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t'ai adressé une requête à la même occasion : mais celui auquel fut renvoyée la requête n'ayant pas pu mettre la main sur eux (?) ils sont restés impunis et sont arrivés à une plus grande audace. C'est pourquoi je te prie, si tu le veux bien, d'ordonner qu'ils paraissent devant toi afin que, pour ces faits, ils soient traités avec la rigueur convenable —Bonheur! — (ce sont) Mus, marchand d'habits, Psosnaus, porteur d'asilles — Imouthès, boulanger — Arembasnis, marchand de blés — Stotoetis, sacco

phore — Archebios (Cletès), invocateur et d'autres avec

ceux-là dont j'ignore les noms. »

Cette pièce est donc postérieure de deux ans au papyrus n° 36 de la collection publiée par [l'Académie, qui contient une requête àDenys, écrite par PtoléméeJ'an 19 de Philométor dans sa dixième année de réclusion, suivie d'une apostille favorable du stratège. C'est précisément la requête que mentionne la 24e ligne du nouveau papyrus. Elle nous fait connaître le nom d'un autre grec du Sérapéum AttptXoç accompagné d'une qualification

nouvelle Twv irapaxaTE70u.sviov Xltzo Tou 2apa7U0<; Ospt«r£UTtov. Le mot

itapaxaTs/o^vMv comparé à quelque autre passage de papyrus (n° 36 de la collection académique 1.10, lv <j> ximppat fepû, dit le reclus Ptolémée), et suivi de ôsparauTwv qui, si je ne me trompe ne se rencontre pas ailleurs dans ces documents, peut ajouter quelque renseignement à l'institution de la xorro£>). Ne faut-il pas rappeler ici ce que dit un passage de l'Onirocriticon d'Artémidore (II, p. 148, 26 éd. Hercher) sur les collections de songes

médicaux de l'Egypte : itoXXobç ovstpouç àvaYpocj/apiivtdv xai (/.aXiffTa cuvTafàç xa\ (tepairsîaç Tàç \mh SapowriSoç SoOsitraç? et l'oî II xa\ ev xa

To/r<3i0£wv Totosriiaévoi olû etc.,de Manéthon (1, 237sqq.). Elle fournit une forme de salut (tu/yi) différente de celle qu'on trouve ordinairement au bas des pétitions. — Mais elle est surtout intéressante pour la série de personnes dont elle désigne la qualité;

[au; t;xaTtOit(oXriç (cf. i[taTiOitojXou, pap. p. 36, 1. 8) ; (j/osvaoçastXXotpopoç,

nom égyptien nouveau et qualification qui se rencontre pour la première fois dans les papyrus; on peut en rapprocher les données fournies par l'alexandrin Ilésychius — ipou6ïiç aproxoroç, l'on trouve au papyrus 34 de la C. Ac, 1. 12 et 1. 26, deux personnes du Sérapéum portant ce nom; quant à l'état, il est mentionné fréquemment;— apejt&x&viç <rtToxax^oç. Ce nom confirme, je crois, la conjecture de M. Brunet de Presle sur la date du 11e papyrus de la C. Acad. (plainte contre un certain Arembasnis) et sur la place à lui donner parmi les pièces du Sérapéum. Il faut ajouter <titoxoot7ixoç au catalogue des professions diverses recueillies par M. Egger. C'était sans doute un marchand A'olyre, si l'on considère un passage d'Hérodote (2,36) et le témoignage des Papyrus, que les jumelles du Sérapéum se nourrissaient de pains cyllestes, nom donné par les Egyptiens aux pains faits avec l'olyre. — Le renseignement le plus intéressant est certes la mention de Stotoetis (nom de forme nouvelle à ajouter aux «ttuôïith;, aTOT07iXetoç) <jaxxo<popoç. M. Brunet de Presle écrivait .au sujet des j«Xav/içopot ou porteurs d'habits noirs, consacrés à Isis et à Sérapis : « Les papyrus pourraient fournir les éléments d'une étude nouvelle sur ces communautés qui offriraient quelques rapprochements et surtout des contrastes avec les thérapeutes juifs et les moines chrétiens de l'Egypte. » Voici sous le règne de Philométor, en 161 avant Jésus-Christ, mentionnés pour la première fois comme religieux, dans le Sérapéum de Meraphis, des saccophoroi, nom porté plus tard par une secte d'hérétiques dont parle saint Basile dans une lettre à Amphilochus (V. Thesaur. H. Steph. ad v.). Il faut, je crois, rapprocher de ce mot, le craxxoç noté et évalué dans le 54e papyrus de la C. Acad. (1. 52) faisant partie des comptes de dépenses et de recettes du Sérapéum. — Quant aux mots Appi&oç KXr)Tïiç,que j'ai cru pouvoir déchiffrer audessus de l'avant-dernière ligne, ils sont à noter : car le même Ap^êtoç porte le titre de ïaTpôç dans la précédente requête de Ptolémée,fils de Glaucias, antérieure à celle-ci de deux ans (pap. de la C.Ac. 36,1. 7.) et dans un des papyrus publiés par Forshall et appartenant aux pièces du Sérapéum il est question d'un tarpoXxïitï);. Ces deux mots tantôt réunis, tantôt séparés, pourront-ils fournir quelque détail à l'histoire de la médecine, et l'invocation du dieu Sérapis, de la déesse Isis (v. Diod.) se rattache-t-elle à ces titres?

Le second papyrus a été aussi rapporté par M. Anastasi à la même époque; il porte le n° 44 dans le catalogue du musée Britannique; il se compose de 34 lignes. En voici, le sens:

« Au roi Ptolémée et à la reine Cléopàtre, sa sœur, Dieux Philométors, salut; Ptolémée, fils de Glaucias, macédonien, depuis treize ans l'un de ceux qui sont en réclusion dans le grand Sérapéum prés Memphis. Comme je possédais une maison paternelle prèsle bourg Tochis, du nome Héracléopolite, elle a été pillée,et ce qu'elle renfermait, dela valeur de20 talents de cuivre, emporté par mes voisinsHesperus et Atheus, son fils, etPolémon, son frère. Puis, non contents de ce qu'ils avaient commis, ils ont élevé des constructions autour de la cour attenant à la maison et du terrain nu qui en dépend, et an disposent comme de leur propriété, se fiant sur ce que je ne puis sortir du temple et aller sur les lieux pour leur demander compte. Puisque donc, grands roi et reine, je suis actuellement dans l'impossibilité de leur demander compte des objets enlevés, du moins quant aux constructions faites autour des terrains qui m'ont été laissés par mon père et à l'usage arbitraire qu'ils se permettent, je vous prie d'envoyer ma requête à Cydias, stratège du nome, afin qu'il fasse appeler devant lui les susdits et leur enjoigne de ne plus entrer de force dans les lieux sus-indiqués, de les rendre à ceux qui me représentent. Pour la violence commise, je te prie d'en faire justice avec la rigueur que méritent les méchants, afin que moi aussi je participe (aux bienfaits) de votre protection envers les biens (des sujets). Soyez heureux...

13.

Cette pièce correspond au papyrus 38 de la C. Acad.,dont elle est une reproduction assez fidèle, jusqu'à la ligne 20. Elle est d'autant plus précieuse, que l'original du papyrus 38 n'a pu être retrouvé. Elle nous fait connaître le nom du bourg où était située la maison de Ptolémée ; elle fournit quelques variantes;

S

détermine le numéraire dont se sert le fils deGlaucias pour évaluer ses meubles; elle nomme Atouoç celui que le papyrus 38 appelle AuXtoç.

A partir de la 20e ligne, elle se détache complètement de la rédaction du papyrus publié. Peut-être la comparaison des deux textes pourra-t-elle fournir des données intéressantes pour l'administration publique et le droit privé. Enfin elle nous permet de remplacer par Sioikafaiv [xiooitovvipwç les mots SiaXa6eïvXowr (o'v) à la 1. 28 du papyrus 38, correction d'autant plus acceptable que, dans la copie manuscrite de ce papyrus, telle que la conserve M. Brunet de Presle, et qu'il a eu la bonté de me faire voir, des points sont placés sous les lettres *« pour indiquer que la leçon paraissait déjà douteuse.

Tels sont les deux papyrus et les résultats qu'ils promettent. Je sais bien qu'il faudrait les étudier avec autant de soin et de lenteur qu'ils ont été rédigés avec précipitation et négligence. Mais il me semble, après tout, plus modeste et plus utile de les soumettre sans retard aux savants. On voit déjà cependant ce que ce peu de lignes écrites par un homme obscur nous révèlent de nouveau pour l'histoire civile et religieuse des temps ptolémaïques, comme pour la langue grecque.

Un allemand demandait, il y a déjà plusieurs années, dans son histoire de lalittérature grecque: « Quand fera-t-on un Corpus papyroruml » Mais lorsque le premier éditeur de papyrus des Lagides vit encore, quand quelques-uns de ces documents ne s'exposent aux yeux de tous que 30 ans après leur acquisition, n'est-il pas prudent d'attendre bien des années encore? Un jour viendra, certainement, où l'on pourra réunir enfin toutes ces feuilles légères et fanées si précieuses et étaler dans un vaste ensemble la longue série de ces témoignages vivants d'une histoire de trois siècles, l'histoire d'un pays merveilleux qui a accueilli et développé dans son sein les civilisations les plus vigoureuses, les institutions les plus caractéristiques, on pourrait dire la théorie et la pratique des plus grands peuples de l'Orient et de l'Europe. »

Sont offerts à l'Académie les ouvrages suivants:

Ae Au nom de M. Rangabé, correspondant, et du comité des Antiquaires d'Athènes, la patère fidèlement représentée en chromolithographie, sur laquelle M. Rangabé a fait devant l'Académie une communication reproduite tfans une feuille grand in-fol., qui accompagne le monument.

2° Avec une lettre de M. Arnaud, pasteur à Crest (Drôme), en date du 16 février, un exemplaire de sa Version nouvelle du Nouveau Testament faite d'aprés le texte comparé des meilleures éditions critiques (1858T 1 vol. in-8°), accompagné d'un manuscrit ayant pour titre: Essai sur le caractère philologique de la langue originale du Nouveau Testament et les sources de sa connaissance, travail sur lequel l'auteur appelle l'attention de l'Académie. — Il est reconnu, conformément aux usages de l'Académie, qu'à défaut d'un concours, la seule manière pour l'Académie de se former une opinion sur ce travail est de l'admettre à être lu dans ses séances si le bureau juge à propos d'autoriser cette lecture. — M. le Vice-président veut bien se charger d'en donner d'abord son avis. — M. le pasteur Arnaud sera informé de cette décision.

3° M. le Secrétaire Perpétuel lit une note par laquelle M. Garcin De Tassyoffre, de la part de M. l'abbé Grandvaux, directeur au séminaire de Saint-Sulpice les Etudes bibliques de M. l'abbé Le Hir, de son vivant professeur d'écriture sainte et d'hébreu au susdit séminaire (1869, 2 vol. in-8°). « Ce précieux recueil des travaux imprimés ou manuscrits d'un savant aussi distingué que modeste sur les sujets les plus divers se rapportant à la littérature sacrée, à l'histoire du christianisme et même à l'épigraphie phénicienne, sans parler des langues américaines, est accompagné d'une introduction pleine d'intérêt et de sommaires par M. l'abbé Grandvaux. »"

Origines royennes de l'Institut ries Filles de la croix d'aprés des documents inédits, par l'abbé J. Corblet (Paris, Amiens, 1869, in-8°).

5° Une suite considérable de collections et d'ouvrages divers adressés par l'Académie de Pest et comprenant: I. Monumenta Uungariœ historica (Scriplores) t. vm (Pest 1867), t. x (Ib. 1865), t. xm (Ib. 1867), t. xvi (Ib. 1866), t. xvn (Ib. 1866), t. xvm (Ib. 1866), in-8°. —II. Comptes-rendus de l'Académie Magyare: Section de philologie et des belles-lettres, t. m. fascic. 1 et 2 (Pest 1863-65) in-8°; t. v, fascic. 1-3 (Ib. 1865-7). —III. Nyelvtudomanyii Kôzlemények. Communications

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