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eût-il pu faire le chemin à pied, quand on annonce que lorsqu'il marchait ses genoux se dérobaient sous lui? Je le crois bien : mais n'eût-il pas mieux valu se demander s'il était moralement possible que l'empereur Claude eût fait ainsi plus de deux cents lieues à pied? N'eût-il pas également mieux valu ouvrir le dictionnaire latin, et y voir que iter pédestre signifie chemin de terre , et qu'ainsi, par opposition à la voie maritime qu'on pouvait choisir à Marseille, l'empereur préféra la route de terre? Il est vrai que pour bien lire dans un dictionnaire latin, il faut déjà savoir un peu le latin.

Est-ce à Dijon que l'on devrait avoir à relever de pareilles choses ? et . ne voulons-nous pas rester à la tète du mouvement provincial qui nous presse de tous côtés?

La bibliothèque méridionale, la recue de Lyon, la revue de Bordeaux, la revue de Montpellier, la revue de Toulouse, viennent de s'unir entr'elles, sous le titre et le patronage du congrès, revve de Lyon, centre de l'association intellectuelle des provinces méridionales. Tous les i5 jours, alternativement, l'une ou l'autre de ces publications paraît, et donne ainsi le salutaire exemple d'une fédération provinciale littéraire.

A Poitiers , la revue Anglo-Française ; à Périgueux, le Montaigne, revue du Périgord, sont en pleine activité. Dans le Dauphiné, un recueil semblable se prépare.

A Nancy, larevue de Lorraine compte déjà près de deux années d'existence. Habilement dirigée, elle s'enorgueillit des articles historiques de M. Troplong, ancien conseiller et président de chambre à la Cour royale de Nancy, celui-là même que ses travaux de jurisconsulte viennent de porter assez récemment à la Cour de cassation. M. Troplong ne croit pas déroger à ses dévoirs de magistrat, à ses livres de jurisprudence , en soutenant de sa plume un recueil provincial. Il a refusé 20,000 fr. de rente du gouvernement Belge qui voulait l'amener professer le droit français à Gand: et il écrit dans une feuille littéraire de sa province. Exemple trop rare, que devraient bien méditer tous les magistrats et les professeurs du Royaume!

Cette animation littéraire des provinces ne se borne pas à des revues. A Strasbourg, se fonde, par M. l'abbé Bautain, une philosophie religieuse et nouvelle qui attire, plus que tout autre renseignement, toute la jeunesse alsacienne autour de la chaire du professeur. M. l'abbé Bautain est aussi docteur en médecine. Le caractère spécial de sa doctrine , c'est de faire une assez forte part à ta physiologie , mais en la spiritualisant. C'est le contre-pied de Cabanis. Ce n'est pas un médiocre honneur que la création d'une telle philosophie.

A Nautes, on publie l'histoire civile, politique et religieuse de la ville et du comté de Nantes, imprimée pour la première fois sous la direction de M. Auguste Savanier, le même sans doute qui vient enseigner l'histoire à Dijon.

On s'occupe de l'histoire de Versailles, de l'Alsace, du Finistère, de Montpellier. On grave au trait cette tapisserie de Flandre, qui formait l'intérieur de la tente de Charles-le-Téraéraire au siége de Nancy. L'ancien Bourbonnais continue. Le Roman du Brut, poème du 12' siècle, se publie à Rouen. Un avocat-général de Rennes, M. Victor Foucher, traduit les lois pénales des deux Siciles. M. Rauter, professeur à Strasbourg , écrit sur la législation criminelle. Des poésies provençales s'impriment à Marseille. A Dole, un sous-préfet consacre une notice très-intéressante à la mémoire honorable de M. Couvoisier. A Besançon , de bons livres se préparent. Je ne finirais point, si je voulais entrer dans tous les détails de l'activité littéraire qui remue nos provinces. Les indifférens et les ignorans en nieront la portée et les résultats, tant que les résultats ne seront pas produits. Mais il est moralement impossible que cette activité ne soit pas prochainement féconde.

La Bourgogne ne tiendra pas le dernier rang au milieu de ces efforts unanimes ; mais il ne faut pas qu'elle s'amuse, comme bien des gens que je ne veux pas citer, à recopier, en mauvais style, Dom Plancher, Courte-épée, et tant d'autres livres que chacun à lus ; à mettre en coupe réglée l'histoire de M. de Barante, à faire un pastiche grimaçant sans couleur et sans naïveté. Il faut du solide ou du nouveau ; des découvertes ou de l'imagination, mettre quelque chose en saillie, ou piquer la curiosité par les ressources du style. Il n'est pas bon même de s'encastrer dans la localité pure : ainsi localisées, les études sécheraient de langueur. L'histoire locale, en la supposant bien refaite, ne suffirait plus aux exigence d'une revue : dans tous les cas, elle n'y suffirait pas long-temps. La matière s'épuiserait vite , et après qu'écrirait-on?

Je ne finirai pas sans annoncer que la livraison prochaine des Deux Bourgognes publiera des vers de M. Antoni Deschamps, ce pauvre insensé, qui fait de beaux vers dans ses intervalles lucides. Il en a adressé à M. Antoine de Latour, et M. de Latour lui a répondu aussi en vers. Ce sont les vers alternatifs des deux poètes que M. de Latour a bien voulu nous envoyer. Amant alterna camaynat. Ce dernier nom rappelle à tous sans peine le brillant disciple dijonnais. Depuis, il est devenu la fleur de l'école normale , le traducteur élégant de Silvio Pellico, l'auteur d'essais historiques très-remarquables, d'un recueil de vers fort goûtés, d'articles de critique pleins de trait et de finesse; et dans sa belle et nouvelle destinée, il n'a point oublié les amis de son enfance et de sa jeunesse ; il n'a point oublié la ville qui venait en foule applaudir à . ses lauriers de collège que n'ont point démentis de plus sérieux triomphes 1 II nous a même autorisés à promettre, en son nom, à nos lecteurs une série de portraits des hommes les plus éminens et les plus divers de ce 3iècle, au milieu desquels M. de Latour se trouve fréquemment et naturellement placé.

P. L.

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180. ROLLE. — Sur une prétendue bible d'Aleuin, 2e art. 186. BUSSET. — Difficulté d'un traité d'harmonie. 194. A. G. DE GRANDPONT. — Note sur la colonie do Li béria.

198. V. L. — Bullehr.

205. EUGÈNE DE CHAMBUHE. — Le château de St-Point. 219. Cte ADOLPHE DE CIRCOURT. — Monastère de la

Nouvelle-Jérusalem, le patriarche Nikon, les Stara

vertsi.

240. TH. FOISSET. — Lettres inéd. de Leibniz, 2« série. 256. L. DUSILLET. — Voyage d'un ménestrel au XH« siècle. 265. X. MARMIER. — Paysages d'Islande. Le Geyser. Poésie. 268. GUTTINGUER. — Entretiens poétiques. Poésie. 271. DE MONTBEILLARD. — Stances à une jeune fille. 275. W. B. — Bulletin.

285. P. LORAIN. — L'abbaye de Cluny, * art.

515. A. MARQUISET. — Souvenirs de Napoléon en FrancheComté. Autographe inédit.

320. DÉSIRÉ MONNIER. — Le sire de la Palud.

527. TH. FOISSET. — Lettres inéd. de Leibniz, dernière série.

560. STIÉYENART. — Un souper de Domitien. 566. BARROIS. — A la lune, Poésie. 575. DEMESMAY. — Lisbeth de Vengern-Alp. Poésie. 577. BERCHOUX. — Un amour d'autrefois, un amour d'aujourd'hui.

582. ROLLE. — Bible d'Alcuin, 5' et dernier art. 596. P. L. — BuixEinf.

FIS DE LA TABLE.

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