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DES

INSCRIPTIONS & BELLES-LETTRES

COMPTES RENDUS

DES

SÉANCES DE L'ANNÉE

1904

TOME II

PARIS
ALPHONSE PICARD ET FILS, ÉDITEURS

LIBRAIRES DES ARCHIVES NATIONALES ET l>E LA SOCIETE DE L'ÉCOLE I1KS CUAHTEI 82. RUE BONAPARTE, 82

M D CCCC IV

COMPTES RENDUS DES SEANCES

DE

L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS

ET BELLES-LETTRES PENDANT L'ANNÉE 1904

PRÉSIDENCE DE M. L. HAVET

SEANCE DU 1er JUILLET

M. Maxime Collignon, vice-président, annonce la mort de M. de Barthélémy, membre ordinaire de l'Académie,et prononce l'allocution suivante:

« Messieurs ,

« Près de la moitié de cette année s'était écoulée sans que nous eussions un deuil à déplorer. Il nous était permis d'en concevoir d'heureuses espérances, quand la mort est venue presque soudainement frapper dans nos rangs, et nous enlever le confrère auquel nous rendions hier les derniers devoirs. Il y a peu de temps, Anatole de Barthélémy était encore parmi nous. Il siégeait naguère à la Commission des antiquités de la France, et bien qu'atteint déjà d'un mal qui ne devait pas pardonner, il avait conservé l'aménité souriante qui faisait le charme de son commerce. A le voir si alerte d'esprit, on pouvait croire qu'il nous serait bientôt rendu. Il a succombé le 27 juin, dans sa résidence d'été de Ville-d'Avray. Notre confrère a voulu

1904. 2fi

qu'aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe; mais je suis assuré d'être l'interprète des sentiments de l'Académie en exprimant ici, dans ces quelques mots dont vous excuserez l'insuffisance, les profonds regrets qu'il nous laisse.

« M. de Barthélémy appartenait à notre Compagnie depuis 1887. Ancien élève de l'Ecole des Chartes, de la promotion de 1843, il était entré dans l'administration en qualité de secrétaire général de la préfecture des Côles-du-Nord, puis de sous-préfet. Mais l'enseignement reçu à l'Kcole des Chartes avait éveillé sa véritable vocation, qui était celle d'un historien et d'un antiquaire. Conduit en Bretagne par ses fonctions, il occupa ses loisirs à étudier les monuments, l'histoire, les légendes religieuses du pays, et c'est pendant ce séjour qu'il réunit les éléments d'un important travail sur les Evêchês de Bretagne, publié avec le concours de M. Geslin de Bourgogne. Quand fut créée la Commission de topographie des Gaules, il y trouva sa place, en devint le secrétaire, et prit une part considérable à ses travaux, à côté des maîtres de l'archéologie nationale , les Saulcy, les Longpérier, les Maury, les Robert, qu'il ne devait pas tarder à égaler. Dès ce moment, il était déjà ce que nous l'avons connu, le savant le plus curieux et le mieux informé des découvertes archéologiques faites en France, et l'un des promoteurs les plus actifs du mouvement de recherches qui a renouvelé l'étude de nos antiquités nationales. L'époque gauloise, les temps romains, la période mérovingienne lui étaient également familiers. Sa curiosité s'attachait à tout ce qui intéresse le passé de la France; il n'est pas jusqu'à la science héraldique où il ne fût passé maître. Au fond du cœur, il gardait une prédilection intime pour sa chère province de Champagne, d'où il était originaire, et qu'il a dotée d'une excellente revue, la Revue de Champagne, dont il a été l'initiateur et le soutien le plus dévoué.

« C'est surtout dans le domaine de la numismatique que notre confrère s'était acquis la plus légitime autorité. En 1851 et en 1851, il avait publié dans la collection de YEncyclopédie-Roret deux manuels de numismatique, l'un pour l'antiquité classique, l'autre pour le moyen âge et les temps modernes. Ce dernier était vraiment une œuvre toute nouvelle, car c'était la première

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