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videlicet, si ad id apostolice sedis assensus accederet, permutavit. Quare nobis Dux prefatus humiliter supplicavit ut inquisita super hoc per discretum aliquem veritate, si ei constaret permutationem hujusmodi in ipsius verti utilitatem ecclesie illam, non obstante quod in permutatione ipsa capituli ejusdem ecclesia non accessit assensus, seu quod alias solemnitates juris non fuerunt in eadem permutatione servate, auctoritate nostra confirmare curaret. Quo circa discretioni vestre per apostolica scripta mandamus quatinus

vos vel domino nostro super premissis plenarie nos informantes,

quicquid super illis per informationem hujusmodi nos reperire contigerit, nobis per vestras patentes litteras vel instrumentum publicum harum seriem continens studeatis fideliter intimare.

Datum Avinione V t decembri pontificatus nostri anno sexto.1 — Signature au repli : N. Gaytay. 2

Le 25 mars suivant (1322-1323), lendemain de la fête de saint Marc l'Évangéliste, le chapitre d'Autun se réunit sous la présidence de son doyen Jehan de Saint-Valérien, « pulsata campana in ecclesia Eduensi, ut mos est, » afin de prendre officiellement connaissance de tout ce qui s'était fait. Étaient présents à ce chapitre : vénérables et discrètes personnes Hugues de Corrabeuf, doyen de Chalon, et M° Pierre de Semur, archidiacre de Vertu (de Virtuto), clercs du duc de Bourgogne et chanoines d'Autun, et nobles hommes Hugues de Sauvement, Jehan de Chatillon, bailli de Dijon, chevaliers du duc, Guillaume Le Fort, bailli d'Autun, d'Ansey3 et de Montcenis, tous commissaires dudit duc, spécialement délégués par lui pour traiter des affaires de l'Église. Robert, notaire de Saint-Gengoux au diocèse de Chalon, clerc et notaire public, d'autorité apostolique et impériale, fut chargé d'instrumenter. Il donna lecture des pièces et les confirma de son seing manuel en forme d'ostensoir.

Restait à déterminer les terres sur lesquelles l'évêque pourrait tirer les 400" de revenus qui lui étaient alloués en

1. 5 décembre 1322.

2. Arch. de la Côte-d'Or, B, 1250.

3. Anzy-le-Duc.

échange de la moitié de Glenne. Il fallut, à cet effet, procéder à toute une série d'expertises et de bornages qui menacèrent d'éterniser la question. Une première fois, le vendredi avant Saint-Clément de l'année 1337 une assemblée d'arbitres essaya vainement de trancher les difficultés. Les arbitres étaient, du côté de l'évêque, Jean de Bourbon, chantre d'Autun, Jean de Montbéliard, officiai d'Autun, et Philibert de Tournus, chanoine de Chalon; du côté du duc, Ponce, abbé de Saint-Etienne de Dijon, Robert de Lugny, archidiacre de Tournus en l'Église de Chalon, et M* Eudes le Changierre, de Beaune, bailli de Chalon. Ils ne purent s'entendre et la solution du différend fut retardée jusqu'au 10 octobre 1360. A cette date intervint un traité conclu à Rouvres entre le duc de Bourgogne et l'évêque d'Autun, dans le but de mettre un terme aux contestations qui duraient depuis trente-huit années. Il fut convenu que l'évêque transporterait au duc les droits qu'il possédait en la châtellenie de Glenne et dans la ville de Flavigny. Le duc de Bourgogne devrait donc, lui et ses successeurs, tenir ces concessions en fief de l'évêché. De plus, le duc transmit en échange à l'évêque d'Autun les forts, maisons et villes de Lucenay-le-Duc 2 et de Grosme 3 avec leurs appartenances, gardes, baronnies et souveraineté, fiefs et arrière-fiefs compris dans leur juridiction4. Il y joignit la garde des villes de Touillon et de Magny-Lambert5, y compris dix livres de rente qu'il possédait sur ces territoires6. Il est vrai que peu après l'évêque renonça complètement à ces derniers droits de garde et de rente. Les lettres officielles, sous le sceau de l'évêque d'Autun et du duc Phi

1. îl novembre 1337.

2. Lucenay-le-Duc (Côte-d'Or.)

3. Grôme, autrefois maison forte près d'Autun.

4. Arch. de la Côte-d'Or, B, 1057.

5. Magny-Lambert (Côte-d'Or).

6. Le traité d'échange est rapporté intégralement par dom Plancher, t. II, n° cccii: des preuves.

lippe, sont datées du vendredi avant la Saint-André, 13601; et le lendemain samedi, le chapitre, présidé par son doyen Jehan de Bourbon, donna son assentiment au traité. Étaient présents à cette assemblée : Jehan de Moulins (de Molinis), abbé de Saint-Etienne-de- l'Étrier; Jehan Janossère, Hugues de Pressac, Bertrand de Cusel, Pierre Natal, Pierre Marcène, Pierre Talepain, Jehan de la Roche (de Ruppe), Stéphane de Vaux (de Vallibus), Jehan Amele, Mathieu de Varey, Pierre Audoyn et Gaucher de Musigny, chanoines de l'Église d'Autun. L'acte de ratification fut rédigé par Guy de Vieuxchâteau (Guido de Vetericastro), clerc du diocèse de Langres.

Au mois de février qui suivit, le roi Jean, sollicité d'accorder son autorisation, en raison de certains droits de suzeraineté qu'il avait sur Flavigny et Fontenay, expédia des lettres patentes pour approuver la transaction.2

De son côté, Innocent VI envoya d'Avignon une bulle de ratification en forme de « titulus, » scellé de la bulle sur lacs de soie:

Innocentius episcopus servus servorum Dei, ad perpetuam rei memoriam. Ecclesiarum omnium quarum nobis licet immeritis est generalis cura commissa, commoditatibus juxta pastoralis oflicii debitum intendentes, illis que pro ipsarum Ecclesiarum utilitatibus facta sunt ut illibata consistant libenter addicimus apostolici immuniminis flrmitatem

Suivent tout au long les actes de procédure de cette affaire dont la teneur nous est connue en substance. La bulle se termine par l'approbation papale pour tout ce qui a été conclu précédemment:

Nulli ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostre confirmationis infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beato

1. 28 novembre 1360.

2. Arch. de la Côte-d'Or, B, 1250.

rum Petri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. Datum Avinione xm kalendarum maii, pontificatus nostri anno nono.1

Dom Plancher paraît donc faire une erreur en avançant qu'une bulle d'Innocent VI, datée du 27 octobre 1360, approuva « le projet » du traité d'échange. Il est peu vraisemblable, en effet, que l'approbation papale ait précédé la conclusion définitive du traité qui eut lieu, nous l'avons vu, le 28 novembre 1360. Si, en tout cas, le projet fut soumis au pape et approuvé par lui, cette approbation fut insuffisante, et la bulle de ratification, datée du 18 avril 1361, sur laquelle dom Plancher garde le silence, fut bien le dernier acte de cette longue procédure. Toutefois, dom Plancher ajoute : « La mort du duc Philippe, arrivée quelques jours2 après la conclusion de ce traité, mit d'abord quelque obstacle à son exécution. Les officiers du duc refusèrent de mettre l'évêque d'Autun en possession des terres qui lui avaient été cédées par le traité ; mais le roi Jean, devenu héritier du duché par la mort du duc, en ordonna l'exécution, et donna commission aux baillis d'Auxois et de la Montagne de mettre l'évêque d'Autun en possession des terres de Grôme et de Lucenay-en-Duesmois. La commission est du 28 janvier 1361 » (n. st. 1362).

A partir de cette époque, les contestations entre l'évêché et le gouvernement ducal cessèrent complètement, et nous suivrons maintenant l'histoire de Glenne sous la domination des ducs de Bourgogne.

1. 18 avril 1361. Arch. de la Côle-d'Or, B, 1052.

2. Ce ne fat pas quelques jours, mais bien quelques mois après la conclusion du traité que mourut le duc Philippe qui s'éteignit au château de Rouvres, à la Gn do novembre 1361.

DEUXIÈME PÉRIODE

ADMINISTRATION DUCALE
De 1347 A 1477

Impatient d'organiser sa châtellenie, le duc Hugues IV n'avait point attendu la fin des interminables formalités pour installer à Glenne un châtelain. Dès l'année 1347, Jean Pourchot avait été chargé des comptes et de l'administration. 1

Cette administration ne laissait pas d'être assez compliquée, car elle embrassait, en même temps que la châtellenie de Glenne, les territoires de Roussillon et de la Toison. C'est que les trois cinquièmes de Roussillon appartenaient déjà aux ducs de Bourgogne qui, de 1309 à 1321, en avaient acquis successivement les diverses parcelles des enfants de Jean de Roussillon. Quant à la Toison, c'était une petite châtellenie comprenant une partie des terres de Montjeu. Elle appartenait aussi aux ducs de Bourgogne, sans qu'on ait, sur les origines de la propriété, aucun document formel.

Il résultait de cet état de choses que le châtelain de Glenne centralisait sur un seul registre de comptabilité les revenus et les dépenses des trois châtellenies. Si, la plupart du temps, la distinction est facile à faire, il se produit parfois une certaine confusion qui nous amènera à citer quelques chiffres n'ayant qu'un rapport de comparaison avec les comptes de notre châtellenie.

1. Nous verrons, aux comptes de 1356, que l'évêché d'Autun prit également possession de Grôme avant la ratification définitive du traité. La relation de la plupart des faits qui vont suivre est extraite des comptes de la châtellenie de Glenne, conservés aux Archives de la Côte-d'Or, sous forme de registres en parchemin, cotés de B, 4823 à B, 4931, sans interruption. Les comptes partent de 1347 et se poursuivent jusqu'à l'année 1548.

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