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Saint-Cloud, dont le nom se trouve formellement énoncé en tête de deux ouvrages latins, médiocrement étendus, qui existent parmi les manuscrits de notre Bibliothèque impériale sous les nos7281 et 15171 (ancien 900 de Saint-Victor). L'auteur de la notice, le savant M. Littré, a caractérisé et analysé avec son exactitude ordinaire ces deux ouvrages intitulés, l'un, Calendrier de la Reine, l'autre Almanach, et il n'a pas manqué de relever en outre dans le premier, qui s'adresse à la reine Marie de Brabant, deuxième femme de Philippe le Hardi, la mention d'un troisième ouvrage, d'ailleurs inconnu, où devaient être expliquées les utilités multipliées d'un instrument appelé directarium, « Cette indication a fourni à M. D'Avezac un trait de lumière sur l'auteur d'un petit traité se rapportant précisément à un tel instrument. Parmi les manuscrits de la Bibliotheque.de 1,'Arsenal, dont M. Paul Lacroix, l'un des conservateurs, s'applique à rédiger un catalogue raisonné, s'est rencoptrée une plaquette in-folio (B. L. F, 347) de 8 feuillets en vélin, la plupart couverts de belles miniatures, et dont les deux derniers sont consacrés à un instrument représenté à la suite d'un calendrier par une grande figure richement peinte en or et couleurs, mais malheureusement inachevée, et dépourvue de toutes les inscriptions intérieures (tant lettres que chiffres) qui devaient la compléter. Le texte, qui occupe la page suivante, a pour titre : limitas insirumenti quod directorium appellatur. 11 consiste d'abord en 28 vers latins, à la suite desquels se développe en français une paraphrase explicative de leur contenu, le tout d'une écriture qui semble de la fin du 13e siècle. Les deux premiers vers entrent ainsi en matière:

Presens ingenium directorium vocitavi,
Cujus virtutes multipliees resemvi.

Et les deux derniers désignent ainsi l'auteur;

Versiculos faber hos ego Guillermus fabrlcayi,
Quorum romanum regine sic reseravi.

D'une part, cette désignation d'un Guillaume (avec le surnom soit fictif, soit réel de Faber ou Lefebvre), comme auteur d'un instrument appelé directorium, dont il énumère les vertus dans des vers latins expliqués ensuite en français à une çeine; d'autre part, la déclaration faite par Guillaume de Saint-Cloud dans un écrit dédié à la reine Marie de Brabant, qu'il a exposé ailleurs les vertus de l'instrument appelé directorium, ce sont là des indices qui s'appellent et se complètent mutuellement; en sorte, ajoute M. D'avkzac, que je dois à mon vieil ami et savant confrère, M. Littré, la satisfaction de reconnaître dans Guillaume de Saint-Cloud l'auteur du petit traité relatif au directorium que j'avais entre les mains, et que je lui apporte de mon côté ce petit traité même, dont il n'avait encore rencontré qu'une simple mention.»

Sont offerts à l'Académie les ouvrages suivants:

Bulletin archéologie chrétienne, de M, de Rossi : VI' année, n° 6.

2e Ueber die Krishnajanmdshtami (Krishna'$ Geburtefest), par M. Weber, correspondant (Berlin, 1868, 1 vol. in-4e).

Une pénalité des lois Gombettes et les lumières qu'elle jette sur l'origine dés Burgondes, par M. Eug. Beauvois, membre de la Société des antiquaires du Nord (Copenhague et Chalon-sur-Saône, 1868, br. in-4°).

Revue africaine .-12e année, ne 72 (novembre 1868).

Bulletin de l'œuvre des pèlerinages en terre Sainte .■ n° 60 (janvier 1 869).

M. Renier offre à l'Académie, au nom De M. Ch. de Vigneral, oapitaine d'état-major, la suite de sa publication Sur les ruines romaines de l'Algérie (Paris, 1868, 4 vol. in-4°). Cette partie nouvelle se rapporte à la Kabylie du Djuijura. L'auteur a parcouru en tous sens cette contrée, mesuré tous les tronçons de voies romaines qu'il a découverts, pratiqué des fouilles en divers lieux, et les résultats qu'il a obtenus sont tout-à-fait dignes d'être signalés. A Tiklat, par exemple (l'ancienne Tubusuptus), il a retrouvé deux nécropoles superposées l'une à l'autre, d'une longueur de 500 mètres environ sur 2 à 300 de largeur, et qui ont dû se succéder à 2 ou 3 siècles d'intervalle. Les tombes en sont construites avec le plus grand soin; on y retrouve des traces de monuments avec colonnes et soubasscments en pierres de taille, des Stèles, etc. Devant ces stèles on rencontre généralement un dé de pierre creusé et fermé par un couvercle. Plusieurs n'avaient pas encore été descellés. M. De Vigneral en ayant ouvert un y a trouvé une enveloppe de plomb, et dans cette enveloppe une tête, les os du crâne avec des cheveux encore adhérents, ce qui n'empêche pas qu'il n'y ait des urnes funéraires dans ces tombeaux, en sorte qu'à une époque postérieure à l'occupation romaine, ces populations paraissent avoir gardé, avec l'usage de brûler les morts, la coutume d'en conserver la tête en des lieux séparés. — L'auteur a recueilli et publié dans son ouvrage un trèsgrand nombre d'inscriptions.

M. Le Blant continue Sa lecture Sur l'accusation de magie dirigée contre les premiers chrétiens.

M. Renan dit, à l'occasion de cette lecture, que les cas de folie sont regardés chez les musulmans, tout aussi bien que chez les chrétiens en Orient, comme des possessions. Les musulmans renvoient même leurs fous ou possédés aux chrétiens pour les guérir, et surtout au couvent de Saint-Antoine qui est réputé avoir une vertu toute spéciale dans les cas de ce genre.

Séance du vendredi 19.

PRÉSIDENCE DB M. REGNIER.

Le procès-verbal de .la séance précédente est lu et adopté.

Il n'y a pas de correspondance officielle.

M. Naudet fait la seconde lecture de son mémoire sur le sens du mot vicus.

M. Bronet De Presle, à l'occasion du passage allégué du grammairien Charisius, pense qu'il faut admettre deux sens successifs du mot vicus, ayant désigné une agglomération de maisons, un hameau, etc., avant de s'appliquer à une rue.

M. Naudet reproduit la distinction qu'il a faite, se fondant sur l'autorité de Varron, du sens de vicus à Rome, où il signifiait rue, et en dehors de Rome, où il désignait une agglomération de maisons dans la campagne.

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M. Le Président signale l'accord du passage de Charisius avec l'usage des grammairiens actuels.

M. Laboulaye, alléguant le Digeste, pense que le sens exclusif de rue donné à vicus est une erreur qui paraît venir du grammairien Festus.

M. Maury estime que le mot en question s'employait simulla» nément dans les deux acceptions diverses de rue et de quartier.

M. Naddet ne saurait partager cet avis ; il soutient qu'à Rome le sens du mot est exclusivement celui de rue.

M. Egger est frappe de la grave difficulté que soulève le passage, rappelé par lui, de Suétone, pour le sens originaire de vicus, qui paraît avoir reçu, seulement au temps d'Auguste, l'acception nouvelle que maintient l'auteur du mémoire.

M. Naudet,soutient qu'Auguste ne fit d'autre innovation que celle des régions ou quartiers, et qu'il laissa aux vici, comme aux compita, carrefours, l'application consacrée.

M. Laboulaye, en présence de cette diversité d'opinions et d'autorités, avoue son embarras, et craint que la question ne puisse être résolue d'une manière définitive.

Sont offerts à l'Académie:

1° Au nom de M. Wallon, sa Notice biographique sur M. Vincent (extr. du Correspondant).

2° Au nom de M. Littré, la 21 e livraison de son Dictionnaire de la langue française (PER—POR).

3° De la part de M. le Sénateur Fiorelli, Y Annonce de l'inauguration solennelle faite par le roi Victor-Emmanuel, le 8 février dernier, des nouvelles fouilles d'IIerculanum. Discours du ministre de la maison royale. Lecture d'un décret royal affectant une somme de 30,000 livres pour l'encouragement des fouilles nouvelles d'Herculanum, et fondant une place gratuite à l'école archéologique de Pompéi(fascic. in-4°).

Giornale degli scavi di Pompei : Nuova serie pubblic. dagli alunni delia scuola archeolog. vol. I (Napoli, 1868, in-4e).

Saggio cronolog. ossia Storia delia moneta romana dalla fondftzione Année 1869. '3

di Roitm alla caduta dell' Impero d'Occidente, per D. Luigi Pizzamiglio (Rome, 1867, in-4°, avec 3 pi. de monnaies et une lettre d'envoi).

Journal asiatique: octobre et novembre 1868.

Revue archéologique : février 1869.

M. Egger fait hommage, au nom de l'auteur, de l'ouvrage intitulé « Ithaque, le Péloponnèse et Troie : recherches archéologiques », par Henry Schliemann (Paris, 1869, in-8° avec 3 pi. lilhogr.).

L'Académie se forme en comité secret.

La séance étant redevenue publique, M. D'avezac commence la lecture, en communication, d'une lettre qu'il a écrite Sur la découverte de l Amérique septentrionale par les Cabot.

Séance du vendredi 26.

PRÉSIDENCE DE M. REGNIER.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu /et la rédaction en est adoptée.

Il est donné lecture de la correspondance officielle.

Par un message du 19 février, M. le Ministre de l'Instruction publique adresse l'ampliation d'un décret, rendu sur sa proposition, par lequel l'élection que l'Académie a faite de M. Max Mtiller, pour remplir la place d'associé étranger, vacante par suite du décès de M. Welcker, est approuvée.

Le décret est ainsi conçu:

Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présents et à venir, salut;

Sur le rapport .de noire Ministre secrétaire d'Etat, au département do l'Instruction publique;

Vu le rapport de notre Minisire secrétaire d'Etat au département de l'Instruction publique;

Vu le procès-verbal de la séance tenue le 12 février 1869 par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l'Institut impérial de France,

Avons décrété et décrétons ce qui suit:

Art. Ier. L'élection que l'Académie des Inscriptions el Eelles-Lellies de

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