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tiers et par les officiers du duc. Le receveur de Roussillon se rendit même à Beaune pour réclamer la succession. Mais comme il fut prouvé que le prêtre défunt avait été affranchi par le duc Jean, ses biens furent, en fin de compte, délivrés à ses héritiers naturels.

Les comptes des années 1464 à 1469 nous offrent des documents précieux sur la fixation des diverses mesures de la contrée. A Roussillon, le muid1 contenait 12 setiers, le setier 2 émines, l'émine 2 bichots, le bichot 3 boisseaux ou 4 quartes et le boisseau 2 compasies.

En 1468, le duc Charles fait don à noble et puissant Sr messire Michel de Chaugy, chevalier, de 300" t. à titre de pension à vie qu'il doit prendre sur la terre de Roussillon dont il est nommé gouverneur. C'est donc Michel de Chaugy qui a désormais le pouvoir de nommer à tous les offices de cette châtellenie.

Guillaume Charvot, précédemment châtelain de la Toison, succède à Pierre Balard en 1469, comme receveur de la châtellenie de Glenne. Son premier compte signale une singulière expédition, à l'occasion d'une exécution capitale. Il s'agissait de deux criminels enfermés au château de Riveau, et qu'un arrêt de justice avait condamnés, nous ne savons pour quel motif, à mourir au lieu de Montandé, près de Saint-Léger-sous-Beuvray. L'exécution parait avoir été l'occasion d'une véritable partie de plaisir car, outre les procureurs, sergents et autres officiers de justice qui firent ripaille à l'auberge de Saint-Léger-sous-Beuvray, le compte mentionne que « tous les habitans d'icelle chastellenie accompagnèrent la justice de mondit seigneur et les deux coupables jusqu'au lieu de Montandey où ils furent mis au dernier supplice. » Autres temps, autres mœurs, et pour

t. Le muid n'était pas ici un vaisseau servant à mesurer le blé; c'était une mesure idéale employée pour éviter le trop grand nombre. Le muid de Paris équivalait à 18 hectol. 72. Celui de Roussillon lui semble inférieur d'une centaine de litres au moins.

tant, sommes-nous bien sûrs que si pareille occasion se retrouvait de nos jours les suppliciés n'auraient pas une escorte aussi nombreuse et aussi avide d'émotion?

Les comptes de 1470 mentionnent la remise d'une certaine rente appelée « la guete » qui était due au duc de Bourgogne par Hugues de Clugny, écuyer, châtelain, capitaine et garde du château de Riveau. Cette rente consistait en 80 bichots de seigle à demi combles, et 13 setiers, 3 bichots de seigle, mesure de Roussillon. Bien que la remise de cette redevance, résultât de lettres patentes du duc Charles, la Chambre des comptes jugea bon de biffer cet article pour conserver les choses en état.

Jean Garnier fut nommé châtelain et receveur de Glenne, et du grenier à sel de Bourbon-Lancy en l'année 1473. Il rencontra, dès les premiers mois de son entrée en charge, une telle misère, qu'il lui fut impossible de faire rentrer la plupart des menues amendes auxquelles les vassaux de la châtellenie étaient condamnés journellement. Comme le receveur voulait sévir, Jean Vinier, prêtre et vicaire de l'église paroissiale de la Comelle, rédigea un certificat attestant que, parmi les condamnés qui ne pouvaient payer l'amende, les uns, ses paroissiens, et les autres, connus de lui, « tous estoient pouvres misérables et destruits pour les guerres qui ont coru et qui courent à présent, les aulcuns d'eux excommuniez, les aultres du pays nivernois et aultres mendiant leur pouvre vie, n'ayant de quoy subsister. » Il s'ensuivit que la recette des amendes fut nulle.

(A suivre.)

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LES

DÉPUTÉS DE SAONE-ET-LOIRE

AUX

ASSEMBLÉES DE LA RÉVOLUTION
1789-1799

(suite) 1

ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

XXIII
DUCRET

(Bailliage de Mâcon.)

Jean Ducret, né le 26 février 1750, à Lyon, d'Antoine, seigneur de Langes, Saint-Sulpice, Larvolot et autres lieux, conseiller auditeur en la Chambre des comptes de Dôle, et de Marie-Antoinette Chapuys; curé de Saint-André à Tournus (Saône-et-Loire).2

L'abbé Ducret, bachelier en Sorbonne, d'abord vicaire de l'abbé Chapuys, son cousin, curé de la paroisse SaintAndré 3, lui succéda en 1777. Il fut reçu en cette qualité administrateur de l'hospice de la Charité. C'était un homme instruit, régulier dans ses mœurs, conciliant et aimé de tous. Aux approches de la Révolution, il s'associa au mouvement généreux qui entraînait tous les esprits vers des

1. Voir Mémoires de la Société Éduenne, t. XXX, p. 281, et t. XXXI, p. 14t.

'.'. Armes : d'azur, A une fasce d'or, accompagnée en chef de trois trèfles d'argent rangés en fasce, et en pointe d'un croissant montant d'argent.

3. Cette église, située dans la Grande Rue, fut vendue, comme bien national, en 1796, et démolie en 1803.

réformes. Le 16 janvier 1789, les membres du clergé et de la noblesse de Tournus s'étaient assemblés, de concert avec les avocats et les médecins, pour délibérer sur l'état des affaires publiques. Le 19, un député du clergé et un député de la noblesse déclarèrent, au nom de ces deux ordres, sacrifier tous leurs privilèges et consentir à une égale répartition des impôts et charges publiques. Ducret et son confrère Nicolas, curé de la Madeleine, firent une autre concession : « Animés pour le bien public, dirent-ils, de cet amour qui porte les deux ordres à déposer aux pieds du trône et de la nation des privilèges qui blessent une classe utile et intéressante de citoyens, nous offrons pour son plus grand soulagement la suppression d'un véritable impôt qui se paie à la naissance et même à la mort, le casuel. » Le 22 janvier, Ducret renouvela cette proposition dans un discours qu'il prononça devant l'Assemblée générale des habitants. 1

Aux assemblées préliminaires du mois de mars suivant, tenues sous la présidence de l'évêque de Mâcon, GabrielFrançois Moreau2, il fut un des quinze commissaires chargés de rédiger le cahier du clergé. Conformément aux idées de justice qui s'étaient fait jour, l'article 1e r enregistra l'offre déjà formulée :3

L'ordre du clergé charge son député de consentir à payer pour toutes impositions toutes les contributions pécuniaires des autres ordres proportionnellement à ses propriétés, sous la réserve et condition que le clergé sera déchargé de sa dette, comme ayant été contractée pour le service du roi et à la décharge de la nation.

Dans le Maconnais comme ailleurs, les curés étaient en majorité, et leur entente eut pour résultat de faire élire

1. Archives municipales de Tournus, BB, 45.

2. Né à Paris, le 24 septembre 1731, prieur de Sorbonne, chanoine et théologal de Notre-Dame de Paris, pourvu, en 1758, de l'évêché de Vence et transféré à Maçon, le 15 août 1763. Il y resta pendant la Révolution, fut incarcéré trois fois et définitivement élargi le 18 janvier 1800. Nommé évéque d'Autun, en mars 1802, il prit possession de son siège le 30 mai, et mourut le 8 septembre suivant.

3. Arch. pari., t. III, p. 621.

un des leurs député aux États généraux. Ce fut le curé de Saint-André qui, le 27 mars, enleva les suffrages. Sa personnalité ne pouvait soulever aucune objection; mais le haut clergé n'en fut pas moins très déçu. Peut-être le laissa-t-il apercevoir, car, le 29, quarante-trois curés, Ducret en tête, signèrent une protestation contre les lenteurs calculées que l'évêque, à les en croire, apportait aux opérations de l'assemblée Ce jour-là, le prélat, invoquant la nécessité de prendre connaissance d'un courrier important, avait levé brusquement la séance. « Il a paru à toute l'assemblée que le seigneur président employait tous les moyens à allonger les séances et à faire perdre le temps en pérorant continuellement, ainsi que le syndic du diocèse, sur différents articles, sans soumettre aucun article à la délibération. » Trois heures après, l'évêque rouvrait la séance; mais c'était pour la lever immédiatement et sans indiquer d'heure pour celle du lendemain. Alors l'assemblée, « sensible au départ et menées du seigneur président, se serait déterminée à lui faire incontinent sommation respectueuse de déclarer, dans le quart d'heure et par écrit, s'il était déterminé à ouvrir la séance du lendemain. » Il fit répondre par trois députés qu'il l'ouvrirait à neuf heures.

On voit que les rapports étaient tendus entre les curés et leur supérieur hiérarchique. Les premiers, longtemps relégués dans une condition précaire, exaspérés par l'avidité des décimateurs, avaient saisi l'occasion et secouaient le joug, sans s'inquiéter de savoir s'ils n'ébranlaient pas les colonnes du temple. L'évêque de Mâcon, homme doux et modéré, ne méritait en rien ces procédés irrévérencieux et si contraires aux habitudes du clergé qu'on s'en étonnait. « Je manquerais à ce que je dois, écrivait, le 7 avril, à Necker M. de la Tour du Pin-Gouvernet, marquis de la Charce, commandant en chef de la province, si je ne vous

1. Arch. nat., H, 207.

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