qu'on croit qu'il n'y en pas eu de semque chacun de nous a son démon particu- blables dans les siècles passés. Ils ne pous

ont point surpris inopinément. Nous en des Allégories et tropologies de l'un et l'auavions observé les signes avant-coureurs tre Testament. dès l'année dernière, persuadés comme ISAIE, abbé d'un monastère de Palestine nous le sommes, que tous les événements dont le nom nous est inconnu, a laissé, un ont leur cause d'où ils naissent, leur prépa- recueil de discours moraux au nombre de ration pour la manière dont ils doivent s'ac vingt-neuf. On voit qu'ils ont tous été écrits complır, leurs signes iour le temps où ils pour les moines qu'il avait sous sa direcdoivent arriver, et leur utilité finale dans la tion et qui menaient avec lui la vie cépobi. raison pour laquelle ils arrivent. Car la sa- tique, gesse ne fait rien que d'une manière sage, ÍSEMBARD, moine de Fleury-sur-Loire, et le souverain bien ne fait rien que de bon, écrivit à la prière des moines de Saint-Josse d'une bonne manière et pour une bonne au diocèse d'Amiens la Vie de leur saint Patin, o

tron et l'Histoire de la découverte el de La seconde lellre, moins longue que la la translation de ses reliques qui se fit en précédeate, est adressée à Jean de Belley 977, après la restauration de leur nonas. me, évêque de Poitiers, et traite de l'office tère ruiné par les Normands. Dou Mabillon de la messe. C'est un commentaire mysti- qui avait ces deux écrils entre les diains que sur les paroles du canon de la messe, n'en a publié que quelques extraits du predans lequel on rencontre d'excellentes cho mier qui lui ont paru propres à jeter quelque ses. L'auleur termine cel écrit par ces paro- lumière sur une plus ancienne vie de saint les :

Josse. Orderic Vital a fait un abrégé de a Tandis que je me délectais à vous écrire l'Ulistoire de la translation, et c'est le meces choses, lant à raison du sujet qu'à cause me que doi Mabillon s'est contenté de rede la personne à qui j'avais l'honneur de produire. André, moine de Fleury dans le parler, voilà que votre homme, Hugues de siècle suivant, parle d'un autre écrit d'IsenChavigny, m'arrête et vient m'empêcher de bard intitulé : Speculum puerorum. Vous passer les bornes d'une lettre. Car il est n'en avons point d'autre connaissance. Il tombé subitement sur nos seus, a frappé est probable que c'élait une règle de conde sa main quelques-uns de nos convers, duite pour l'éducation de la jeunesse que mis en fuite nos domestiques, proféré pluie l'on élevait à Fleury. sieurs propos insolents contre nous el fait ISEMBERT I, un des prélats qui favoriplusieurs menaces contre notre maison. sèrent le plus le développement des études De plus il nous a enlevé huit breufs, qu'il a, à l'école de Poitiers dans le cours du XI* je crois, déjà vendus, et sa main est incore siècle, gouverna celle Eglise depuis l'an levée pourcommeltre de plus grandes dépré- 1019 jusuu'en 1047. On a de lui deur Jeldations. Il crie sur les toits qu'il se venge- tres; l'une écrite à Hubert de Venciome, ra dans ma personne de tous les Anglais. évêque d'Angers, pour s'excuser de ne pouPlot à Dieu que je ne fusse point de celle voir assister à la dédicace de son église: la nation, ou que, dans le lieu de mon exil, je seconde est Igalemen! une lettre d'excuss, n'eusse jamais vu d'Anglais | » Dom Luc mais le nom de la personne à qui elle est d'Achery en publiant cet ouvrage dans le adressée s'y trouve tronqué. Ces deux leltroisième tome de son Spicilége, en avail tres sont écrites avec une précision, une netd'abord fait honneur à Isaac, évêque de teté et une certaine politesse qui n'étaient Langres ; mais il corrigea depuis cette pas alors fort communes. attribution dans la table générale de ce re- ISIDORE et JÉROME dont saint Anatole cueil, sur l'autorile de deux manuscrits de parle dans un écrit composé en 276 et qu'il la Bibliothèque nationale qui donne celle nomme avant saint Clément d'Alexandrie, leltre à l'abbé de l'Etoile, et aussi parce florissaient à la fin du ii et au con pierceque du temps d'Isaac, évêque de Langres, ment du mo siècle. Ils s'étaient rendus fort il n'y avait point de prélat du nom de habiles dans la connaissance des livres des Jean qui fût évêque de Poitiers.

Hébreux et des Grecs, et avaient écrit sur 3° On conserve manuscrit à la Bibliothè- le jour et le mois où l'on devait célébrer que nationale un Commentaire sur le Canti- la fête de Pâques et l'anniversaire de la que des cantiques. Il est sans nom d'auleur; résurrection du Sauveur ; c'est-à-dire sur mais comme il se trouve à la suite de la let- la question qui fut tant agitée et avec tant tre d'Isaac sur l'âme et qu'il est assez dans de chaleur sous le pontificat du Pape saint sa manière d'écrire, tous les critiques s'en- Victor. Eusébe, en parlant de ces écrivains tendent généralement à lo lui accorder. et de plusieurs autres qui écrivirent alors Nous ne nous arrêterons pas ici à réfuter sur les mêmes matières, dit qu'on peut Oudin, qui lui fait honneur des trois livres assurer que leur doctrine était saine et du Sacrement de l'autel, dont nous avons orthodoxe, et contenait une explication rendu compte à l'article d'Alger. Il est in- fidèle du sens de l'Ecriture. contestable que cette production appartient ISIDORE de Peluse, que son savoir et ses à cet écrivain et l'ont peut voir les preuves vertus rendirent recommandable même de que nous en avons données dans notre pre- son vivant, était originaire d'Alexandrie ou vier volume.

il maquit vers le milieu du iv siècle, d'une L'abbé Isaac est un des trente-on au- famille distinguée qui le fit élever dans l'c. teurs qu'Ottomarus Luscinius a compilés tude des sciences humaines. Mais quelque pour la composition de son grand ouvrage gronds que fussent les avantages qu'il pou.

vat se promettre et de rétendue de ses rille d'Alexandre qu'il reprit een lant en CC"La sabes et de la obiesse de son quelques ocrasions, avec sain! Jean Chrysos

Il 2012 , il cuitia tout pour se retirer tome, dont il éière l'eroguine au-dessus de SC Le Doriane voisine de la ville de ce que le ragacisme avait produit de bus Pesse, d'où lui est tenu le urngoi sous illustre et dont il se ;orie le defeoseur au

e. il est connu, quoiq, 'il soit a!, elé près de ses plus anderes adrersaires. Il aussi Isidore de Damitte, par l'erreur de contribua ruissaccent à réconcilier avec

e ces tistoriens qui ont cuuiontu l'an. le Saint-Siece les patriarchis de ConstantiCine Pciase avec ceile siile que les croi. Dopie et d'Alexandrie, Jean d'Antioche et Sadis recs.rent célebre aur ur et un siè- ses suffragants, qui n'avaient point reçu le C.-5. lir en brassa la vie monasti que et se concie d'E;hèse. L'eutschiacisme, qui ID:it il.usire parmi les plus saints soli- commença à se répondre en Egypte de son 22.res. Ji se Lordait au strict nécessaire', et temps, trouva en lui un rigoureur athlète 30rele recevait-il de la charité d'autrui. qui ne cesse de le combattre jusu à sa A l'icitation de saint Jean-Baptiste, il se mort, arrive vers l'an 150. L'histonen conectait d'un seul rètement de poil de Eragre a fait de lui ce brilant éloge: « Le Chetres, et le faisait sa nourriture que de pieur Sulilaire Isidore, dont la réputation legiles et aherbes sauvages. de ses de talent et de feriu s'est répandue par anis lui arabt ensové un habit neuf, avec toute la terre, florissait sous l'empire de prière de lui faire présent de clui quiTh-odose le Jeule. Ses austérités avaient portir!. Isicore le iesercia par une i lire, si fort esténué sa chair en même temps et delularoir donné de quoi se garantir que son esprit se nourrissait des plus sudu froid, et de l'avoir mis dans le cas d'ob- lines éditations, qu'il paraiss:ll elre un serrer la céle:se que fait le saint précurseur ange sur la terre. C'était une visible image de posséder deur selements. On sait qu'il de la pénitence des solitaires e' ue la feriut éeré au sacerdoce, et quelques hisio fection des contemplatifs. Il a compose mers lui dolbeni même le litre d'abbé de quantité d'ouvrages dont la lecture esi sinPeiose, Lais en simuliaol insinuer qu'il en gulièrement instructive. » Mais se sont ses borait les fonctions à lintérieur de son lettres surtout qui l'on rendu célèbre da's Donastère. C ena iton voit par ses le tres l'antiquité. Nicéphore Calliste avance qu'il qail se regardait comme un docteur établi en avait écrit jusqu'à dir mille; Suidas d: D.eu, pour reprendre les méchants et réduit ce combre de deur cents; et il ne definire l'Exise contre les attaques de ses DOUS en reste plus aujourd'hui que deur enormis. & Je mé: rise toutes sorles de juille dcuze, recueillies en un volume ! Cobzers, dit-il, pour m'acquitter de ce folio grec et latid, par André Schott; Paris devoir, et je manquerais plutot à toule autre 1638. chose qu'à poursuivre autant qu'il me sera LETTRES. – Pour en faciliter l'analyse, possible ceur qui combattent l'Ezise de nous les distribuons en ciny classes, suiDieu. » Ce qui semble indiquer que même vant les vitférentes matières qui y sont au dehors de son monastère, il exerçailiis trailées, c'est-à-dire soit que l'auteur y fonctions du sacerdoce. On le voit encore commente divers passages de l'Ecriture; jar les persécutioas qu'il eut à souffrir pour soit qu'il y discute les articles de la foi avoir annoncé la vérité. Il protégea l'inno- chrétienne contre les ariens, les eunoméens cence dans le malheur; il s'opposa au vice el les nestoriens; soit qu'il y établisse la puissant, avec un zèle qu'il est plus facile disci;line de l'Eglise en général ou celle de louer que d'imiter. Sa générosité lui des religieus en particulier; soit entin suscita des ennemis, qui eurent même, à ce qu'il y propose des préceptes de morale qui que l'on croit, le crédit de le faire exiler, s'adressent également à toutes les classes mais non le pouvoir de le faire changer de de la société. Cette division nous seinble con luite. Aussi, dit-il, à l'un de ceur de plus naturelle que l'ordre chronologique qui il avait le plus souffert : « Quelques suivi par les éditeurs. Ces lettres sont en ralotnies que l'on insente contre la vertu, si grand nombre et les matières y sont si quelques louanges que l'on donne au vice, mêlées, qu'il nous eui été impossible autres elles rie seront point capables de me faire ment d'en donner même une i lée à vos abandonner l'une pour suivre l'autre; » et lecteurs. ailleurs : « Vous m'avez couronné malgré Leitres sur l'Ecriture sainte. – La plus Vous, el je puis dire maintenant que Dieu grande et la meilleure partie des lelires de m'a fait la grâce, non-seulement de croire saint Isidore sont sur l'Ecriture sainte. Il en lui, mais aussi de soutfrir pour lui. » l'est presqu'aucun livre tant de l'Ancien Comme on le voit et. comme on peut s'eu que du Nouveau Testament doul il n'erconvaincre mieus encore en les lisant, les plique plusieurs passages. Il recommande principes qu'il professe à cet égard sont souvent la lecture des saints livres, et donne admirables. Il be brave pas ses oppresseurs; des règles excellentes pour en faire un bon il ne les flatte pas non plus. C'est le vrai usage et la bien entendre. Il veut que celui disciple de l'Evangile, qui ne fait acception qui entreprend de la lire, s'y prépare en de personne quand il s'agit de la vériié, et purifiant son cæur el en le purgeant des qui ne s'écarte jamais de la sagesse et de la passions el des vices; qu'ensuite, il ne s'alo modération. Il fut lié avec les principaux tache pas seulement à en compreodre le Jersonnages de son temps, avec sain: Cy- sens, mais qu'il souhaite arderinent de

croire et de pratiquer ce qu'elle enseigne. d'une ame qui en est possédée. Ceux qui Il ajoute qu'il faut la lire avec beaucoup de liraient d'abord le Cantique des cantiques respect, et sans chercher à pénétrer des pourraient croire qu'il y est question d'un mystères incompréhensibles. C'est avec sa- amour charnel et terrestre ; mais quand on gesse et par une attention charitable de sa s'est préparé à la lecture de ce livre par providence que Dieu a permis qu'il se ren- celle des deux aulres, il n'est plus à craindre contrat dans l'Ecriture sainte des passages qu'on soit obsédé de cette pensée; l'esprit, très-clairs et d'autres très-obscurs; car si imbu des préceptes de la morale divine et tout y eût été clair, à quoi l'homme eûl-il détaché des biens terrestres, comprend ai. exercé son application, et si tout y eût été sément que les biens et les beaulés dont obscur, comment aurait-on pu l'entendre? ce livre inspire l'amour sont tout spiriCe qui est clair explique ce qui est obscur, tuels. et quand encore quelques passages ne pour Quoique les explications que saint Isidore raient êtres éclaircis, ils auraient au moins donne à la plupart des passages de l'Ecri. cet avantage de servir à abaisser l'orgueil ture sainte sur lesquels il fait quelques de l'esprit humain. Il remarque encore que réflexions aient plus de rapport à la morale le style des écrivains sacrés est préférable à et à la piété qu'au sens de la lettre, il ne celui de tous les autres; car, dit-il, l'élo- laisse pas néanmoins d'agiter et de résoudre quence affectée des auteurs païens peut quelquefois des questions de critique. Il satisfaire leur vanité, mais elle ne sert de recherche, par exemple, le cominencement rien pour l'instruction des hommes. Au des septante semaines de Daniel et explique contraire le style de l'Ecriture, par sa sim l'histoire de cette prophétie. Il remarque plicité pleine de naturel, est très-propre à sur la généalogie de Jésus-Christ, que la faire comprendre aux simples les plus Vierge était de la tribu de Juda aussi bien grandes vérités. Il veut que celui qui entre que saint Joseph, puisque, suivant la Loi de prend d'expliquer l'Ecriture sainie ait un Moïse, les marioges ne devaient se faire discours grave et facile et l'esprit rempli de qu'entre deux personnes de la même tribu, piété et d'onction. Il doit en prendre le sens, et que par conséquent c'était avee vérité et non pas y donner le sien, en faisant que l'on affirmajt que le Sauveur descendait violence aux paroles de l'Ecrilure pour les de David. Il montre ailleurs que les passages expliquer à sa fantaisie. Au lieu d'en pren- de l'Evangile de saint Matthieu, cb. 1'', À 20: dre des lambeaux séparés et de leur donner Joseph ne connut point Marie, jusqu'd ce le premier sens qui leur vient à l'esprit, il qu'elle eût enfanté son Fils premier-ñé, ne veut qu'il en pèse toutes les paroles, qu'il prouvent point que Joseph ait connu Marie en examine la suite, qu'il se pénètre du après son enfanlement. Il rapporte là-dessus sujet, el qu'il découvre pour ainsi dire l'in- plusieurs exemples tirés de l'Ecriture, par tention de l'auteur. Ceux qui soutiennent lesquels il montre que la particule doñec que tout ce qui se lit dans l'ancien Testa- ne marque pas que la chose se soit faite ment a trait à Jésus-Christ se trompent, et plus tard, mais au contraire qu'elle n'a jafont tort à la religion en donnant aux pa- mais existé. Il ajoute que Jésus-Christ sur roles de l'Ecriture des sens éloignés et qui la croix recommanda la Vierge à saint Jean, ne leur conviennent nullement, pour se parce que cet apôtre était vierge. Il prétend ménager le moyen de tout rapporter à Jésus- que les mets dont saint Jean-Baptiste se Christ. On doit se contenter de lui appli- nourrissait dans le désert ne sont pas, comme quer ce qui lui convient visiblement, et non on le croit communément, des sauterelles pas s'efforcer de lui attribuer ce qui n'a ou autres animaux semblables, mais les aucun rapport à lui; car ceux qui veulent extrémités des herbes et des plantes. Le à toute force trouver que Jésus-Christ est sabbat, appelé dans l'Ecriture diutepón pwtoy, désigné dans certains passages où il n'est ou second premier, a toujours paru un ennullement question de lui, donnent lieu aux droit très-diificile à entendre. Saint Isidore incrédules de révoquer en doute les passa- en donne une explication assez naturelle. ges où il en est réellement parlé. La Genèse en disant que c'est le premier jour des est le premier des livres de Moïse, et cela azymes qui suit la fête de Pâques; car les doit etre ainsi, parce qu'avant de donner Juifs célébraient la pâque le soir, et le lenune loi, il fallait faire connaître la puis- demain ils faisaient la fèle des Azymes en sance et l'autorité du législateur, et donner lui donnant, comine à toutes les autres fetes, une sanction à cette loi en exposant les le nom de Sabbath. Il concilie ce que David peines et les récompenses préparées à son dit de la beauté de Jésus-Christ avec ce observance ou à son infraction; l'un et l'autre qu'Isaïe affirme de sa difformité, en souteest établi dans l'histoire de la Genèse. En nant que le premier parle de sa divinité lisant les trois livres de Salomon, il faut et le second de son humanité, et surtout commencer, dit-il, par le livre des Proverbes, des opprobres dont il devait être couvert passer ensuite à l'Ecclésiaste et finir par le dans sa passion. Comme les trois jours et Cantique des cantiques; et voici la raison des trois nuits que Jésus-Christ passa dans qu'il en donne: Le premier de ces livres le sépulcre, selon l'Evangile, sont très-difenseigne les vertus morales; le second fait ficiles à trouver, saint Isidore donne connaitre la vanité et la fausseté des biens dessus deux explications. Il répond d'abord de ce monde; le troisième inspire l'amour que Jésus-Christ, en ressuscitant plus lol des biens spirituels et représente le bonheur même qu'il ne l'avait prédit, n'en faisait que

mieux voir sa puissance, et fermait ainsi la rier fut arrêté auprès de la montagne de Parbouche aus Juifs, tandis qu'en ressuscitant thénie par un spectre qui l'envoya dire de sa plus tard que les trois jours, il aurait laissé part à ses compatrioles de reprendre courage, lieu de soupçonner de la fraude dans sa et de se passer du secours des Lacédémoniens, résurrection. Il ajoute ensuite que Jésus parce qu'il les secourrait lui-même. Les AthéChrist a accompli exactement ce qu'il avait niens ayant ensuite remporté la victoire, précit, c'est-à-dire qu'il ressusciterait le dressèrent un autel à cet inconnu qui leur iroisième jour et non pas après trois jours. avait donné cet avis et les avait fail triomOr il est mort le vendredi et n'est ressuscité pher. D'autres avançaient que dans une que le dimanche au lever du soleil. Il a peste qui affligeait cruellement la ville d'A. donc été mort pendant trois jours. Chaque thènes, les habitants, après avoir invoqué jour, il est vrai, est composé de vingt-quatre inutilement tous leurs dieux, s'avisèrent de heures; mais à quelque heure de ces vingle dresser un aulel au dieu inconnu, et la peste quatre qu'il soit mort ou ressuscité, que ce cessa. soit à la première ou à la dernière, cette Il y a quantité d'autres lettres de saint heure doit compter pour un jour, en pre Isidore sur plusieurs passages de l'Ecriture. nant la partie pour le tout. Il donne pour Pour preuve de sa pénétration et de son ha

exemple que si l'on disait à un prisonnier bileté dans l'interprétation des saints livres, * le vendredi soir: Dans trois jours vous sor- il suffit de remarquer qu'il donne jusqu'à

tirez de prison, cela devrait s'entendre du dix explications à un verset de saint Paul; dimanche. Il explique de la même manière et qu'en une seule lettre de peu de lignes, ce que dit encore Jésus-Christ, qu'il serait il explique jusqu'à huit passages différents trois jours et trois nuits dans le sein de la de l'Ecriture, tant elle lui était présente et terre, comme Jonas dans le ventre de la ba- familière. Il ne cesse d'exalter l'Ecriture leine. C'était une manière de parler en usage sainte, en la représentant comme le trésor chez les Juifs de ne point séparer la nuit du du Chrétien, l'échelle mystique qui conduit jour, ni le jour de la nuit.

à Dieu, le viatique du salut, et le fondement Voici encore un passage qui a donné de la morale. « Les maux dont génit la bien des tortures à tous les interprèles ; c'est chrétienté viennent de ce que l'on néglige celui où saint Paul parle du baptême pour l'étude des livres saints, et de ce que l'on

les morts. Saint Isidore résout ceite difficulté préfère les conceplions de son propre esį d'une manière fort intelligible et fort raison- prit à ces oracles divins. C'est un des arti

nable. Etre baptisé pour les morts, selon fices de l'esprit de ténèbres, artifice qui -- lui, c'est étre baptisé daos l'espérance de lui a lrop bien réussi, de nous détourner de

se voir changé en un état incorruptible. On la contemplation de ce trésor sacré, dout it demande ce que saint Paul a entendu et ce nous rend par là les richesses inutiles. » que le Symbole veut que l'on entende par Lettres doctrinales ou dogmatiques. - Quoiles vivants et par les morts qui doivent être que saint Isidore n'ait traité ex professo aujugés au jour du dernier jngement, Saint cun des dogmes de la religion, on trouve Isidore nous apprend que c'est l'âme ou le cependant plusieurs de ses Jelires dans lescorns, ou bien les jusies et les pécheurs, quelles il les établit fortement. Il montre

et même plutôt ceux qui seront encore vi- que la religion des païens a des marquesito ivants, et même ceux qui seront morts à ce fausseté évidentes, que celle des Chrétiens

moment. Quelques écrivains avaient con- au contraire réunit tous les caractères de fondu Philippe l'un des sept premiers dia- vérité, et il répond à un païen qui tax il crés qui baptisa l'eunuque de la reine de de nouveauté l'Evangile, que si Jésus-Christ

Candace, avec Philippe l'un des douze apo- avait voulu que les choses restassent dans - tres; saint Isidore ne doute pas qu'il ne l'état où il les avait trouvées, il lui eût été

faille les distinguer, et il le prouve par le jnutile en effet de rien tenter de nouveau, passage des Actes des apolres qui rapporte mais s'il est venu pour réformer ce qu'il y qu'une grande persécution s'étant élevée avait de défectueux, il a eu besoin d'établir contre l'Eglise de Jérusalem, tous les fidèles, de nouvelles choses pour détruire les mauau nombre desquels se trouvait le diacre vaises qui étaient passées en usage. LorsPhilippe, furent dispersés en divers endroits que l'utilité se trouve jointe à la nouveauté, de la Judée et de la Samarie, excepté les ce n'est plus un crime d'innover; on ne apolres. Ce fut le diacre Philippe qui en- doit pas juger de l'utilité et de la bonté des seigna la foi aux Samaritains et à Simon le choses par le lemps qu'elles ont duré, mais Magicien. S'il avait été apôtre, n'aurait-il examiner si le mal qui se rencontre dans pas donné le Saint-Esprit par l'imposition les pratiques anciennes ne doit pas être des mains à ceux qu'il avait baptisés dans abandonné pour le bien qui se trouve dans celle ville ? Mais il se contenta de les bap- les nouvelles. Il prétend qu'il n'y a quà liser comme disciple, et les apôtres vinrent comparer nos livres sacrés avec ceux des ensuite leur imposer les maius. On voit par gentils, pour comprendre aussitôt de quel une de ses lettres, qui est sans inscription, côté est la véritable religicu. Les premiers que les savants émettaient deux conjectures contiennent des vérités sublimes qui imprisur l'origine de l'autel élevé à Athènes en ment le respect, les seconds sont remplis de l'honneur du dieu inconnu. Les uns disaient fables, de folies, et d'inventions méprisaque les Athéniens ayant envoyé demander bles. Il n'oublie pas de mettre parmi les du secours aux Lacédénioniens, leur cour preuves de la religion chrétienne la mer

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