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complètement à Rome; aujourd'hui je puis vous assurer que, grâce à ces fouilles du Palatin, il y est représenté, et je puis ajouter, par un échantillon du type le plus classique; de sorte que tout ce qui a été trouvé jusqu'ici à Herculanum et à Pompéi, dans le même genre, est jugé très-inférieur par les personnes compétentes: le style grandiose et sévère qui caractérise ces peintures permet de les attribuer à des maîtres dont les artistes qui ont décoré les maisons de ces dernières villes n'étaient que des élèves et des imitateurs. L'édifice, à la décoration duquel elles concourent, appartient évidemment à une des principales demeures privées bâties sur le Palatin à la fin du quatrième siècle de Rome ou au commencement du cinquième. Il est situé, ainsi que je vous le disais dans ma dernière lettre, tout près du temple de Jupiter vainqueur, et il touche à la Domus Tiberiana. L'époque est indiquée par le style de construction des murs; ils sont bâtis en appareil réticulé simple, avec un tuf emprunté au Palatin lui-même. Il en est de même pour les voûtes. Quant à la date des peintures, on peut sans aucun doute les rapporter à l'époque comprise entre César et Tibère, et, en tout cas, elles ne peuvent descendre au delà de Néron. Cela se reconnaît à la sévérité du style, qui tient à la fois du style étrusque dans la partie ornementale et de l'élégance grecque, surtout dans les chapiteaux Corinthiens composés d'une manière vraiment magistrale.

» Tenant à vous décrire, avec autant de détails que possible, hos nouvelles découvertes, je commencerai par vous parler de la chambre qui est la plus simplement décorée, mais où la peinture est le plus détériorée. J'espère cependant qu'on pourra la restaurer complètement... »

Suivent des détails sur la décoration de cette salle, où des panneaux séparés par des colonnes sont ornés d'arabesques et de festons d'un style élégant et simple qui, d'après M. Rosa, rappelle celui des plus belles terres cuites antiques et, dans la décoration des édifices, ne se rencontre guère dans les temps postérieurs à Néron.

« La seconde chambre est bien plus richement ornée et dans un état de bien meilleure conservation. La décoration de cette chambre rappelle le système employé à Pompéi et à Herculanum ; mais les règles et les proportions de l'architecture sont beaucoup mieux observées. Ce ne sont plus ces colonnes d'une finesse exagérée, ces chapiteaux effilés où l'on ne peut reconnaître que la fantaisie du décorateur. Le pinceau a figuré ici de riches colonnes cannelées, avec de beaux chapiteaux supportant une corniche qui, dans les entre-colonnements, laisse voir le soffite sur lequel semblait porter l'imposte de la voûte aujourd'hui détruite.

» Dans le milieu de chacune des deux murailles conservées, sont représentés, avec un ordre de colonnes de moindre hauteur, ces édicules bien connus que surmontent une élégante architrave, une frise et une corniche richement décorées des ornements les plus fins, le tout ensemble servant d'encadrement à un tableau grandiose qui a 2 m. 45 de hauteur sur \ m. 65 de largeur. Le premier de ces tableaux représente Galatée, Acis et Polyphème; le second Io, Argus et Mercure. Entre les deux est un tableau plus petit représentant les apprêts d'un sacrifice. En outre, sur la muraille principale, en face d'une porte de communication donnant dans la chambre précédente, le peintre a figuré une fenêtre dans laquelle il a peint la vue d'une rue intérieure de la ville, ce qui constitue un sujet unique, parle caractère de vérité avec lequel sont représentées les personnes et les maisons.

» Dans le premier des deux grands tableaux ci-dessus mentionnés, Galatée est au milieu, assise sur le dos d'un cheval marin, au cou duquel elle se tient embrassée, et, tout en s'éloignant du géant Polyphème, elle fixe ses regards sur lui. Polyphème, assis sur une roche, se prépare à en lancer un quartier sur le pauvre berger Acis qui se trouve là sans défense. Un petit Amour, placé presque sur les épaules de Polyphème, semble l'exciter à la vengeance, tandis que d'autres Amours paraissent être placés entre Acis et Galatée; mais on ne peut encore déterminer au juste le caractère de ces figures. » A gauche de cette peinture, dans un tableau plus petit, se trouve représentée une jeune fille assise entre les deux suivantes qui paraissent l'aider à faire sa toilette; mais, dans quelque temps, je pourrai vous donner des détails plus précis.

» Le tableau principal dela seconde muraille représente lo sous sa forme première, assise sur un rocher avec Mercure debout et près d'elle à droite, tandis qu'à gauche on voit un beau jeune homme nu, appuyé contre une grande pierre, avec le parazonium ou la petite épée. Sa main gauche tient une lance, tandis que la droite est levée; ses regards, qui expriment la surprise, sont fixés sur les figures d'Io et de Mercure. Tout l'ensemble de ce tableau et surtout la présence de Mercure, que l'on reconnaît non-seulement à ses attributs caractéristiques, mais encore à l'inscription ERMHC, qui est, non pas gravée négligemment comme les graffiti, mais écrite avec soin au pinceau, indique sans aucun doute l'enlèvement d'Io par Mercure; quoiqu'on ne puisse pas encore distinguer sur la tête d'Io les deux petites cornes qui sont indiquées dans d'autres représentations du même sujet, l'expression de grande surprise et d'admiration, jointe à, l'air de noblesse donné par le peintre au jeune Argus, se rapporte parfaitement aux données de ce sujet. Cette composition a été plusieurs fois répétée, avec de très-légers changements, à Herculanum et à Pompéi; celle qui ressemble le plus à notre peinture se trouve dans l'ouvrage où sont recueillis les monuments du Musée de Naples (vol. IX, pi. 50); mais elle n'a pas été comprise par les auteurs de cet ouvrage, qui ont pris le jeune homme, qui y est représenté, pour Epaphus, fils d'Io. Cette erreur n'est plus possible aujourd'hui, que le sujet est expliqué par la présence de Mercure, qui manquait dans le tableau de Pompéi. Les figures de cette peinture ont 0 m. 90 de hauteur.

» Si la conservation de ce tableau est étonnante, il n'y a pas moins lieu d'y admirer la pureté du dessin et le charme du coloris, particulièrement dans les parties ombrées. La figure d'Io, par la manière dont elle est traitée dans le nu, fait songer aux plus belles œuvres de Guido Reni.

» A gauche de ce tableau si important s'en trouve un autre plus petit, admirablement conservé. Sa hauteur est de 0 m. 39, sa largeur de 0 m. 57. Il représente, je l'ai déjà dit, un sacrifice; la figure principale est celle d'une femme richement parée et assise sur une sorte de trône. Devant elle, des servantes versent dans un grand vase de cristal l'eau d'une amphore. Par derrière, on voit s'avancer un enfant qui porte un agneau à. cheval sur son cou. Vient ensuite lafausse fenêtre dont j'ai parlé plus haut. Les dimensions en sont de 2 m. 33 de hauteur sur 1 m. 02 de largeur. Dans toute la hauteur et la largeur, le peintre a représenté la vue d'une rue dans l'intérieur d'une ville. On y trouve donc, indiquées à une assez grande échelle, les dispositions des façades des maisons, avec le détail de l'ordre des fenêtres et les différentes espèces de balcons ornés de petites colonnes ; on y voit aussi les différentes entrées des maisons.

» Avec le temps on pourra étudier plus complètement le sujet que le peintre a voulu représenter sur ce tableau ; mais, pour le moment, on voit clairement une jeune fille élégamment vêtue, la tète couronnée de fleurs. Elle semble sortir de la porte d'une des maisons; une enfant la suit, tenant dans ses bras une corbeille de fleurs et de fruits. Sur le balcon de la fenêtre principale de la maison se trouvent deux femmes en costume de couleur sombre, la tête couverte d'une sorte de mantille ; elles semblent occupées à regarder le groupe que forment la jeune fille et l'enfant. Sur un autre des balcons de la même maison, on voit un homme nu qui observe, lui aussi, avec grande attention, le même groupe, tandis qu'en arrière, sous le même balcon, une autre femme s'empresse pour arriver à temps. Ce tableau, dessiné surunesi grande échelle, où l'on trouve tous les détails désirables pour ce genre de scènes d'intérieur, inspire aux connaisseurs la plus grande admiration, tant par la perfection de l'art du peintre que par la nouveauté du sujet. •

M. Delisle commence la première lecture d'un Mémoire sur les ouvrages de Guillaume de Nangis.

Séance du vendredi 28.

PRÉSIDENCE DEM. RENIER, PRÉSIDENT SORTANT.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et la rédaction en est adoptée.

L'Académie se forme en comité secret.

La séance étant redevenue publique, l'Académie procède à l'élection portée à l'ordre du jour. M. le Président donne lecture des art. 17 et 18 du règlement général. Il rappelle en outre que les candidats inscrits sont, dans l'ordre de leurs demandes, MM. Defrémery, Ch. Robert et Oppert. — Le scrutin est ouvert: il y a 34 votants, majorité absolue 18. —Au \" tour, M. Defrémery obtient 14 voix, M. Robert 13, M. Oppert 7. — On passe à un second tour :29 voix sont données à M. Defrémery, 4 à M. Oppert, 1 à M. Robert. — M. Defrémery ayant obtenu la majorité requise est déclaré par M. le Président membre titulaire de l'Académie en remplacement de M. le Mis de Laborde. — Son élection sera soumise à l'approbation de l'Empereur.

M. le Secrétaire Perpétuel donne lecture d'une lettre de M. le sénateur préfet de la Seine du 26 mai 1869. La ville de Paris faisant élever sur la place de Clichy un monument commémoratif de la défense de Paris, en 1814, par le maréchal Moncey,M. le préfet soumet à l'Académie un projet d'inscription pour le piédestal de ce monument, sur lequel il la prie de vouloir bien lui faire connaître son avis. — Renvoi à la Commission des inscriptions et médailles.

Sont présentés à l'Académie les ouvrages suivants;

1° Au nom de M. Beulé, Le sang de Germanicus (Paris, 1869 ; 1 vol. in-8°).

De la part de M. Schœbel, Démonstration de l'authenticité mo~ saïque du Lévitique et des Nombres (Paris, 1869, 1 vol. in-8°).

De la part de M. Gustave D'Eichthal, l'article intitulé : « De la prononciation nationale du grec et de son introduction dans l'enseignement

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