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les uns paraissent lui attribuer une origine allemande, les autres ont pensé qu'il auraU pu être fabriqué à Limoges. Mais M. Jules Labarte a eu l'excellente idée de consulter l'inventaire dressé sous l'administration de Gérard de Montagut, « garde principal et gouverneur des joyaulx et vaisselle d'or et d'argent et pierreries du roi » (Bibl. imp. mss. français, n°21, 446) ; et, au folio 24 de cet inventaire, il a trouvé une description minutieuse du'bijou d'Altœtting, avec cette mention: « Donné par la Reine au Roy le premier jour de l'an 1404 ». Les termes de l'inventaire sont si précis qu'on ne peut concevoir de doute sur l'identification du monument qui nous a conservé un portrait de Charles VI, âgé de 35 ans. — M. Labarte fait observer ensuite qu'au commencement du XVe siècle (le groupe commandé par la reine a dû être exécuté en 1403) l'école des orfévres de Paris était encore très-florissante. Il lui attribue, avec toute apparence de raison, la confection du magnifique présent d'étrennes fait au roy par Isabeau de Bavière, et il donne les noms de plusieurs orfévres qui peuvent en avoir été les auteurs. 11 montre ensuite combien il est probable que le bijou d'or ait été emporté en Bavière par Louis, frère de la Reine, qui, après avoir résidé longtemps en France et commandé la Bastille, repassa en Allemagne en 1413, enlevant quantité de chefs-d'œuvre de l'art français. — Le mémoire de M. Labarte restitue à l'archéologie française un monument de la plus grande importance.

M. Jourdain continue la première lecture de son Mémoire sur les commencements de l'économie politique dans les écoles du moyen âge.

M. Maspero commence la lecture, en communication, d'un mémoire intitulé : Une enquête judiciaire à Thèbes au temps de la 20e dynastie égyptienne. Etude sur le papyrus Abbott.

Séance du vendredi 15.

PRÉSIDENCE DE M. REGNIER.

Il n'y a pas de correspondance officielle.

M. le Secrétaire Perpétuel, en conséquence de l'autorisation qu'a bien voulu lui donner l'Académie, de remettre, cette annéeencore, la séance publique au mois de novembre, propose de fixer provisoirement cette séance au vendredi 19 de ce mois. — Il propose en outre, pour se conformer à l'art. 38 du règlement, de mettre à l'ordre du jour de la séance prochaine la désignation du membre qui devra, dans la séance publique, donner lecture de l'extrait d'un mémoire communiqué dans le cours de l'année académique. — Cette double proposition est adoptée.

M. Roulih, bibliothécaire de l'Institut, membre de l'Académie des sciences, présente, comme étant d'un certain intérêt ethnographique et historique, la lame d'un instrument de métal trouvée, il y a quelques années, dans une ancienne sépulture des environs de Copiapo, au Chili. « Il serait difficile, dit M. Roulin, d'assigner à sa fabrication une date précise, mais ce qui n'est pas douteux, c'est qu'elle remonte à une époque antérieure à celle de l'arrivée des Espagnols dans le pays. Sa forme est très-sensiblement celle que nous offre la lame d'un de nos ciseaux de menuisier et l'on voit qu'on devait s'en servir à peu près de la même manière, c'est-à-dire au moyen d'un maillet frappant sur l'extrémité libre d'un manche en bois. Dans notre ciseau, cependant, la lame se termine, du côté opposé au tranchant, par une soie qui pénètre dans le bois; dans l'outil chilien, c'est l'inverse, c'est le manche qui entre dans la lame, creusée à cet effet, d'une douille large et profonde. Avant d'être déposé dans le tombeau de l'ancien possesseur, l'instrument avait servi; son tranchant est trèsémoussé et les empreintes qu'on y observe ne sont pas de celles qu'aurait pu causer le contact avec les bois même les plus durs; de sorte qu'il y a toute raison de croire qu'il était employé au travail de la pierre. C'est, dans tous les cas, un puissant outil dont le poids dépasse un kilogramme et dont la longueur totale, du bord libre au pourtour de la douille, est de 275 mill. La lame proprement dite diminue à peine de largeur en s'éloignant du tranchant; mais elle augmente graduellement d'épaisseur, de sorte qu'au point où elle est encore pleine, c'est-à-dire à la hauteur correspondant au fond de la douille, elle est épaisse de plus de 2 centimètres. — La matière, qui est un cuivre pur, semble avoir une dureté supérieure à celle qu'offre ce métal lorsqu'il est exempt de tout alliage. La pièce d'ailleurs n'a point été travaillée au marteau, mais coulée dans un moule, et c'est à ce moule qu'elle doit les dessins dont elle est partout recouverte. Ce sont des dessins très-réguliers et entre lesquels on remarque celui qu'on nomme communément une grecque. Cela n'a rien qui doive surprendre, car la grecque est une des combinaisons de lignes qui se présentent le plus aisément et qui naissent pour ainsi dire sous les doigts de l'ouvrière qui tisse une natte dont tous les brins n'ont pas la même couleur. »

M. le Secrétaire Perpétuel procède à la présentation des livres:

1° Il lit une lettre par laquelle M. le comte Alexandre Przezdziecki fait hommage à l'Académie de la 2e série complète et de \i livraisons de la troisième série de l'ouvrage intitulé « Monuments du moyen âge et de la renaissance dans l'ancienne Pologne, depuis les temp les plus reculés jusqu'à la fin du 17e siècle », ouvrage publié par lui et par M. le baron Edouard Rastawiecki (Varsovie et Paris, 1862-68; in4°). A cet hommage M. Przezdziecki joint: 1° la liste de ses ouvrages, dont deux ont déjà été offerts à l'Académie, son Oraison de saint Casimir et les Chroniques de Pologne, de maître Vincent, évéque de Cracovie, éditées d'après un manuscrit contemporain ; — 2° l'énumération de ses autres titïes et dignités littéraires, le tout en vue d'appuyer sa candidature à une place de correspondant étranger de l'Académie.

2° M. Thurot fait hommage d'un exemplaire du tirage à part de ses Recherches historiques sur le principe d'Archimède, insérées dans la Bevue archéologique (1869, br. in-8°).

3° M. Chabouillet offre le Compte rendu des lectures faites à la section d'archéologie dans la réunion des Sociétés savantes à la Sorbonne en 1866 (br. in-8e).

Mémoires de la Socièté d'agriculture du département de la Marne: année 1 868 (1 vol. in-8°).

Revue archéologique : octobre 1869.

6° Sont adressés, avec une lettre, pour le concours des Antiquités de la France, 2 exemplaires de l'ouvrage de M. Octave Teissier, intitulé : Histoire de Toulon au moyen-âge précédée d'une notice topographique (1869, \ vol. in-8°). — Renvoi à la future Commission.

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7° Pour le même concours probablement, mais sans désignation expresse, Histoire générale du Comté du Harnes en Artois jusqu'à 1789 et de la Connétablie de Flandre (1093-1385), etc., par A. De Marquette, avocat, etc. (Lille, 1867, 3 vol. in-8°). —Cette date s'oppose à l'admission pour le concours de 1870; il en sera écrit à l'auteur.

8° M. Egger fait hommage à l'Académie de son nouvel ouvrage ayant pour titre : L'hellénisme en France. Leçons sur l'influence des études grecques dans le développement de la langue et de la littérature françaises (1869, 2 vol. in-8°).

M. Jourdain continue la première lecture de son Mémoire sur les commencements de l'économie politique dans les écoles du moyen âge.

M. Delisle reprend la seconde lecture de son Mémoire sur les ouvrages de Guillaume de Nangis.

M. Maspero termine la lecture, en communication, de son Mémoire sur une enquête judiciaire à Thèbes au temps de la 20e dynastie égyptienne. Etude sur le papyrus Abbott.

Séance du vendredi 22.

PRÉSIDENCE DE M. REGNIER.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et la rédaction en est adoptée.

L'ordre du jour appelle la désignation d'un lecteur pour la séance publique annuelle. M. le Secrétaire Perpétuel donne communication, au préalable, de la liste des lectures faites à l'Académie par les membres en 1869. — L'Académie passe au scrutin. M. Jourdain est désigné par 20 voix, sur 24 votants, pour lire à la séance publique un extrait de son Mémoire sur les commencements de l'économie politique dans les écoles du moyen âge.

M. Delisle continue et termine la seconde lecture de son mémoire sur les ouvrages de Guillaume de Nangis.

Année 1869. 13

Avant de procéder à la présentation des livres, M. le Secrétaire Perpétuel donne lecture d'une lettre à lui adressée par M. le Dr E. D'Eichwald, de Saint-Pétersbourg, et accompagnée d'Observations (manuscrites) sur plusieurs antiquités scythiques, trouvées nouvellement dans un tumulus au nord du Caucase sur les bords du Kouban. Sur la proposition du Secrétaire Perpétuel, il est décidé que ces observations seront lues dans l'une des prochaines séances. —M. D'Eichwald a joint à cet envoi deux exemplaires d'un opuscule intitulé : Jubilœum Eichwaldi, 18 et 30 mai 1869, distiques latins en congratulation, par le Dr Chr. Fr. Walther (Petropoli, 1869).

Sont présentés en outre à l'Académie:

Deux reines de France, drame en o actes et 6 tableaux, etc., par Alex, de Noirville (comte Alex. Przezdziecki). Paris, 1866, in-12.

Origine du patronage liturgique des boulangers, Saint-Honoré, Mém. lu au congrès de la Sorbonne en 1869 par M. l'abbé Corblet (br. in-:,°).

Journal asiatique: numéro de juillet 1869, renfermant le Rapport sur les travaux du conseil de la Société, en 1 867-68, lu à la séance annuelle par le Secrétaire, M. Renan.

Revue numismastique : mai-août 1 869.

Revue africaine : septembre 1869.

6° M. Wallon fait hommage, au nom de l'auteur, M. Caffiaux, archiviste de la ville de Valenciennes, de l'opuscule intitulé : Les Francs des cinq offices des feux (XIIIe, XIVe et XVe siècles), travail dont M. Wallon fait ressortir les mérites.

7° Par une lettre en date du 20 octobre, M. le Dr Kemmerer adresse, pour le concours des Antiquités de la France, son livre intitulé : Histoire de l'île de Ré, depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours (La Rochelle, 1868, 2 vol. in-8°). — Renvoi à la future Commission du concours de 1870.

M. De Mas-Latrie commence la lecture, en communication, d'un travail intitulé : D'un privilège commercial accordé en 1 320 à la République de Venise par un roi de Perset faussement attribué à un roi de Tunis.

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