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dessus, qui sera porté en conséquence au programme de la prochaine séance publique.

M. Maury, rapporteur de la Commission du prix Bordin, propose, en son nom, les trois sujets qui suivent:

\ ° Faire L'histoire De L'eglise Et Des Populations Nestoriennes

DEPUIS LE CONCILE GÉNÉRAL D'ephÈse (431) JUSQU'A NOS JOURS.

Montrer dans quelle mesure il a existé chez les Musulmans une administration municipale; faire ressortir à cet égard la différence des temps et des pays, et rechercher les causes qui ont empêché le système des franchises municipales de se développer sous l'islamisme.

Tracer, d'après le témoignage des écrivains originaux, le tableau des institutions politiques, militaires et religieuses de l'empire byzantin depuis la mort de Théodose jusqu'à la prise de Constantinople par les Latins en 1204; ecoposer les principaux changements qu'y apportèrent les invasions des peuples étrangers, les révolutions intérieures, les dissensions religieuses, et déterminer en quelle mesure ces causes diverses ont agi pour retarder ou précipiter la chute de l'empire.

L'Académie consultée fait choix du n° 1 ci-dessus qui sera porté au programme de la prochaine séance publique.

Au sujet de la communication faite par M. Ern. Desjardins, dans la séance du 6 août, de quelques Observations sur sa nouvelle édition de la Table de Peutinger, une discussion s'était engagée avec un des membres de l'Académie, M. De Wailly, qui, d'après les explications données, a demandé l'insertion au procès-verbal de la note suivante:

« Il avait été dit que la forme des t ne permettait pas de considérer l'écriture du ms. de la Table de Peutinger comme antérieure au XV siècle. M. 'Desjardins fait remarquer que sa reproduction n'est pas un fac-simile; qu'il s'est permis de modifier la forme de certaines lettres pour les rendre plus lisibles, notamment la forme du t et celle du z qui a l'aspect de IV». Les précédents éditeurs avaient aussi modifié le t, et ils avaient confondu le z avec l'A; M. Desjardins, en rectifiant cette erreur grave, s'est [attaché en outre à reproduire les couleurs et l'as

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pect du vélin. Son édition est donc infiniment préférable. — On avait exprimé en outre le regret que le nouvel éditeur n'eût pas employé la photographie pour reproduire ce manuscrit précieux. M. Desjardins, dans son Rapport au Ministre, a fait connaître pourquoi il serait impossible d'obtenir ainsi une reproduction qui pût servir de copie pour le graveur ; il a montré particulièrement qu'on n'aurait reproduit ainsi ni les teintes, ni la portion du texte qui est effacée. Néanmoins M. Desjardins se réserve d'employer au besoin la photographie, s'il était reconnu qu'une reproduction, telle qu'on peut l'obtenir par ce moyen, dût offrir un moyen de contrôle utile ou nécessaire à côté de l'édition en chromo-gravure qu'il a préparée avec tant de soin et de persévérance. »

M. Dumont reprend et termine la lecture de son Exposé sommaire des principaux résultats d'un voyage archéologique accompli en Thrace en \ 868 {Provinces d'Europe, de Thrace, CCHêmimont et de Rhodope).

ANALYSE.

« L'Académie a bien voulu à plusieurs reprises encourager le voyage archéologique que j'ai fait en Thrace en 1868, voyage entrepris par les conseils d'un de ses membres, M. Léon Renier. Elle a même accueilli, dès l'an dernier, dans ses Comptes-rendus une première communication adressée d'AndrinopleàM. Egger. Dès mon retour, j'ai sollicité l'honneur d'exposer devant la Compagnie, dans un résumé sommaire qui ne peut être qu'un rapide catalogue, quelques-uns des résultats de mes recherches. Engagé dans d'autres publications, je serai sans doute forcé d'ajourner assez longtemps l'ouvrage étendu que je dois consacrer à mon voyage. Les précédents du reste prouvent que ces récits d'explorations archéologiques ne sauraient être faits trop à loisir; et sur ce point les belles publications de MM. Heuzey et Perrot sont un exemple qu'il est impossible de ne pas suivre.

Plusieurs savants rencontreront dans ce résumé l'indication de monuments qui peuvent rentrer dans leurs études spéciales. Les" voyageurs tentés de visiter la Thrace verront ici le genre d'intérêt que présente cette province; ils seront avertis des points que je n'ai pu explorer et qui promettent d'utiles découvertes. Je trouverai moi-même un singulier profit à faire connaître, en partie au moins, le plan d'un travail pour lequel, je l'espère, ni les conseils ni les renseignements ne me manqueront.

La plupart des documents signalés dans, ce mémoire sont destinés à faire le sujet de monographies particulières, avant la publication d'un ouvrage d'ensemble. Quant à cet ouvrage luimême, il est facile de voir dès aujourd'hui, que, s'il ne rend pas de vrais services à l'archéologie et à l'histoire, la faute n'en sera ni à la Thrace ni aux monuments qu'on y rencontre.

Les historiens ne nous ont laissé sur les Thraces que des témoignages vagues et contradictoires, obscura varietas, comme disait Ammien Marcellin, cherchant dès son temps à mettre d'accord les renseignements que la critique contemporaine est encore impuissante à bien comprendre. Hérodote ne connaît pas beaucoup plus la vallée de l'Hèbre que les forêts de la Germanie. Thucydide, mieux informé, nous donne une grande idée de la puissance des Thraces, mais il ne nous conserve aucun détail sur leurs mœurs, leurs cultes et leur gouvernement. Xénophon, qui avait vécu dans leur pays, n'ajoute qu'un petit nombre de faits nouveaux à ceux que nous apprend Thucydide. Tite-Live a une idée précise des parties de la Thrace dont il parle; mais les Romains dont il raconte les guerres s'éloignent peu de la côte ou des frontières de la Macédoine. Tacite méprise toutes ces tribus « égales par leur obscurité ». Pline se demande s'il n'est pas indigne de lui d'énumérer ces peuples; il se décide à nommer ceux auxquels on peut sans trop de scrupule faire cet honneur, « quos nominare non pigeât ». Les Romains cependant connaissent beaucoup mieux la Thrace que les Grecs; ils nous permettent tout au moins de retrouver en partie la géographie de ces vastes contrées.

Si l'antiquité nous a laissé si peu de détails sur la Thrace; les

modernes n'ont jamais cherché à éclairer l'histoire primitive du pays par l'étude des monuments qu'il renferme encore. C'est à peine si, au siècle dernier, Marsigli et Paul Lucas ont vu en passant Andrinople et Philippopolis. Les frontières seules de la Thrace ont été explorées, mais avec un rare bonheur. Le chapitre consacré par M. Heuzey, dans son exploration de la Macédoine, au canton de Zikhna montre le genre de monuments qu'on trouve dans ces contrées, l'intérêt qu'ils présentent pour les progrès de l'histoire générale.

Itinéraire. La Thrace propre, qui a fait l'objet de mon voyage, bien moins vaste que le diocèse romain du même nom, avait une superficie d'environ 65,000 k. carrés, à peu près équivalente à celle de onze de'nos départements.

On né pouvait songer dans une première exploration à parcourir pas à pas une province aussi étendue. Il fallait se proposer de voir les points principaux, l'emplacement des villes importantes, en particulier des capitales romaines, entreprendre un voyage de reconnaissance dans un pays où les distances se comptent par cinquante et soixante lieues; aller enfin de tous les côtés et à l'intérieur le plus loin possible. Les villes de la côte, d'un abord facile et du reste déjà visitées en partie à plusieurs reprises, pouvaient être pour le moment négligées. Il était certain qu'on y trouverait plus de textes épigraphiques qu'à l'intérieur du pays, mais aussi moins de monuments précieux pour l'histoire des origines, pour l'étude des caractères originaux de la race thrace.

L'itinéraire du voyage était donc indiqué d'avance. Il se divisait en trois parties principales.

1° Aller de Constantinople à l'extrémité de la province, c'està-dire au point où l'Hémus rencontre leRhodope; suivre la voie romaine qui partait de Byzance pour traverser les portes Trajanes et continuer de là jusqu'à l'Ister; visiter ainsi deux grandes capitales, Andrinople et Philippopolis, et retrouver entre elles les stations de l'Itinéraire d'Antonin.

2° Revenir le long de l'Hèbre et descendre ce fleuve jusqu'à Enos.

3» D'Enos suivre les côles de la mer Egée et de la Propontide.

Sur ce parcours se plaçaient des voyages particuliers, sans lesquels l'exploration eût été très-incomplète. Ainsi Philippopolis devait être un centre, d'où il serait facile de visiter la province de Thrace presque entière. Il était nécessaire de s'arrêter en descendant le cours de la Maritza pour étudier plusieurs parties importantes de la province du Rhodope, et surtout rechercher les ruines de Trajanopolis.

Ce programme a pu être rempli. De plus les préparatifs du voyage, en me retenant à Constantinople, m'ont permis d'étudier en détail la topographie du Bosphore, qui, depuis Pierre Gilly, n'avait été l'objet d'aucun travail complet; d'éclairer quelques questions relatives aux murs de la capitale du bas-empire; enfin d'examiner les monuments, la plupart inédits, que la Sublime Porte a réunis, pour en faire le commencement d'un musée, dans une dépendance de l'église de Sainte-Irène.

Comme principales lacunes, je dois signaler les environs d'Eski Zahara, Gehren à 7 h. de Philippopolis, Vyza à une journée au nord de Constantinople : tous points où l'on trouve encore ou des ruines ou des inscriptions.

Je classerai les résultats de mon voyage en les rapportant aux quatre périodes principales de l'histoire que je me proposais d'éclairer, bien que les documents relatifs à chacune d'elles soient de valeur très-inégale. 1° Période primitive.

2° Période grecque."

3° Période romaine.
4° Période byzantine.

I. Période primitive. Les documents relatifs à cette période, comme on pouvait s'y attendre, sont peu nombreux. Les Thraces étaient certainement de race indo-européenne, mais de quelle famille se rapprochent-ils le plus?.. Sont-ils parents des Slaves, des Celtes,des Germains ou des Hellènes? Sijusqu'ici on ne trouve en Thrace aucun monument qui prouve l'origine slave des premiers habitants du pays, si même les noms propres thraces aujourd'hui connus, ne présentent jamais des caractères slaves

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